Deux envrakées à Gerardmer 2012

31/01/12 par  |  publié dans : Carnets, Cinéma | Tags : , , , , , , , ,

Accréditées au festival du film fantastique de Gerardmer  – l’un des plus gros festivals internationaux du cinéma de genre – nos deux redac-chefs, Engy et Sabrina, enchaînent les séances et campent au bar du Grand Hôtel entre deux films mal famés. En attendant leurs compte-rendus, leurs interviews video, leurs critiques, elles livrent leurs impressions à chaud sur Twitter, avec la complicité de leur guide, Capucine… Petite revue de tweets, compilés via @envrak (Engy et Sabrina), @EngyCH, et @capucinema.

Jeudi :

Le premier soir, l’envrakmobile crève sur la route du festival. Tiens donc. Ambiance, ambiance : j’imagine une route de montagne enneigée, les filles obligées de continuer à pied (comme dans une série B : les filles ne savent pas changer des pneus, c’est bien connu) alors qu’il fait encore nuit, quand soudain, des bruits bizarres dans les bois alentours… un hurlement maniaque… surgit un fou avec une hache ! Les filles se séparent dans les bois, haletant, le visage griffé par des arbres hostiles ! leurs seins saillant sous leurs marcels blancs ! (dans les films de genre, les filles badass portent toujours un marcel blanc) Et là, un ours mutant ! Puis une déchirure dans l’espace ! TERROR ! PANIC ! BLOOD ! SEXY CHICKS ! Et… et… est-ce que je ne regrette pas un peu de ne pas avoir eu d’accréditation, moi ?

Vendredi :

Je m’égare. Pas de quoi décourager nos envoyées très spéciales, qui arrivent à l’heure pour leurs deux premières séances : Engy et Capucine tentent Hell – quelqu’un a des nouvelles de Lolita Pille au fait ? –  tandis que Sabrina s’envoie Grave Encounters : de graves (?) rencontres autour de tombes, si j’en crois le titre. Verdict : L’enfer “manque de charisme, d’émotion, de frayeur”, écrit Engy. Mais “l’actrice a de beaux yeux”. Capucine confirme : “le titre n’a rien à voir avec le contenu. Gentiment ennuyeux, hd cramée, actrice qui déchire par son minois”. Ah. Je vais titrer cette chronique “les filles qui aimaient les filles” si ça continue (je suis en train de lire Millenium, c’est pour ça. Et en mâle de base, il ne me viendrait jamais à l’idée de dire Fight Club est une bouse, mais Brad Pitt est super mignon“).

Plus chanceuse, mais pas dupe une seconde sur l’authenticité des “found footages” (à la Blair Witch, Cloverfield, Rec…), Sabrina décrit Grave Encounters comme “Un film bouleversant sur une équipe de cadreurs épileptiques qui filment en night shot”. Rien en revanche sur l’actrice et ses yeux…

A la pause de midi, elles rencontrent Rurik Sallé, l’un des nerds du vénérable “Mad Movies”, qui brise la glace en leur livrant ce scoop fracassant : “Engy, tu as la même coupe de cheveux qu’Alain Bashung dans les années 80”. Sans transition, Engy voit ensuite The Incident “à travers son écharpe” (j’en déduis que le film est bon. Ou que la clim ne marche pas), tandis que Sabrina, biberonnée aux films gores depuis ses deux ans, n’a plus peur de grand chose, sauf de “twitter à chaud”.

Confirmation, une mousse au chocolat plus tard, avec Eva“Le A.I du pauvre”, lance Sabrina. “Tu n’as pas de cœur”, s’émeut Engy. Un pour / contre en perspective ? Les deux semblent quand même se mettre d’accord sur Emergo, auquel elles consacrent pas moins de 7 tweets : “prix de l’originalité, Emergo nous a fait penser autant à Paranormal Activity, Ghostbusters, L’exorciste, Evil Dead, Insidious, Jusqu’en Enfer qu’à  “C’est pas Sorcier, La graine et le mulet, L’ami Ricoré, Caméra Café, D&co…  Pascal le grand frère et bien d’autres références pointues…” WTF. Elles lui décernent aussi “le prix d’interprétation, celui des effets spéciaux, du maquillage, décor, la photo, le montage (audacieux) second rôle masculin, meilleur espoir, mise en scène, son, scénario, dialogue…” Double WTF. On se demande si tout ça est bien sérieux, quand elles terminent en lui attribuant  la “Palme d’or de la daube Gérardmer”.  Triple WTF : on attend leur papier avec impatience, en espérant en savoir plus sur ‘“un chien, un banc, de la sciure, un minishort, une théière, un transducteur d’ultrason, un générateur de lumière stroboscopique et un chargeur électrostatique” qui peuplent le film.

