Souviens-toi, le nid de coucou

01/08/08 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , ,

En août, entre deux rhumes attrapés sous la clim et trois piqures de méduse, on se console avec quelques pizzas et des films entre potes. Petit florilège.
Ce mois-ci, le téléspectateur averti le sait : on se retape les gendarmes à St Trop’, les Sissi marquise des Anges et les Angélique à la Bourboule. Même punition en DVD, avec de la ressortie en veux-tu en voilà. De l’art et du cochon, de la daube et du caviar. Au menu :

A la pêche aux ados

La vague post-scream a failli provoquer la mort du cinéma d’épouvante. Avec ses faux slashers aux scénarii aussi minces qu’une page de cosmo petit format, le genre a failli perdre ses lettres de noblesse avant d’être sauvé in extremis par Le projet Blair Witch. En 1997, Souviens toi l’été dernier touche le fond. En voyant ces pauvres ados attardés aux prises avec un croquemitaine en ciré à mi-chemin entre le capitaine Crochet et le commandant Cousteau, on n’attend qu’une chose : qu’il les crève. Vite. A voir l’été, avec des copains aussi bourrés que peu exigeants.
En DVD le 6 août, avec des bonus amnésiques

Souvenez-vous l’été dernier, vous avez joué dans un film tout pourri

Cronenberg part en tôle

Cinéaste controversé s’il en est, David Cronenberg a démontré au fil d’une carrière exemplaire qu’il aimait par-dessus tout filmer la chair. Avec le roman de JG Ballard, Crash, le réalisateur parvient à laisser libre court à sa fascination pour le corps morcelé par la torture, désirée ou subie. Avec froideur, Cronenberg dresse le portrait de personnages qui, suite à un accident de voiture, ne trouveront la jouissance sexuelle que dans de violentes collisions automobiles. Un étalage d’images crues et dérangeantes (plaies et cicatrices, tôle froissée et corps meurtris) qui ne laisse pas indifférent.
En DVD le 6 août, avec des tonneaux de bonus

Holly Hunter a pété son pare-brise, mais elle aime bien ça

Nicholson fait l’idiot

En 1976, le réalisateur Milos Forman livre avec Vol au dessus d’un nid de coucou l’un des films les plus exemplaires consacrés aux excès de l’univers carcéral et des traitements inhumains infligés aux malades mentaux. L’affrontement entre Randle McMurphy (Jack Nicholson), prisonnier insubordonné transféré dans un établissement psychiatrique, et l’acariâtre infirmière Miss Ratched (Louise Fletcher), sert la peinture d’un tableau sans concession couronné par quatre oscars. Une consécration pour le cinéaste, qui se spécialisera par la suite dans les biopics (Amadeus, Larry Flint, les fantômes de Goya…)
La pièce à succès dont a été tiré le scénario de Vol au dessus d’un nid de coucou a, quant à elle, été interprétée récemment sur scène par… Bernard Tapie. Avec des avances sur recettes ?
En DVD le 13 août, avec des bonus complètement fêlés

Jack Nicholson en pleine phase d’aliénation au milieu des malades mentaux

Rest in Peace

Attention, chef-d’œuvre. Avec Trois Enterrements (2005), scénarisé par le génial Guillermo Arriaga (le scribe d’Alejandro González Inárritu) et mis en scène par Tommy Lee Jones, ce dernier livre une œuvre à la fois mythique et contemporaine, contemplative et profonde. Western initiatique doublé d’un pamphlet engagé sur la dignité des immigrés mexicains aux Etats-Unis, Trois enterrements raconte la quête menée par Pete Perkins (Tommy Lee Jones), pour retrouver l’assassin de son meilleur ami, Melquiades Estrada. Pete retrouve le coupable, et l’oblige à aller enterrer lui-même le corps de Melquiades au Mexique. Un voyage qui va offrir au meurtrier une leçon sur le respect de la vie humaine.
En DVD le 27 août, avec des bonus crépusculaires

Tommy Lee Jones (à gauche), Barry Pepper (à droite) et Melquiades Estrada (dans le sac)

