C’est la rentrée : mate des DVD

05/10/12 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , ,

Ce mois-ci, le DVDvrak revient. Et avec lui, la promesse de longues nuits passées devant vos écrans plats, à visionner près d’un an de galettes non chroniquées dans ces colonnes. On vous épargnera toutefois les séances de rattrapage, pour se concentrer sur l’actu chargée du mois de septembre (en attendant celle du mois d’octobre, dont on vous parlera sous peu). Et si les nouveautés ne se disputent pas vraiment le bout de gras, on se félicitera de l’abondance de reprises qui font plaisir, et des anniversaires fêtés en grandes pompes (pointure 10 chez Wild side).

Wild Side, d’autres histoires de cinéma – coffret 10 ans : Miaou !

L’éditeur au petit chat (celui avec qui vous aimez miauler avant les séances) fête ses 10 ans. L’occasion de ressortir, dans un joli coffret griffé, dix des titres qui ont assuré le succès de la boite : Old Boy, Le Labyrinthe de Pan, La Nuit nous appartient, Thirst, REC, Sin City, Drive, Enter the Void, Soul of a Man, et Let’s Get Lost. Soit respectivement : une histoire de vengeance sur fond d’inceste avec un soupçon de poulpe, des méchants franquistes vus par les yeux de l’enfance, un polar à la noirceur sidérante shooté par James Gray, des vampires New Age portés sur la religion et le sexe, des infectés cannibales filmés en caméra subjective dans un immeuble, un hommage graphique – et bourré de stars – à l’œuvre de Frank Miller,  Ryan Gosling et Nicolas Winding Refn au volant du plus rutilant film d’auteur de l’année dernière, Gaspar Noé en plein trip japonais et deux films qu’on n’a pas vus, mais qui sont sûrement très bien vu qu’ils sont réalisés par Wim Wenders et le photographe Bruce Weber.
En DVD et Blu-Ray depuis le 3 octobre, avec des dizaines de bonus.

Drive, de Nicolas Winding Refn

The Cat : pas miaou !

On a gardé peu de souvenirs de The Cat, film fantastique coréen vu au festival de Gérardmer en janvier dernier dans une salle complètement endormie. Une histoire de fantôme basique, qui veut miser sur l’originalité en intégrant au récit un chat vengeur aussi flippant qu’une boite de whiskas. Un Dark Water du pauvre, qui tente aujourd’hui le tout pour le tout  en changeant son titre originel pour The Cat – les griffes de l’enfer (c’est vrai que dans le genre accrocheur…), confinant quand même pas mal au ridicule.
En DVD depuis le 19 septembre, avec des bonus félins.

Une petite fille mal coiffée et un chaton contrarié : c’est vrai que ça fait peur.

La Cabane dans les Bois : méfiez-vous des fausses pistes

Quand des jeunes stéréotypés jusqu’au brushing décident de passer quelques jours dans une cabane abandonnée, on se doute que les choses tourneront vite à l’équarrissage, tout habitués que nous sommes à assister avec délectation aux mises à mort champêtres et démoniaques depuis Evil Dead, de Sam Raimi (1982). La joie de se faire avoir en beauté est d’autant plus grande. Car La Cabane dans les Bois s’amuse, dés son titre, à prendre le spectateur (et les protagonistes) à contrepied, jouant avec les clichés, les fameux “codes du genre” et les idées reçues avec un enthousiasme rafraîchissant. Orchestré par Drew Goddard (à la réalisation) et Joss Whedon (au scénario), le film vire rapidement du slasher campagnard à une réflexion méta sur le cinéma d’horreur, et sur la place du spectateur face à ce type de film, revisitant au passage tout un bestiaire fantastique allant du triton au mort-vivant en passant par la goule et le cénobite.  Une pépite. Une vraie.
En DVD et Blu-Ray depuis le 18 septembre, avec une hécatombe de bonus.


LA CABANE DANS LES BOIS : BANDE-ANNONCE VOST

Le Prénom : Patriiiiiiick

Déjà chroniqué chez nous, Le Prénom mérite néanmoins qu’on s’y attarde à nouveau, le temps de quelques lignes. Histoire de rappeler que cette transposition cinématographique d’une pièce de théâtre à succès est une jolie surprise, dialoguée avec finesse et jouée par des comédiens très très doués (Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Charles Berling…) Pour le reste, on vous renvoie à notre article.
En DVD depuis le 19 septembre, avec des bonuuuuuuus !

Charles et Patrick : beaux-frères ennemis.

