L’imaginarium du vilain Dupontel

01/04/10 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , ,

Un fils indigne, un monde parallèle derrière un rideau rouge, un couple filmé en night-shot, Romain Duris persécuté et deux petites fugueuses.
Ce mois-ci, pas de blague : on mange de la galette, et pas n’importe laquelle. De la bonne, de la drôle, de la flippante et de la chiante. Les sorties printanières sont réjouissantes, Envrak vous en parle.

Un petit matricide, ça vous branche ?

Après 20 ans de cavale, un braqueur de banques (Albert Dupontel) revient dans le quartier de son enfance pour se cacher chez sa mère, Maniette (Catherine Frot). Lorsqu’elle découvre la véritable nature de son rejeton, Maniette va tout faire pour le remettre dans le droit chemin.

D’Albert Dupontel version cinéaste, on attend du trash. Après Bernie, Le Créateur et Enfermés dehors, nous voilà enfin surpris : exit les canaris décapités à la bouche et les SDF vengeurs. Avec Le Vilain, Dupontel censure le gag qui gicle, mais reste fidèle à son exquise insolence, son humour noir ciselé et sa tendre acidité. Drôle de bout en bout, Le Vilain offre à Catherine Frot un vrai rôle de composition (son personnage a 20 ans de plus qu’elle, au bas mot), et révèle le talent insoupçonné d’une tortue belliqueuse, dont les points de vue subjectifs sont à se tordre de rire.
En DVD et Blu-Ray le 01 avril, avec des carapaces de bonus.

Persécuteur persécuté

Daniel (Romain Duris) est espionné par un individu un peu fêlé (Jean-Hugues Anglade) qu’il retrouve, un soir, installé dans son lit. “Tu es l’homme de ma vie” lui dit l’inconnu. Daniel le met violemment à la porte, et fait part de cette éprouvante rencontre à Sonia (Charlotte Gainsbourg), sa petite amie, qu’il aime avec indifférence. Aux preuves d’amour, Daniel préfère l’idéalisation et la persécution. Sonia, elle, réclame une relation apaisée.

C’est du Patrice Chéreau. Du pur cinéma d’auteur, sec, froid et distant, où l’émotion ne s’installe que rarement, pour laisser les mots infiltrer l’écran. On y décerne le Chéreau théâtral, son admiration pour les comédiens et l’aisance avec laquelle ils disent des textes moins réalistes que poétiques. La littéralité des dialogues en laissera beaucoup sur le carreau, mais accepter ce parti-pris, c’est aussi pénétrer l’univers de ses personnages qui se persécutent les uns les autres dans le seul but de prouver qu’aimer n’est pas chose facile. A l’image de cet exercice de style, exigeant mais passionnant.
En DVD et Blu-Ray le 21 avril, avec des bonus parano.

Conte fantastique et fantasque

Un film de Terry Gilliam, c’est toujours un évènement. Médiatiquement boosté par le décès de son acteur principal, Heath Ledger, en plein tournage, L’imaginarium du Dr Parnassus a rapidement suscité une attente morbide. Amputé de son comédien star, le film aurait pu tourner au désastre. On en est loin. L’idée la plus casse-gueule de Parnassus est aussi la plus brillante : faire interpréter le rôle principal par quatre acteurs différents – Heath Ledger, mais aussi Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrel. Un casting tellement excitant qu’on en oublie presque le scénario bordélique et les effets numériques surchargés. Il est loin, le temps où Gilliam bricolait ses décors avec trois bouts de carton et des Crayola… C’est dommage. Mais seuls les puristes s’en plaindront.
En DVD et Blu-Ray le 2 avril, avec des bonus schizophrènes.

Promenons-nous dans les bois

Deux petites filles inséparables voient leur précieuse amitié menacée par le divorce des parents de l’une d’elles, qui va la contraindre à aller vivre au Japon. Une seule solution : la fugue.
Avec Yuki et Nina, Hippolyte Girardot fait ses premiers pas de réalisateur après plus de 35 années passées devant la caméra, s’adjoignant l’aide du cinéaste japonais Nobuhiro Suwa.

Au moyen d’une mise en scène sobre et impressionniste, Girardot se montre aussi sensible dans son portrait de la détresse enfantine, que limite auteurisant lors des scènes où interviennent les adultes. On apprécie d’autant plus les scènes où les fillettes se retrouvent seules, réinventant leur monde, un monde où jamais elles ne pourraient être séparées. Et lorsqu’une balade en forêt se transforme en virée dans un bois japonais, la poésie prend le pas, inattendue. Mais du plan contemplatif à la longueur, il n’y a malheureusement qu’un pas, franchi trop souvent par le(s) cinéaste(s).
En DVD le 21 avril, avec des bonus kawaiii.

Terreur sous les draps

A l’instar du Projet Blair Witch, Paranormal activity (de l’inconnu Oren Peli) s’impose comme l’un des films d’horreur les plus rentables de tous les temps. Réalisé en 7 jours pour un budget de… 15 000 dollars (!), le film en a engrangé près de 193 millions. Grâce à un teasing médiatique soigneusement entretenu sur la toile (la stratégie de Paramount : inciter les gens, via Facebook, à “demander” le film dans leurs villes), Paranormal activity a réussi son coup, malgré une intrigue assez mince. Un jeune couple, persuadé que leur maison est hantée par un esprit démoniaque, installe une caméra dans sa chambre afin d’enregistrer ce qui se passe durant leur sommeil.

La forme documenteur sied parfaitement au récit, présenté comme un montage d’images récupérées chez le couple quelques mois après les évènements. On est davantage sceptique quant au potentiel horrifique de l’ensemble. Des portes qui claquent, des draps qui se soulèvent, une fille qui crie… Pour beaucoup, l’angoisse fait défaut. Reste la fin, la vraie, la flippante, celle qui n’a pas eu les honneurs de la salle, et que l’on retrouve avec soulagement dans les bonus.
En DVD et Blu-Ray le 7 avril, avec des bonus qui font “bouh !”
Les DVD du mois de mars, c’est par

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

1 commentaire

    bcolo  | 10/04/10 à 13 h 41 min

  • D’accord globalement avec la critique de l’Imaginarium. Que j’ai d’ailleurs commandé pour le revoir à tête reposée (et sur un bien trop petit écran !).

Laisser un commentaire