Yona rising

17/07/10 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , ,

Ce mois ci, Envrak se met au régime pour rentrer dans son trikini. Quatre DVD suffiront amplement à combler les appétits cinéphiles de nos lecteurs, auxquels on a déjà causé de la décevante Alice de Tim Burton et de la peu juteuse Reine des Pommes de Valérie Donzelli (tous les deux fraîchement éclos aux rayons DVD). Alors au lieu de palabrer, on se tartine de monoï et on va bronzer sous les écrans plasma, en mangeant quelques galettes light. Celles-là, par exemple :

Yona, une petite fille pas manchote

Yona a perdu son papa. Tout ce qu’il lui reste de lui, c’est un costume de pingouin, qu’elle ne quitte jamais, pensant qu’elle arrivera à voler un jour. Un jouet magique et quelques légendes plus tard, Yona est chargée par un village dans le ciel de casser une malédiction avec plein de méchants dedans.

Yona, la légende de l’oiseau sans ailes, est le dernier bébé de Rintaro, ancien élève de Osamu Tezuka devenu une star de l’anime japonais. Malgré une atmosphère à croquer, on regrette que l’ensemble soit desservi par une utilisation hasardeuse voire cheap de l’animation 3D et une réal parfois léthargique, parce qu’il est bien mignon, ce petit film initiatique entre Chihiro et Alice au Pays des merveilles. Sucré comme de la barbe à papa, candide comme un enfant qu’on prend par la main, mais pas trop niais non plus. Le dénouement avec le papa de Yona, doux amer, nous a presque fait verser une larme. Un film parfait à voir avec ses bambinous de 3 à 8 ans, qu’un Toy Story 3 trop mélancolique et sérieux aura laissés de marbre.
En DVD depuis le 6 juillet, avec des envolées de bonus.

Esprit(s) de Noël

Les fantômes collent à Bill Murray comme le caramel aux molaires. Après Ghostbusters (SOS Fantômes, 1984), revoilà l’acteur aux prises avec des ectoplasmes dans le très ridiculement nommé Fantômes en fête (Scrooged), shooté voilà 22 ans par Richard Donner. Curieusement, c’est en plein été que s’opère sa ressortie en DVD, alors que les personnages du film semblent tout droit sortis d’une boule à neige.

Bill Murray et l’un des esprits de Noël de Fantômes en fête.

Le conte de Noël de Charles Dickens se frappe ici une énième relecture, Richard Donner confrontant un patron de chaîne arriviste aux trois esprits – une fée délurée, un chauffeur de taxi destroy et une faucheuse de 3 mètres – qui se chargeront de le mettre sur la voie de l’humanité. C’est mielleux, dégoulinant de bons sentiments, moralisateur, mais les fantômes sont poilants, les dialogues itou, les effets spéciaux “à l’ancienne”, et Bill Murray sait mieux que personne gesticuler entre deux rictus sarcastiques. Avec en prime, de sympathiques caméos de Robert Mitchum et Lee Majors. Un objet furieusement eighties qui relève du plaisir coupable, mais du plaisir quand même.
En DVD depuis le 6 juillet, avec des bonus spectraux.

Valhalla rising : Aguirre reloaded

On n’arrivera jamais à comprendre pourquoi des distributeurs – par ailleurs couillus – tentent toujours de vendre certains films pour ce qu’ils ne sont pas. Ceux qui sont allés voir Valhalla Rising – Le guerrier silencieux de Nicolas Winding Refn en pensant voir un Gladiator chez les Vikings sont restés sur leur faim (et il y en a eu beaucoup).

La bande annonce est mensongère, mais on vous la montre quand même

Slave (esclave) et Warrior (guerrier), qu’ils disaient dans la bande annonce, à grands renforts d’images choc. Soit, il y a bien un peu de gore dans Valhalla Rising. Et après ? “One Eye” (c’est son nom) parvient rapidement à s’échapper de ses maîtres et prend la route avec un gamin qui semble traduire ses pensées, puisque lui ne dit pas un mot. Écrasé par le poids du monde, ou jouet d’une puissance divine, on ne sait. Sur leur chemin, un groupe de chrétiens en route vers Jérusalem. One Eye ne dit pas non. Ne dit pas oui non plus, aha. Mais lui et le môme se joignent à eux. Une fable noire sur un morceau de Mal à l’état brut lâché dans une nature primitive (magnifiquement filmée en Scope) à un instant T de la civilisation (développement du christianisme, découverte de l’Amérique) qui se laisse contempler, beaucoup, comme un Kubrick ou un Tarkovski, avec un soupçon de Werner Herzog époque Aguirre. Bourré d’ambition, bancal et limite prétentieux, visuellement et musicalement splendide (quelle bande originale ! Malheureusement rien de commercialisé), du cinéma avec plein de symboles pour ceux qui ont le temps de faire marcher leurs neurones et leurs notions de mythes et de psychologie. Pas Gladiator chez les Vikings, donc.
En DVD et Blu-Ray le 27 juillet, avec des bonus contemplo-introspectifs

Le nunchaku pour les nuls

C’est la télé qui le dit : la France est un pays dangereux, peuplé de sauvageons à capuches qui mangent nos enfants. Pour se défendre, rien de mieux qu’on bon nunchaku, une arme moins aisée à manipuler qu’un chapelet de saucisses (tous deux accusent une ressemblance certaine). Heureusement que Karaté Bushido, éditeur spécialisé dans le coup de tatane, a recruté le champion du monde Marc Chaland (sûrement un Japonais) pour apprendre au néophyte l’art d’utiliser cette arme méconnue dans un DVD intitulé J’apprends le nunchaku.

Bruce Lee dans ses oeuvres avec son ami le nunchaku.

Une petite méthode efficace, démonstrations à l’appui, qui ne servira finalement à rien puisque qu’en France, le port du nunchaku sur la voie publique est interdit. Vous pourrez toujours vous consoler en pratiquant le nunchaku sans nunchaku, ce qui aura le mérite de faire de vous un champion de la tektonik.
En DVD depuis le 7 juillet, avec des bonus qui frappent.
Les DVD du mois de juin, c’est par .

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