Dexter Saison 6 : oh my God…

Elle est loin l’époque où on louait ici-même les vertus régénérantes de cette série qui fleurait bon l’insolence et le presque politiquement incorrect (malgré des appels déguisés à cautionner la peine capitale et la justice personnelle). Dexter fut une très bonne surprise. Après quatre ans d’état de grâce, il a fallu que les scénaristes mettent à mort l’un des pivots du casting (Rita Morgan, personnage en apparence insipide mais essentiel au fragile enracinement de Dexter dans une routine bienfaitrice). Erreur fatale. En roue libre, flanqué d’un gamin autrement plus encombrant que Rita, Dexter devient ennuyeux. Après une saison 5 catastrophique, où il est secondé dans ses méfaits par une alter ego insupportable (et atrocement interprétée par Julia Stiles), Dexter continue son action d’éradication de la vermine humaine dans une saison 6 qui touche le fond : avec en fil rouge les meurtres rituels d’un duo de tueurs pieux (dont l’excellent James Edward Olmos, bien connu des fans de Deux Flics à Miami), cette saison propose à Dexter de se questionner sur son propre rapport à la religion. Malgré les brillantes dernières secondes, et un cliffhanger qui va obliger les scénaristes à revenir enfin à leurs fondamentaux, force est de constater que le personnage n’en ressort ni grandi, ni diminué, ni rien du tout. Rien. C’est le mot.
En DVD depuis le 19 septembre, avec des bonus crucifiés.

“Petit Jésus s’il te plait, trouve-moi de nouveaux scénaristes. Amen”

Les Lois de l’Attraction :  comme un aimant

Enfin une édition digne de ce nom (en Blu-Ray uniquement, hélas) pour cette merveilleuse petite œuvre d’art que nous a offert Roger Avary en 2003. Auparavant proposé en DVD avec comme seule piste, une VF toute pourrie, Les Lois de l’Attraction commet deux exploits majeurs : s’imposer comme l’un des meilleurs films sur l’adolescence de ces dernières années (avec ceux de Larry Clark et de Gus Van Sant), et surtout, réussir ENFIN une bonne adaptation d’un roman de Bret Easton Ellis (l’auteur d’American Psycho). Ou comment la rencontre réussie de deux génies un peu torturés permet la mise en œuvre d’une perle filmique interrogeant le mal-être de la jeunesse, ses doutes, sa sexualité, son impossibilité à figer le temps (luxe que Roger Avary, lui, se permet dans sa mise en scène) sur fond de prouesses stylistiques. Drôle, sophistiqué, inventif, mais aussi sans concession, cru et direct, Les Lois de l’Attraction offre à James Van Der Beek l’occasion de détruire en quelques plans l’image d’ado lisse et chaste de la série Dawson. On attendait cette ressortie avec impatience : naturellement, Les Lois de l’Attraction est le Blu-Ray du mois.

On ne les a pas vus, mais on s’en fout (ou presque)

Dés qu’elle ajoute un accent à sa panoplie, qu’elle change de coiffure et qu’elle surjoue, Meryl Streep gagne un oscar. C’est pas pour autant qu’on a envie de voir La Dame de Fer, biopic apparemment très consensuel (ou con tout court) consacré à Margaret Thatcher. Une “femme” qu’on méprise à tel point qu’on va éviter d’en parler ici. Au rayon série, on nous signale la sortie en DVD de Downtown Abbey, dont les quelques images entraperçues sur la TNT nous ont fait penser à un croisement entre Les Oiseaux se Cachent pour Mourir et n’importe quel film de James Ivory. Soit deux références solides (surtout une), mais pas encore suffisantes pour nous ôter l’envie de zapper. On ne sait absolument pas de quoi parle Menace d’Etat, ni qui l’a réalisé, et on a la flemme d’aller vérifier, mais on sait qu’il y a Sean Bean dedans, et il y a fort à parier qu’à la fin, il meurt. Car Sean Bean meurt dans tous ses films. Adolf Hitler n’est mort qu’une seule fois, lui, mais continue à faire vendre de la galette. Ce mois-ci, on le retrouve dans deux documentaires : De Mein Kampf à l’Holocauste : L’histoire du nazisme et La dernière grande offensive d’Hitler, qui vont très certainement venir alimenter les rayons déjà bien fournis des CDI de tous les collèges de France. Enfin, nous étions nombreux à nous demander ce que devenait Ernie Reyes, le célèbre (ou pas) Chevalier Lumière des années 80. Bonne nouvelle : contrairement à Sean Bean et Adolf Hitler, il est toujours vivant. Et ses talents de karatéka, judoka, ses talents dans le domaine du coup de pied circulaire sont intacts. La preuve avec Ultimate Fight, dont on ne résiste pas au plaisir de vous livrer quelques images.

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