“Des Lendemains qui chantent” : d’illusions en désillusions

16/08/14 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : ,

Tournage Des Lendemains qui chantent

 

De l’élection de François Mitterrand, en 1981 au tristement célèbre 21 avril 2002 – échec de Jospin et passage au deuxième tour de l’élection présidentielle du FN -, Nicolas Castro revient sur vingt ans de socialisme, ces fameux « Lendemains qui chantent » où toute une génération passe de l’espoir d’un renouveau rempli d’humanité à la désillusion. Le tout vu à travers les destins et les amours de trois personnages, qui évoluent différemment avec le temps.

Pour son premier long métrage, le cinéaste, natif d’Aix-en-Provence, ancien responsable de la programmation chez CinéClassics et qui avait signé le documentaire « Je hais les années 80 », choisit donc de proposer une chronique douce par son ton, plutôt léger et amer par le constat et l’analyse qui en découlent. On retrouve deux frangins, Léon (Pio Marmaï) est un idéaliste, journaliste sans concession capable d’envoyer valser le rédac’chef de Libération au moment où le canard ferait du gringue à Tapie, l’entrepreneur. A l’inverse, Olivier (Gaspard Proust) est un directeur de campagne retournant sa veste de Mitterrand à Chirac puis Jospin, en conseillant à ce dernier de recentrer son discours… Echec cuisant.. Entre les deux hommes, une fille, forcément, Noémie (Laetitia Casta) qui laisse simplement parler son cœur.

Et si la réalisation reste sobre, Nicolas Castro s’appuie sur une fidèle reconstitution des périodes traversées, notamment par le biais de la photo, soignée. Il utilise également à bon escient des images d’archives lors de contre-champs avec les plans sur ses acteurs. Mention spéciale à la courte interview de « Tonton » autour de l’affaire des écoutes dans l’Elysée, que Léon ne manque pas de lui rappeler en direct à la téloche… Car si tous les protagonistes principaux sont fictifs, les questions posées et les réactions des hommes politiques sont réelles.

Quant aux seconds rôles, bien sentis, ils permettent retrouver André Dussolier, en veuf ouvrier usé par le temps, les patrons voire les syndicats et Ramzy Bedia qui adapte le marché du sexe à son temps : du vidéo club X au minitel rose jusqu’au site web de rencontres pour tirer son coup… Autant de bonnes idées qui, dans ce film qui rappelle par certains aspects Le nom des gens – même maison de production – tentent de combattre le cynisme d’hier et d’aujourd’hui. Oui, vu que ces Lendemains qui chantent ont laissé désormais place à des « Gens qui doutent », comme le chante en conclusion Jeanne Cherhal.

 

1h34, Ugc distribution. Sortie le 20 aout 2014.

Photo Thibault & Anoucka – Karé production – Delante films

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