Ce qu’elles retiennent de la soirée ? Sabrina a rencontré Jean-Pierre Putters, auteur de la fameuse mousse au chocolat et figure tutélaire de “Mad Movies” (dont elle ne rate aucun numéro), et, en fan absolue – mais “discrète“, précise Engy –  lui a dit tout le bien qu’elle pense de son “Ça l’affiche mal”, recueil sur les improbables affiches de films de contrebande au Ghana.

Samedi :

“Jour numéro 2 : l épreuve suprême du film à 11h après 4h de sommeil”, twitte Capucine. Comme il est possible que les mamans de nos reporters lisent ceci, je laisse pudiquement à votre imagination le soin de lire entre les lignes…

Fraîche comme une rose, Engy a d’autres problèmes : #gerardmer, c’est aussi se faire spoiler à chaque rencontre et dans chaque file d’attente (et sur twitter)”. Et une fois entrée dans la salle, “Se placer derrière un siège vide et regarder le mec le plus grand de la salle de ciné s’y assoir. #loidemurphy. Elle tente Théâtre bizarre tandis que Sabrina et Capucine courent après The Cat. “Miaou de déception” ! tonne Capucine. “Ou est passée l’originalité du cinéma coréen ? Marre des petites filles fantômes vengeresses…”. Idem pour Sabrina, qui ironise : “Révolution dans le ciné d’horreur coréen. Exit les fantômes de fillettes aux cheveux longs. Avec The cat, elles ont une coupe courte”.

Les filles réussissent à “éplucher” Alexandre Courtès (ci-contre), réalisateur de The Incident pour un interview avant d’enchainer sur un court métrage, L’attaque des monstres géants suceurs de cerveaux de l’espace. “Et si le meilleur film de Gerardmer était un court ?” ose Sabrina. “Pas d’accord”, rétorque Engy, séduite par “l’omnibus” Théâtre bizarre.

Sabrina : “Pastorela, une bonne idée de court mais pour réussir le long il fallait au moins Alex de la Iglesia“. Capucine : “Moth Diaries : même Dangereuse Alliance c’est mieux“. De l’art de la micro-critique en 140 caractères (maximum autorisé sur Twitter). Allez, encore une pour la route :  “La maison des ombres ? un mashup Les Autres/Orphelinat” dixit Sabrina et Capucine, “mais l’actrice était jolie et les décors beaux…” WAIT ! Hum. Non. Rien…

Le soir venu, si l’on en croit Engy, ces blasés de critiques festivaliers trouvent quand même le temps de s’ennuyer, et improvisent un jeu de mimes. N’écoutant que son sens du devoir, la team Envrak met néanmoins “Karim Hussain – (ci-contre) – dans la boite aussi pour Vision Stains, un court du très bon film omnibus Théâtre Bizarre (- on me dit qu’elle l’ont fait dans l’après-midi mais n’ont tout de même pas chômé de la soirée). Ah, ça veut donc dire ça, film omnibus ? #quandjaicompris

Dimanche :

“L’équipe d’Envrak s’est réveillée à 10h20 pour la séance de 9h, #grosfail”. Mais “On a rencontré le jeune Yohan, magicien. Son père nous dit qu’il connaît personnellement Patrick Sébastien”. Ah bravo, c’est du propre. Pensez à tous ces non-accrédités dans le monde… “On assume pas vraiment nos gueules sur les accreds mais on y est, au festival international du film fantastique de Gérardmer, pour @envrak. Et on est contentes” avoue Engy. D’accord : on vous pardonne. Les bières La fatigue et le rythme effréné des projections (Invasion of Alien Bikini, The Divide…) et des interviews (Xavier Gens, ci-contre…) se font sentir, les tweets se raréfient, il neige (Sabrina la sudiste avait juré de se faire rembourser si elle ne voyait pas la neige) et on a à peine le temps de rafraichir notre timeline que le palmarès tombe :

* Grand Prix et prix de la critique : BABYCALL de Pal Sletaune (Norvège)
* Prix du jury (ex-aequo) : BEAST de Christoffer Boe (Danemark) et LA MAISON DES OMBRES de Nick Murphy (Angleterre)
* Prix du public: EVA de Kike Maillo (France/Espagne)
* Prix du Jury Jeune et le Prix du Jury SYFY : LA MAISON DES OMBRES.
* Grand Prix du court-métrage : LE CRI de Raphaël Mathié (France)

Un palmarès qui a du mal à convaincre notre team, mais ça, ça ne tient pas en un tweet, et c’est une autre histoire…

Envrak reviendra sur le festival du film fantastique de Gerardmer 2012 avec des chroniques, des critiques, des interviews vidéo dans les jours à venir. Stay tuned ! Et si vous avez un plan logement pour 1 ou 2 envraké(e)s à Cannes cette année… vous savez où nous joindre. Paiement en bières assuré.

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