Des Hommes

18/05/19 par  |  publié dans : A la une, Cinéastes, Cinéma, Festival | Tags : , , ,

@Unité de Production

Synopsis : Trente mille mètres carrés et 2 000 détenus dont la moitié n’a pas 30 ans. La prison des Baumettes raconte la misère, la violence, les abandons et les espoirs aussi. C’est une histoire avec ses cris et ses silences. Un concentré d’humanité.

Avis : « La prison est toujours un lieu de vérité d’une société. » Cette citation de l’historien Grégory Salle a été le point de départ de ce projet documentaire, sensible et profondément humain, réalisé par Jean Robert Viallet et Alice Odiot. Cinéastes ayant respectivement reçu le Prix Albert Londres (le premier en 2010 pour sa trilogie Mise à mort du travail et la seconde en 2012 pour Zambie, à qui profite le cuivre ?) implantés à Marseille et dont la volonté était de montrer la situation sociétale de la ville, à travers le huis clos des Baumettes. Lieu « mythique », excentré mais où ressortent les problèmes familiaux et financiers, les origines sociales des détenus, soumis à l’exiguïté de leur cellule, à la loi du milieu carcéral. Un effet miroir !  Alors, pour s’en sortir « vivant », certains restent à l’écart de tout. D’autres, au contraire, choisissent de faire front, un couteau dans la poche, crée au cas où… Malgré la sympathie du personnel où contrairement aux détenus, apparaissent souvent des femmes, à l’écoute compréhensive, permettant ainsi de rompre la brutalité et la bestialité du contexte, la réalité reste dure. Le spectateur est immergé aux Baumettes comme si lui aussi cherchait à tuer le temps en errant dans ces couloirs longs et étroits. Enfermé, lui aussi, dans une pièce de neuf Mètres carrés souvent partagée. Au terme du documentaire, l’envie de s’échapper, de chercher la lumière extérieure qui n’entrait jusqu’alors que par le biais de petites fenêtres se fait sentir. Indéniablement. Reste à savoir si cet enfermement, à priori décent, qui n’est pas sans rappeler ceux des animaux en cages, est véritablement des plus pertinents. Sachant que dans cette prison, la moyenne des récidives est de dix par détenu, la citation de Grégory Salle prend tout son sens.

Sortie : Prochainement (Durée 1h23)

De Alice Odiot et Jean Robert Viallet

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