Barbie se prend une cuite en enfer

01/12/09 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , , ,

Se taper un bad trip à Vegas, avoir 17 ans à Londres, pourrir en enfer, hanter une salle de concert, se laisser pousser les poils et mesurer 30 cm, ça vous dit ?
Ce mois-ci, on a la grippe A, alors on reste enfermé à la maison, on s’injecte du tamiflu par intraveineuse et comme on a vraiment rien d’autre à faire, on regarde des films. Ça tombe bien, les poids lourds sont de sortie :

Very bad trip, very good film

Si en vous levant demain vous avez une dent en moins et un tigre dans vos toilettes, c’est que vous avez pris de la drogue vaguement hallucinogène. C’est pas très grave en soi, mais si c’est à Las Vegas que ça se passe, ça devient problématique. Dans un état second, on peut se marier par erreur, trouver un bébé dans son placard, ou pire, égarer un ami, celui qui, en l’occurrence, était venu innocemment enterrer dans le Nevada sa vie de garçon entre deux parties de poker.

A l’écran, ça s’appelle Very bad trip, c’est à se tordre de rire, complètement irrévérencieux, intelligemment idiot, politiquement incorrect, mais à mille lieux des bouffonneries ado des American Pie et consorts, enlevé par des acteurs qui en jettent (dont Bradley Cooper, vu dans à peu près tous les films américains sortis ces derniers mois), et réalisé par un type qu’on connaissait pas, Todd Phillips, mais dont on attend le prochain film avec une impatience sautillante.
En DVD le 9 décembre, avec des brelans de bonus

Lost in London

Deux garçons paumés dans un quartier ouvrier de Londres. Le premier sort d’un foyer d’accueil, le second vit avec son père, immigré polonais limite alcoolique. Flûte : un film glauque. Sauf que non. Somers Town – du nom du quartier où évoluent les protagonistes – lorgne volontiers sur un cinéma social – typiquement anglais – que d’aucuns jugent démoralisant ou moralisateur, c’est selon.

Shane Meadows, remarqué voilà quelques mois avec This is England, choisit plutôt l’innocence, la fraîcheur et l’optimisme. Il choisit de rendre ses deux jeunes personnages sympas, attachants, amoureux, parfois drôles, toujours souriants malgré les mauvais coups. Il choisit Thomas Turgoose, l’un des acteurs les plus prometteurs de sa génération. Il choisit aussi le noir et blanc. Et le noir et blanc, c’est beau. Alors Somers town, on conseille.
En DVD le 3 décembre, avec des bonus made in England.

La banque à qui parler

Les banquiers, tous des salauds. Surtout les banquières. Celle de Jusqu’en enfer est jeune et ambitieuse. Complètement arriviste, même. Et n’hésite pas à refouler une vieille dame sans le sou, histoire de se faire bien voir de son patron et de gagner le poste de directrice adjointe qu’elle convoite la bave aux lèvres. Mauvaise pioche : la vieille dame est une gitane, et les gitans, ça jette des sorts. C’est parti pour trois jours de folie, durant lesquels la pauvre fille – on finit par la prendre en pitié – doit se dépêtrer d’un démon bien encombrant qui risque de la jeter définitivement en enfer dans les 72 heures.

Sam Raimi revient enfin au genre qui l’a fait connaître, l’horreur (avec Evil Dead en 1982). Et quand il laisse l’homme araignée au vestiaire, le bougre se fait plaisir. Entre Tex Avery et… Evil Dead (le clin d’œil est savoureux), Jusqu’en enfer est un très bon divertissement, un peu dégoûtant, souvent drolatique, au montage malin qui, grâce à un rythme hyper soutenu, fait oublier les effets numériques parfois ratés. On achète.
En DVD le 2 décembre, avec des bonus djobi djoba (bamboléo).

L’esprit rock

On a du mal à comprendre l’intérêt de sortir une ultimate edition de Phantom of the Paradise farcie des mêmes (excellents) bonus que dans l’édition collector de 2006, mais on met ça sur le compte des 35 ans de ce film culte, l’un des meilleurs de Brian de Palma.

Extrait de Phantom of the Paradise : Winslow Leach, compositeur maudit et spolié, tente de retrouver sa voix.

Revoilà donc le fantôme, qui sous les traits de William Finley, hante les coulisses du Paradise, salle de concert gérée par l’infâme Swan. Relecture rock and roll du célèbre Fantôme de l’opéra de Gaston Leroux, le film se permet même de faire cohabiter sur un seul écran les œuvres phares de Mary Shelley (Frankenstein), Oscar Wilde (Le portrait de Dorian Gray), Edgar Allan Poe (Le masque de la mort rouge), Goethe (Faust) et de donner corps à des clones assumés de Kiss, Elton John, the Beach Boys… Rythmé par une bande originale inoubliable (entièrement composée par le chanteur Paul Williams, qui interprète Swan), Phantom of the Paradise, baroque, cruel, grand-guignol, fou, virtuose… n’a pas volé sa réputation de chef d’œuvre.
En DVD et Blu-ray le 1er décembre, avec des bonus à se damner.

Landis a les crocs

John Landis, on l’aime bien. Parce qu’il a réalisé Hamburger film sandwich en 1977. Mais aussi parce qu’il a réalisé The Blues brothers en 1980. Et puis parce qu’il a réalisé Le loup-garou de Londres en 1981, et qu’on lui sait gré de l’avoir fait, tant cette évocation du mythe du lycanthrope reste à ce jour l’une des plus réussies. Grâce, notamment, à l’étonnant travail de Rick Baker, maquilleur qui n’en n’était pas à son premier coup de croc, lui qui avait déjà soigné les effets spéciaux de Hurlements, de Joe Dante quelques mois auparavant.

Bien plus efficaces que les trucages numériques décrédibilisant aujourd’hui le moindre “film de monstre”, les transformations des protagonistes en bestioles poilues forcent l’admiration. Les personnages, bien écrits, et l’humour noir, omniprésent, font le reste.
En DVD le 1er décembre, avec des bonus qui déchirent.

Si tu es blonde à forte poitrine…

Décembre n’est pas que le mois de l’hécatombe et des vaccins dans les gymnases. C’est aussi le mois où l’on fête Noël, et ça n’a échappé à personne, surtout pas à Barbie. La cinquantenaire blonde et fringante va sabrer la dinde en DVD ce mois-ci, et les enfants sont super contents, car grâce et Barbie et la magie de Noël, ils vont pouvoir découvrir l’histoire d’Eden Starling, diva (blonde) qui le soir de Noël, oblige tous les artistes du théâtre à répéter la pièce dont elle est la vedette. Heureusement que trois esprits viennent la kidnapper pour lui faire comprendre que le soir de Noël, faut pas déconner avec la générosité et les valeurs familiales.

Vous aurez tous reconnu ici le fameux conte de Charles Dickens, avec Barbie dans le rôle de Scrooge, et vous serez tous d’accord pour dire que les têtes blondes méritent mieux que d’être pris pour des décérébrés. Surtout s’ils savent lire.
En DVD le 1er décembre, avec des bonus blonds
Les DVD du mois de novembre, c’est par .

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