Jet Li montre les crocs

Les projets labellisés “Luc Besson” font toujours un peu peur. Alors quand Danny the dog a été commis en 2005 par Louis Leterrier, l’un des bandits manchots du gros barbu, personne ne s’attendait à un spectacle inoubliable. Bien vu. Il faut bien avouer qu’on avait rarement vu un synopsis aussi improbable : Danny (Jet Li) a été élevé comme un chien et n’obéit qu’à la voix de son maître, qui l’exhorte assez régulièrement à donner de grands coups de tatanes aux gens qu’il a du mal à blairer. Mais un jour, Danny entend le son d’un piano, trouve ça super beau et sort de sa niche pour voir le monde extérieur, celui des vrais gens. Son maître est très en colère, et va partir à sa recherche. Le pire dans tout ça : Morgan Freeman et Bob Hoskins, deux grands parmi les grands, ont répondu “oui” au projet. On aimerait bien connaître le coût de leurs impôts locaux.
En Blu-Ray disc le 27 août avec des bonus canins

Même les acteurs restent de marbre devant autant de connerie

Schwarzy se fait traquer

Avant de devoir affronter une armée d’aliens sous les yeux de pauvres humains un peu terrifiés, le prédator s’en prenait à Schwarzenegger et à ses copains musclés dans la jungle. Sorti en 1987, le film de John McTiernan offre enfin à l’interprète de Terminator la possibilité d’aligner plus de deux lignes de dialogues. Et pas des moindres : “toi, t’as vraiment pas une gueule de porte-bonheur” lance Schwarzy à un extraterrestre monstrueux – sorte de sanglier rasta – qui chasse les hommes comme le sympathique Frédéric Nihous chasse la mésange. Cruel, sans pitié, remarquablement costumé, le predator entre instantanément au panthéon des méchants de cinéma. McTiernan, lui, multiplie les prouesses techniques dans des décors naturels inquiétants, et signe l’une des œuvres ultimes du cinéma d’action. Rien que ça.
En Blu-Ray disc le 27 août, avec des bonus morts au montage

E.T. et le predator ne doivent pas venir de la même planète…

La culture avec un grand K

L’excellent mini programme d’ARTE, Karambolage sort en DVD, et on est bien kontent. Ko-production franko-allemande konsacrée aux kultures… françaises et allemandes, l’émission se penche avec peps et akuité, d’un point de vue essentiellement linguistike, sur les petits us de ces deux sympathikes pays à travers des mots, des expressions, des onomatopées… Des regards kroisés bien sentis toujours klôturés par une devinette sous forme d’un petit film de kelkes secondes. But du jeu : savoir si la scène a été filmée en France ou en Allemagne, grâce aux petits détails ki font la différence.
Saisons 3, 4 et 5 en DVD le 20 août, avek zéro bonus

Comment on dit “ta tapisserie est moche”, en allemand ?

Les DVD du mois de juillet, c’est par .

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4 commentaires

    Cacalotl  | 02/08/08 à 1 h 16 min

  • Une petite précision pour nos chers lecteurs s’impose quant à Trois enterrements. C’est Luc Besson, scénariste-producteur des Taxis, des Transporteurs et autres Danny the Dog qui a mis la main à la poche pour financer le magnifique projet de Tommy Lee Jones
    Histoire de rééquilibrer un peu une balance présentée largement en sa défaveur dans cet article. Et puis Besson ce sont aussi des films comme Le dernier combat, Subway ou Le grand bleu. Même s’il les a tournés au début de sa carrière, il ne faut pas négliger la valeur scénaristique, voir artistique de ces films.

  • blissfully  | 05/08/08 à 10 h 43 min

  • … et arthur et les minimoys !

  • un fan  | 06/08/08 à 21 h 24 min

  • Besson, Besson, on t’encule !
    A part ça, Danny The Dog est sous-évalué dans ton article.

  • Sab  | 07/08/08 à 15 h 12 min

  • J’en attendais pas moins d’un type qui a aimé Cabin Fever. Au fait, tu viens quand, à la maison? On se fera un petit Angel A (mouhaha), ou un petit Jeanne d’Arc (MOUHAHAHAHAHA), allez, mieux: un Grand Bleu version collector (POPOPO!!! Je me suis étouffée, zut)

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