De bonne guerre…

02/02/10 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , ,

L’irak sous les bombes, une ado faussement rebelle, deux hétéros en plein doute, un affabulateur gras et l’espoir derrière les barreaux.
Ce mois-ci, on a enfin trouvé deux armes de destruction massive en Irak : Kathryn Bigelow et Nick Broomfield . Ailleurs – en France, aux États-Unis et en Angleterre – c’est une autre guerre qui se joue : dans le lit de deux hétérosexuels en pleine crise de doute, dans une banlieue londonienne où on danse comme on aime, dans les bureaux du FBI investis par un mythomane et entre les murs d’une prison où une existence toute entière se forge. De l’artillerie lourde, on vous dit…

Tic tac, tic tac, tic tac… BOUM !

Kathryn Bigelow est un cas à part dans l’histoire du cinéma. Une femme capable de porter une robe fourreau avec classe et de réaliser des films atteignant un taux affolant de testostérone. Restée trop longtemps dans l’ombre de son ex, James Cameron, la réalisatrice de Point Break et Strange days entre enfin dans la lumière avec l’excellent Démineurs (The hurt locker), qui mériterait de remporter haut la main tous les Oscars pour lesquels il est nommé cette année, face au trop attendu Avatar du père Cameron.

Le film, qui relate le quotidien de démineurs pendant la guerre en Irak, multiplie les prouesses techniques et narratives, fait le pari du réalisme au détriment du spectaculaire, et distille l’angoisse au rythme des battements de cœurs des protagonistes, filmés au plus prés des bombes qui peuvent les tuer à tout moment. Un grand film qui se veut aussi modeste qu’un documentaire, et qui flirte avec les frontières de la perfection.
En DVD et Blu-Ray le 24 février, avec des mines de bonus

Join the army, qu’ils disaient…

Irak, 2005 (décidément…) Haditha, ville rurale de 40 000 habitants, devient le théâtre d’un massacre perpétré par des Américains sur une vingtaine de civils, suite à l’attentat qui a coûté la vie à un marine. Deux ans plus tard, Nick Broomfield relate la tragédie dans Battle for Haditha, long-métrage éprouvant dont la principale qualité est de proposer une vraie diversité des points de vue. Tantôt avec les insurgés, tantôt chez les habitants, tantôt au milieu des marines, la caméra montre tout, mais contourne les facilités politiques engendrées par ce genre de film, pour privilégier le facteur humain et réfléchir sur les causes profondes de cette logique de destruction.
En DVD et Blu-Ray le 3 février, avec des bonus collatéraux.

Un poisson nommé Mia

Le cinéma anglais est souvent social, et le cinéma social est souvent sordide. Pas pour la réalisatrice Andrea Arnold, qui livre avec Fish tank l’un des films les plus rafraichissants de l’année 2009. Un vent d’optimisme bienvenu souffle sur ce long-métrage dont le synopsis, pourtant, ne laissait augurer rien de reluisant pour l’avenir de son héroïne, l’exceptionnelle débutante Katie Jarvis – oubliée des Oscars cette année.

A 15 ans, Mia est une jeune fille complexée, agressive, dont le vocabulaire trivial n’épargne ni sa petite sœur – sa mini-moi en puissance – ni sa mère, ni les amants d’icelle. Sauf peut-être le dernier en date, Connor, auprès duquel elle prend conscience que sous les survêtements amples qu’elle porte et derrière la violence qu’elle manifeste à l’égard du reste du monde, se cache peut-être une femme. Une vraie. Et c’est grâce à la danse, qu’elle pratique en cachette devant un caméscope dans le but de passer une audition, que Mia va faire la découverte de cette féminité refoulée. Le spectateur, déjà séduit, s’extasiera aussi sur la très belle photographie – il faut voir avec quelle grâce sont filmées les séquences champêtres, loin des tours bétonnées qui abritent les personnages – et sur l’émotion discrète qui se dégage de chaque geste échangé entre Mia et Connor. Une très belle réussite.
En DVD le 3 février, avec des bonus sans arêtes

Macho man… ou pas

Deux amis décident de participer au festival local de cinéma porno amateur, en se filmant eux-mêmes dans un court-métrage gay. Seul hic : ils sont hétéros. Un sacré défi pour les deux hommes, et pour la réalisatrice de Humpday, Lynn Sheldon, bien obligée de tout mettre en œuvre pour contourner les clichés. Et elle y parvient, mais au prix de quelques longueurs – en dépit de dialogues confondants de naturel, le film est très bavard. Peu importe. Le postulat de départ est séduisant, tout comme la foultitude de questions qu’il entraîne (en dehors du “vont-ils VRAIMENT franchir le pas ?”, le débat engagé entre les deux protagonistes sur les limites de leur hétérosexualité sonne juste). La caméra volatile et les acteurs en roue libre suffisent à rendre le film éminemment sympathique à défaut d’être inoubliable.
En DVD le 3 février, avec des bonus à voile et à vapeur

Mi-figue, mythomane

Dans la famille des réalisateurs surestimés, on demande Steven Soderbergh. Porté aux nues après avoir obtenu une très inattendue palme d’or en 1989 pour son premier long, Sexe, mensonges et vidéo, le réalisateur n’a pas chômé. Bien sûr, il y a du lourd – Traffic, Hors d’atteinte, L’Anglais. Mais il y a aussi le consensus mou – Erin Brockovich, Che – et le franchement pas top – Ocean’s eleven et ses suites. Son dernier film, The informant !, fait partie de cette catégorie là.

Dommage pour Matt Damon, investi corps et âme – surtout corps, à vrai dire – dans le rôle de Mark Whitacre, informateur du FBI aussi pataud qu’opportuniste, bien décidé à dénoncer les pratiques véreuses de sa société. Auto-proclamé justicier de l’industrie agroalimentaire, Mark va prendre son rôle tellement au sérieux que la vérité s’estompera peu à peu jusqu’à ce que son masque d’affabulateur tombe devant l’Amérique entière. Le problème de The Informant !, c’est qu’on n’y pipe pas grand chose, et que le complot industriel conté par Soderbergh n’est guère intéressant. On sauve des meubles quelques situations cocasses et une performance collective très convaincante. Pas grand chose, en somme.
En DVD et Blu-Ray le 17 février, avec des bonus que t’y crois pas.

Les portes du pénitencier

La galette la plus attendue de ce début d’année arrive enfin dans les bacs, au moment-même où le film s’apprête à faire main-basse sur toutes les compressions de la prochaine cérémonie des César. Un prophète, cinquième long-métrage de Jacques Audiard, plonge dans le quotidien carcéral d’une petite frappe qui, au contact de criminels corses, va faire le douloureux apprentissage de la vie derrière les barreaux… et de la vie tout court.

Mis en scène avec une flamboyance à laquelle nous habitue Audiard depuis plus de quinze ans, le film offre à Niels Arestrup le rôle de sa vie, et impose le jeune Tahar Rahim, touché par la grâce.
En DVD et Blu-Ray le 17 février, avec des bonus séquestrés.
Les DVD du mois de janvier, c’est par

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