[Concours / Chronique] Super Cash me

17/05/12 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : ,

Cène Supercash me

L’éditeur Emylia et Envrak.fr mettent en jeu 3 DVDs et 2 Blu-Ray de Super Ca$h me. Il suffit de remplir le formulaire en bas de page ! 

LE PLUS GRAND DOCU JAMAIS VENDU

Si toi aussi, tu as repéré que James Bond porte des Tag Hauer (ou Omega) à son poignet, si tu rêves d’une Chevrolet Camaro depuis Transformers et si tu te souviens de la marque du soda que boit Kirsten Stewart dans Panic Room (réponse ici), alors tu sais : une partie du financement des films repose parfois sur le placement de produits, une forme de sponsoring qui intègre la pub de manière plus ou moins discrète dans un film. La chose se pratique désormais un peu partout : Jean-Pierre Bacri fume des Lucky Strike dans Kennedy et moi, les héros de Radiostars boivent de la Cristaline. Mais la pratique est évidemment courante dans le cinéma et à la télé américaine, où la majorité des foyers sont équipés d’enregistreurs numériques qui permettent d’expurger automatiquement les spots publicitaires.

Chassez la pub par la porte, elle se trouvera toujours un chemin par la fenêtre de votre temps de cerveau disponible. Fort de ce constat de départ, Super Cash me aurait pu n’être qu’un documentaire de plus, par un de ces avatars de Michael Moore, plus show-men qu’enquêteurs d’investigation. Sur les instincts bassement mercantiles des producteurs, sur les neurosciences appliquées à la coca-colonisation, la mort de l’art, et bla bla bla.

S’il est question de tout cela – poignante visite dans un lycée obligé de se vendre aux bannières publicitaires pour boucler son budget – Super Cash me avance très vite son idée de génie : The greatest movie ever sold (titre original), documentaire art et essai sur le placement de produits, sera l’histoire de son propre financement par… le placement de produits. Spurlock devra convaincre, sous l’objectif de sa caméra, diverses firmes de mettre la main à la poche pour boucler les 1,5 millions de dollars de budget du film. Le paradoxe donne d’abord un léger vertige : à la fois mise en abyme et work in progress. Et laisse perplexe : comment un documentariste peut-il conserver un regard critique quand il est financé par ceux là même qu’il entend brocarder ? Le projet dépassera-t-il seulement le stade du happening, les marques joueront-elles le jeu ?


EMYLIA – BA – SUPER CA$H ME – VF – HD par emylia

META, META, META

Spurlock la joue en finesse, préférant la carte de l’humour à celle de l’édification des masses. Après une étude de sa propre image de marque – comme on ferait une étude marketing pour le lancement d’un produit – certaines boîtes compatibles mordent à l’hameçon. Le voilà logé (par une chaine d’hôtel), nourri (par un fast-food (!) et un fabriquant de jus de fruits), véhiculé (voitures mises à disposition et billets d’avion offerts), habillé, blanchi, et dument payé. Sa communication, et même le thème musical du film seront pris en charge, « sponsorisés »… Super Cash me se fabrique devant nos yeux dans un ping-pong de compromissions volontaires et de clins d’oeil « méta ». Le documentariste se double d’un publicitaire (doué !), les entretiens avec des homme politiques, des experts en com, ou des réalisateurs sont entrecoupés de spots signés par Spurlock lui-même dans « le 1er film à inclure ses propres pubs ».

A ce petit jeu, pas sûr que le réalisateur en sorte victorieux. Certes, il y a du pathétique quand les cadres d’une marque de déodorant sont bien en peine de trouver « l’âme » de leur produit, du consternant devant l’utilisation grandissante des neurosciences par les gourous du marketing. On ricane quand Peter Berg se désole de la conduite des studios hollywoodiens – alors qu’il vient de signer Battleship, un sous Transformers très sérieusement basé sur le jeu de la bataille navale. Mais qu’il le veuille ou non, pieds et poings liés à son contrat, Spurlock rend « ses » marques très sympathiques, et on finit par se dire que finalement, tout ça n’est que la marche du monde, les marques font partie de la vie, on ne voit plus très bien le mal qu’il y aurait à sponsoriser le caisson blindé de la Joconde au Louvre, puisqu’on saurait qu’il est sponsorisé. Et pourtant, Super Cash me marche. D’abord parce qu’il est très drôle. Et parce qu’il invite à une éducation à l’image, qui se doit d’être scrutée dans ses dans ses moindres détails – un logo, un raccord de montage, une bouteille sur une table – jamais innocente, toujours façonnée, manipulée, morale, politique.

Supercash me est une farce résolument ancrée son époque, où le moderne et le post, l’esprit critique et sa récupération, la représentation et le réel se tirent la bourre sans qu’on sache très bien qui va gagner, ni même si la course se terminera un jour.

En DVD, Blu-Ray etc, en VOSTFR et en VF.

3 DVDs et 2 BLU-RAYs de SUPER CA$H ME

A GAGNER

Concours ouvert jusqu’au 18 mai 23h59. Pour participer, il vous suffit de répondre correctement à une question sur le film “Super Ca$h me” et d’indiquer votre nom, votre prénom et votre adresse postale complète. Les gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses (on secouera bien fort notre disque dur). Une participation par PACS, famille recomposée, foyer… hors membres d’Envrak.fr, leurs mamans, papas, tontons, tatas, cousins, cousines, neveux, frères et soeurs etc. Toute participation incomplète sera invalidée et son auteur copiera 100 fois “je n’oublierai pas de donner mon nom de famille”. Vous disposez d’un droit d’accès, de modification, de rectification et de suppression des données qui vous concernent (loi ‘informatique et Libertés’), les données fournies sont réservées au seul cadre du concours et non à des fins de fichage, étiquetage, matraquage publicitaire (car vous n’êtes pas des numéros). Lots offerts à titre d’échantillons promotionnels gratuits. Jeu réservé à la France Métropolitaine, Corse incluse.

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