Cinévrak : Nymphomaniac / Tom à la Ferme / Girls (saison 3)

23/11/13 par  |  publié dans : Cinéma, Médias | Tags : , , , ,

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Il était temps de refaire des news mais deux bandes-annonces alléchantes ne suffisaient pas. Ce dernier mois, on a vu Nymphomaniac de Lars Von Trier, Tom à la ferme de Xavier Dolan et – de trois ! – Girls (saison 3) de Lena Dunham. On les attend plus ou moins avec la même hâte. Pourquoi ?

Nymphomaniac de Lars Von Trier

nymphomaniacDepuis 2008, le tag qu’Envrak utilise pour Lars Von Trier est le tag Lars. En terme de référencement, le pire choix possible, et pourtant, fascinés par le réalisateur danois depuis Element of Crime en 1984 [ndlr : certains envrakés n’étaient pas encore nés], nous ne tenons compte d’aucune particule – parfois, entre nous, on dit aussi LVT. Après la trilogie en E (l’Europe et sa déliquescence), la trilogie « cœur d’or » (les femmes et leur dévotion), Lars semble parti pour une nouvelle trilogie (qu’il n’a pas encore pris le temps de nommer – à notre connaissance), la trilogie Charlotte (oui Charlotte est aussi un prénom) si on veut intégrer Melancholia ; la trilogie hystérique si on ne considère qu’Antichrist et Nymphomaniac et leurs appétences pour le désir féminin – qui, chez ce grand misogyne de Lars, s’apparente à de la possession (démoniaque). Jugé trop conséquent, ce dernier film sera réduit de 5h30 à 4h et, selon les pays, diffusé en une ou deux parties – en France le 1er janvier puis le 29 janvier 2014. D’après son producteur Peter Aalbaek Jensen, ce coup de machette va « à l’encontre de la volonté de Lars » qui comprendrait cependant la logique marketing de la chose. Entre les trailers et les affiches rendus public au compte-gouttes, le marketing de Nymphomaniac semble d’ailleurs plus important que son contenu – ce qui nous fait craindre le pire. Pourtant de plus en plus cathartiques, les films du réalisateur interpénètrent sa psychologie, révèlent et partagent ses névroses, si bien qu’on suit sa carrière comme on suivrait sa psychanalyse (oui c’est malsain). Ici, notre patient pourrait exorciser sa gynophobie et la formalité de ces derniers essais étant proportionnelle à la gravité de son état mental – ou des sujets abordés – on craint aussi le meilleur. En somme, on risque de détester adorer (ou vice-versa).

Tom à la ferme de Xavier Dolan

tomXavier Dolan n’avait pas de tag avant cette news, le pauvre. Il faut dire qu’il divise la rédaction, du moins deux des trois têtes de l’hydre Envrak. L’une y voit toujours des parti-pris et un univers admirables, bien qu’en décroissance depuis J’ai tué ma mère et le melon qui a suivi – Laurence Anyways, c’était riche mais qu’est-ce que c’était long ! L’autre est hermétique : “j’aime pas ces films, ils ne me parlent pas”. Ces dernières se rejoignent sur un point : les qualités esthétiques ahurissantes du réalisateur canadien. En trois essais (J’ai tué ma mère, Les amours imaginaires, Laurence Anyways), le jeune cinéaste a non seulement transformé son style et raflé quelques distinctions, mais aussi réussi la gageure de rassembler puis diviser les générations, les communautés, et même ses compatriotes. Chez nos amis francophone au drôle d’accent, deux teams : les pros qui renâclent [ndlr : si les français font cocorico, les canadiens poussent-ils le cri du caribou ?], et les antis qui s’insurgent car leur cinéma recèle de bien d’autres – et meilleurs – talents. Sur Envrak, on attend Tom à la ferme pour choisir notre camp. D’autant qu’il s’agit d’un thriller psychologique dans lequel un jeune homme se rend à des funérailles où il n’est pas attendu si ce n’est par le frère aîné du défunt qui lui impose un jeu de rôles malsain (et oui, on aime quand c’est malsain). Le trailer confirme déjà que le film – qui sortira en France le 12 mars 2014 – ne ressemblera pas à ses prédécesseurs – qui ne se ressemblaient pas tant. Tant pis, tant mieux, on espère toutefois qu’il sera la somme des fulgurances de chacun, plutôt que celle de leurs défauts. L’accueil de la Mostra de Venise, qui a récompensé ce quatrième long-métrage du Prix Fipresci et de la critique internationale, s’avère des plus encourageants.

Girls (saison 3) de Lena Dunham

Girls-HBO-PosterLena Dunham n’avait pas de tag, la série Girls n’avait pas de tag. C’est honteux ! On ne sait toujours pas comment on a pu laisser passer la première saison sans vous en parler, alors la deuxième… Peut-être se rattrapera-t-on sur la troisième, peut-être pas. Car si on a été emballé à sa création en 2012, on a frôlé la dépression en 2013 : Girls provoque beaucoup d’émotions paradoxales. Partie pour être le Sex and the City des fauchées, à renfort de galères financières, d’amours et d’amitiés contrariés, la série a versé au fil des épisodes vers un humour noir parfois malaisant – qui peine, dans la deuxième saison, à rendre ses personnages attachants. Jusqu’au moment où l’une de nos rédactrices a arrêté d’être détendue par le malheur – presque surnaturaliste – de ces filles à la fois caricaturales et tellement voisines d’à côté (pour ne pas dire colocataires), pour se recroqueviller en position fœtale. Depuis, elle regarde les images de la saison 3 entre ses doigts, craignant que Lena Dunham se perde dans un délire narcissique à la Xavier Dolan, ou dans un magma de névroses à la Lars – parce qu’elle pourrait détester adorer ça (ou vice-versa). Craignant quelque part aussi que Lena (27 ans) ne revienne jamais d’entre les génies. Récompensée aux Golden Globes, aux Writors puis Directors Guild of America Awards, la créatrice, scénariste, réalisatrice, productrice, et héroïne de Girls a tout simplement signé l’une des meilleures séries comiques – option rires jaunes – de ces dernières années. Quasiment devenue culte en deux ans, du moins auprès de sa niche (dans le jardin de Judd Appatow, qui la produit), elle s’attaque de plus en plus aux dysfonctions d’une génération. Entre marginalité et normalité (ce qui ne veut plus rien dire à notre époque), et avec une qualité d’écriture rare pour un format de 26 minutes, Lena s’est ainsi faite porte parole des vingtenaires, que les trentenaires d’aujourd’hui ne comprennent encore que trop. Sauf que, des fois, elle dit de la merde. La troisième saison, diffusée sur HBO à partir du 12 janvier 2014, devra démentir ce dernier propos.

PS : @holden – comment ça, on peut pas dire que ce sont des news si ça dépasse les 7000 signes ?

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