Peace and love, ou presque

02/08/09 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : ,

Un bébé vieux, une série cul(te), un personnage de BD qui ne crève pas l’écran, des Mexicains qui tuent l’ennui en tuant des gens, un concert légendaire…
En cette période de vaches maigres et de touristes gras, qui se soucie encore de savoir quels DVD feront leur sortie dans les boutiques spécialisées ? En tout cas, pas les éditeurs, qui semblent attendre la rentrée pour brandir leurs nouveautés, ni les aoûtiens, qui cuisent sur les plages ou se les gèlent à la montagne. On les comprend. Même à Envrak, on a cherché de quoi faire tomber les vacanciers de leurs transats, sans rien trouver de bien palpitant. On a quand même décidé de mettre en avant – ou en arrière, pour certains – ces DVD-là :

Largo, le héros largué

Une adaptation que les cinébédéphiles attendaient au tournant, peu convaincus par le choix de l’acteur principal : l’humoriste Tomer Sisley dans la peau de Largo Winch, il a fallu s’y faire. Beaucoup de bruit pour rien, au final, puisque Sisley s’en sort beaucoup mieux que le réalisateur Jérôme Salle, aussi peu inspiré par les dialogues que par les scènes d’action, filmées avec les pieds – un comble pour une production de ce calibre. Les seconds rôles, quasiment tous foireux (on sauve Gilbert Melki et Miki Manojlovic, les seuls à s’intéresser à ce qui se passe sur le plateau), ne relèvent pas le niveau, et le montage très grossier est empesé par des flash-back inutiles.

Tomer Sisley arrive à sauver le monde, mais pas le film.

La frustration est d’autant plus grande qu’au détour de quelques plans, on décèle une belle tentative d’action movie à la française – qui apparemment ne manque pas de moyens financiers – et quelques réussites (la musique, pas mal. Les cascades, spectaculaires. Les paysages, jolis. L’acteur, aussi). On jette la pierre au réalisateur, et on se surprend même à rêver d’un Luc Besson aux commandes. C’est dire si le film est décevant…
En DVD depuis le 28 juillet, avec des bonus Bien Défoulants.

Brad Pitt prend un coup de jeune

L’une des dernières pièces d’artillerie lourde calibrée pour rafler tous les Oscars de la création. Finalement non. Hollywood pourtant misait tout sur un sujet aussi simple que tire-larme : un homme né vieux rajeunit au lieu de vieillir, et ne pourra vivre que quelques années de bonheur avec la femme qu’il aime. Sans doute étouffé par une esbrouffade géante d’effets spéciaux révolutionnaires au détriment d’émotions toutes simples, L’étrange histoire de Benjamin Button, à qui le binôme David Fincher-Brad Pitt donne vie, n’est ni le personnage, ni le film de l’année. On ne s’attardera d’ailleurs pas davantage sur le sujet, car à Envrak, on n’a pas aimé, et on l’a déjà crié haut et fort. La preuve ici.
En DVD le 5 août, avec des bonus qui ne font pas leur âge.

Là, Brad Pitt a 12 ans. Véridique.

Sombres hérauts de l’Amérique

Voilà une cinématographie qui n’en finit plus d’étonner son monde. Emmenée par Carlos Reygadas (Batalla en el cielo), la nouvelle vague de cinéastes mexicains semble aussi bien portée sur la poésie que sur la violence sourde. Amat Escalante s’est spécialisé dans ce domaine. Après un très contesté Sangre, il dénonce avec Los Bastardos les affres de la clandestinité mexicaine aux Etats-Unis, terre promise où en guise de travail, les immigrés n’ont d’autre choix que d’attendre dans un coin de rue que les gringos veuillent bien leur confier un petit boulot au noir. De la maçonnerie. Du jardinage. De la mécanique. Un meurtre.

Une étrange relation entre les bourreaux et leur victime.

Au risque de perdre ses spectateurs au milieu de très longs plans séquences où parfois rien ne se passe et rien ne se dit, Escalante permet à la violence de jaillir de façon totalement inattendue. Le choc est immense sitôt que le sang coule, au bout de plus d’une heure de film. Un rythme énervant. Mais énerver le spectateur, c’est ce que cherche à faire le cinéaste. Tout ici est glauque, déprimant, pessimiste. A l’image d’un pays qui ne sait plus que faire de ses immigrés. Dûr, âpre et peu avenant, ce cinéma-là a le mérite d’aller droit au but. On peut le lui reprocher. On peut aussi lui reconnaître un certain courage.
En DVD le 6 août avec des bonus épicés comme un chili.

Avec un L comme “lumineuses”

Elles s’aiment, elles le montrent, elles l’assument, et ça cartonne. Aussi efficace (mais plus glamour) que Queer as folks pour faire tomber les tabous, la série The L word se voit offrir ce mois-ci un énorme coffret collector (édition limitée, avis aux fans) contenant l’intégralité des 5 saisons déjà diffusées. Une belle récompense pour cette comédie de moeurs dont le succès doit autant au traitement “anti-clichés” de sa thématique qu’à l’éclat de ses actrices (Mia Kirschner, Pam Grier, Jennifer Beals…) Envrak adore, et tient à le faire savoir. Lire l’article.
En DVD le 26 août avec des bonus saphiques.

Et avec un L comme “libido”.

Chantez, dansez, fumez, embrassez qui vous voulez

C’était il y a 40 ans : “Trois jours de paix et de musique. Des centaines d’hectares à parcourir. Promène-toi pendant trois jours sans voir un gratte-ciel ou un feu rouge. Fais voler un cerf-volant. Fais-toi bronzer. Cuisine toi-même tes repas et respire de l’air pur” conseille la publicité annonçant la tenue d’un festival à Bethel, sur les terres de Max Yasgur, un fermier sympa. Les organisateurs – et Max le fermier – ne s’attendaient pas à voir débarquer sur place plus de 450 000 spectateurs en lieu et place des 50 000 prévus.
Depuis, le festival de Woodstock est resté dans les mémoires comme un rassemblement emblématique de la culture hippie. 32 groupes et solistes s’y succédèrent – Joan Baez, Jimi Hendrix, The Who, Ravi Shankar, Grateful dead, Joe Cocker, Jefferson Airplane… Bien plus qu’un évènement musical : un évènement historique, symbole de la contre-culture et de l’anti-capitalisme.

Un parterre de hippies venus célébrer la paix en musique.

Les éditeurs qui ont décidé de ressortir un DVD pour commémorer le quarantième anniversaire du festival de Woodstock ne manquent pas d’opportunisme, mais reconnaissons qu’une telle initiative était indispensable. D’autant que ce coffret “ultimate collector” contient des interviews d’artistes, ainsi qu’un livret et – il faut le faire – des scènes inédites. Merci la Warner.
En DVD le 12 août avec des bonus pacifistes.
Les DVD du mois de juillet, c’est par là.

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