L’horreur sur les rails

03/01/10 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , , ,

Ce mois-ci, on est en 2010. Grâce aux bénéfices engendrés par la revente de vos cadeaux de Noël sur ebay, vous aurez plein d’euros à dépenser. Pour acheter des DVD, par exemple.

A eux de vous faire préférer le train

Leon, jeune photographe en mal de scoop, assiste à un meurtre dans le wagon d’un train de nuit. Bien décidé à créer l’évènement lors de sa prochaine exposition, il suit le tueur à la trace et réalise bien vite que ce dernier massacre sauvagement et régulièrement les voyageurs tardifs. La traque tourne à l’obsession, jusqu’à ce que le tueur remarque la présence de Leon et le prenne à son tour en chasse.

Adapté d’une nouvelle tirée des Livres de sang de Clive Barker, Midnight meat train était attendu avec impatience par les admirateurs de l’écrivain britannique, qui nourrissaient l’espoir de le voir lui-même prendre les manettes du film (on le connaît aussi pour ses passages derrière la caméra, notamment avec Hellraiser). C’est finalement à un réalisateur japonais, Ryuhei Kitamura, que Barker confie la réalisation de ce long-métrage qui bénéficie ainsi d’un mélange de styles très réussi : le gore élégant (et sado-maso) cher au premier, l’imagerie horrifique nippone du second… tout concourt à faire de Midnight meat train un film poétique, sanglant et haletant, hanté par une fin typiquement “barkerienne” qui ancre l’ensemble du récit dans une dimension parallèle aussi inattendue que déstabilisante.
En DVD et Blu-Ray le 12 janvier, avec des bonus carnassiers.

Attention, gangsters méchants

Plutôt que de vous parler de la sortie évènement de Inglourious basterds en DVD (le 5 janvier, pour ceux que ça intéresse), Envrak s’intéresse à celle, plus confidentielle, de Reservoir dogs en Blu-Ray. Pourquoi ça ? Parce que le premier film de Quentin Tarantino est aussi son meilleur.

Shooté en 1992 et dégoupillé au festival de Cannes, le long-métrage a fait date dans l’histoire du film de gangsters. Pour ses dialogues incroyables (les voyous en costard, pendant leur pause déjeuner, se livrent à de passionnants débats sur la virginité de Madonna et les pourboires des serveuses), sa bande originale rock and roll, son huis-clos totalement maitrisé, sa paranoïa ambiante. Et pour les acteurs, Tim Roth, Harvey Keitel, Steve Buscemi, Michael Madsen, Christopher Penn… qu’on imagine mal, aujourd’hui, sans un flingue à la main et du pento dans les cheveux. Plus culte que ça, tu meurs.
En Blu-Ray le 12 janvier, avec des bonus qui ont du chien.

In the ghetto

Une métaphore de l’apartheid avec des aliens dedans ? C’est possible. Un vrai film de science-fiction filmé en Afrique du Sud ? On vous apporte ça. Du cinéma hyper intelligent et bourré d’effets spéciaux nanti d’un budget inférieur à celui d’une publicité pour Carglass ? Ça existe. Ça s’appelle District 9, c’est réalisé par un type que personne ne connaissait hormis Peter Jackson, et c’est ce dernier qui a rendu la chose possible. En dénichant Neill Blomkamp, Jackson signe le deal du siècle – on échange volontiers trois Spielberg contre un Blomkamp – et produit LE film de SF de l’année.

Des extraterrestres en panne à Johannesbourg depuis 28 ans, des humains qui les parquent dans des bidonvilles et convoitent leur armement, un réac-raciste touché par un virus mystérieux et obligé de chercher de l’aide auprès des aliens opprimés… Loin des énormes blockbusters dénués de la moindre ligne de scénario (suivez notre regard), District 9 se paye en outre le luxe d’être filmé comme un documentaire, du moins dans sa première partie – la meilleure – contribuant à réécrire les codes qui régissaient le cinéma de SF depuis au moins un siècle. On n’a pas assez de deux mains pour applaudir.
En DVD et Blu-Ray le 20 janvier, avec des bonus out of Africa.

Une comédie bien assaisonnée

C’est pas beau, la guerre. Mais on a quand-même le droit d’en rire. En 1970, les festivaliers cannois ne se sont d’ailleurs pas gênés, et ont massivement plébiscité le film de Robert Altman, MASH, qui repartira de France avec le grand prix du jury (l’équivalent de la palme d’or cette année-là).

Les raisons de ce succès qui traversera les frontières et les décennies : un scénario malin, des acteurs marrants, des dialogues mythiques et une mise en scène minimaliste, au sein d’un conflit monstrueux. En filmant la guerre du côté de l’équipe médicale de l’armée américaine, Altman donne libre court, avec une liberté insolente et bienvenue, à son antimilitarisme notoire. La folie subversive des trois protagonistes (des chirurgiens libidineux portés sur l’alcool) devient vite contagieuse. Pas étonnant que le film ait essuyé les foudres des censeurs, lesquels n’ont finalement pu empêcher sa sortie et son succès interplanétaire. Un film-phare des années 70.
En Blu-Ray le 27 janvier, avec des bonus bien mastiqués.
Les DVD du mois de décembre, c’est par .

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