Haneke dans la boîte

02/03/10 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , ,

Des zombies dans un grand 8, une dinde dans une grotte, Cameron Diaz en plein cauchemar et une palme d’or chez les teutons.
Ce mois-ci, 2012 de Roland Emmerich sort en DVD, et par respect pour les spectateurs de bon goût, Envrak n’en parlera pas. Non. A la place, on s’attardera davantage – car on a un sens de l’humour sans limite – sur le nouvel argument marketing hyper révolutionnaire de la Warner, qui ressort une énorme partie de son catalogue de galettes dans des éditions dites “environmental” : soit un packaging 100% écolo, avec boîtier en carton recyclé et encre végétale. Qu’on se rassure : le polycarbonate et l’aluminium restent les principaux composants du DVD. On a failli tomber dans le panneau, dites donc.

Horriblement drôle

Que le spectateur non averti ne se laisse pas rebuter par le titre français opportuniste (le succès des Ch’tis n’y est pas étranger), ni par un postulat ressassé tant de fois dans le circuit bis qu’on croyait avoir tout vu. Loin de là. Bienvenue à Zombieland est l’une des meilleures surprises de ces derniers mois. A l’instar d’Edgar Wright (Shaun of the dead), ou de Gregg Bishop (Dance of the dead) le réalisateur Ruben Fleischer mise jusqu’au dernier centime du faible budget alloué à son film, sur le potentiel comique des déterrés. Et ça marche.


Bienvenue à Zombieland

Là encore, une poignée de vivants – un redneck carituré jusqu’au stetson, un geek puceau, une bimbo bagarreuse et une ado caractérielle – affronte une armada de zombies dans une Amérique décimée par on ne sait pas trop quoi… Rien de très original, en somme, si ce n’est le choix scénaristique très malin de faire de ce faux film de zombies un vrai “buddy-movie”. Sans oublier le cadre choisi pour mettre en scène le carnage final : une fête foraine infestée de morts-vivants. Les dialogues hilarants, les règles de survie inventées par le protagoniste (la meilleure trouvaille du film), la prestation complètement allumée de Woody Harrelson et le tordant caméo de Bill Murray suffisent à assurer le spectacle. Malgré quelques faiblesses dans la réalisation (le canardage final de Harrelson souffre d’un découpage trop approximatif), ce Zombieland, qui réserve au passage quelques belles séquences d’étripage, s’impose comme l’une des meilleures comédies de l’année.
En DVD et Blu-Ray le 25 mars, avec des bonus sortis de leurs tombes.

Les claustrophobes vont adorer

Toujours au rayon “rouge qui tache”, on retrouve ce mois-ci l’héroïne de The descent, le survival phénomène de Neil Marshall, dans une suite beaucoup moins phénoménale.

Faites de la spéléo, et rencontrez des gens intéressants.

Les spectateurs européens qui ont vu mourir Sarah à la fin du premier opus n’en reviendront sûrement pas, mais revoilà la blondinette, fraîche comme un gardon (ou presque) après son affrontement musclé avec les crawlers. Une énorme faute de goût que l’on doit à nos amis yankees, lesquels avaient tout simplement exigé une fin différente pour le premier The descent. Outre-Atlantique, Sarah parvenait donc à s’échapper saine et sauve de la grotte (dans la fin européenne, cette extraction in extremis n’était qu’une hallucination pré-mortem). The descent 2 suit la trame de cette version un peu bâtarde, faisant replonger la pauvre Sarah dans les galeries hostiles qui ont vu périr ses camarades d’infortune. Calibré pour faire fructifier les bénéfs engrangés par le succès surprise de son prédécesseur, ce film-là ne s’impose aucune contrainte qualitative, à l’image des calamiteux Blair witch bis et autres Hellraiser 18.
En DVD et Blu-Ray le 17 mars, avec des galeries de bonus.

Dans la boîte

On garde un souvenir ému de Donnie Darko (2001), bizarrerie filmique orchestrée par Richard Kelly, cinéaste alors âgé de 25 ans. Avec Southland tales, quatre ans plus tard, Kelly se montrait à nouveau obnubilé par la fin du monde. C’est encore le cas avec The box, dans lequel un couple reçoit une mystérieuse boîte noire surmontée d’un bouton poussoir. S’ils appuient sur le bouton, une personne qu’ils ne connaissent pas mourra mais ils recevront un million de dollars. S’ils n’appuient pas, la proposition sera faite à une autre personne.


The Box : Bande-Annonce (VOSTFR/HD)

Richard Kelly est indéniablement un créateur d’ambiance. Celle distillée dans Donnie Darko, aux antipodes des boursouflures esthétiques de Southland tales, inspire manifestement The box. Soigneusement ancré – y compris formellement – dans les années 70, ce dernier perd souvent le spectateur dans une intrigue alambiquée convoquant le Kubrick de 2001 et le Lynch de Lost Highway. Des citations prestigieuses qui ne masquent pas, en dépit d’une mise en scène magnifique, une certaine misogynie : la femme est responsable de tous les maux de l’humanité et provoquera la fin du monde comme elle a corrompu Adam dans le jardin d’Eden. Limite, comme argument final. D’autant que la prestation de Cameron Diaz ne tient pas la distance.
En DVD et Blu-Ray le 4 mars, avec des bonus apocalyptiques.

Ruban blanc et tapis rouge

Froid, rigoureux et sans concession, le cinéma de l’Autrichien Michael Haneke laisse souvent l’émotionnel sur le carreau, au profit du cérébral. Une règle toujours de mise avec Le ruban blanc, bordé de superlatifs par une critique unanime et consacré par une palme cannoise l’année dernière. Réflexion brillante sur les racines du mal (le récit se situe à la veille de la guerre de 14-18) , Le ruban blanc raconte l’histoire avant l’Histoire, celle de quelques enfants dont l’innocence détruite par une éducation réactionnaire a laissé place à une impensable cruauté.


LE RUBAN BLANC – BANDE-ANNONCE

Artisan de la manipulation par l’image, Haneke instaure une atmosphère inquiétante et pesante, soulignant ainsi le puritanisme dont font preuve ses personnages (adultes). Éblouissant de bout en bout, Le ruban blanc exige du spectateur qu’il reste à distance : une façon implacable de faire réfléchir sur les violences des rapports humains et sur celles provoquées par le poids de la religion. Âpre, mais essentiel.
En DVD et Blu-Ray le 3 mars, avec des bonus enfantins.

Achtung, inspecteur

On aurait pu clôturer cette rubrique DVD par un hommage à Michael Jackson, dont la mort n’en finit plus de faire fructifier le capital de sa maison de disque. La toute dernière pompe à fric jacksonienne est aussi la plus bandante : This is it, bientôt disponible dans les bacs, ne saurait pour autant éclipser l’étonnant coffret concocté par Opening et rendant hommage à un autre grand, très grand monsieur du 20ème siècle, décédé dans une indifférence cruelle : Horst Tapper (aka Derrick). L’éditeur fou nous fait le plaisir de ressortir au format galette les meilleures enquêtes de l’inspecteur – agrémentées d’un livret de 16 pages, s’il vous plaît.

Et en plus, il est sexy

Le flic teuton aussi vif qu’une palourde méritait bien son petit hommage entre deux tasses de verveine. Envrak tenait donc à signaler l’évènement, avant de filer à la FNAC se procurer le DVD de This is it. Car la connerie a ses limites, tout de même…
En DVD le 2 mars, avec des bonus soporifiques.
Les DVD du mois de février, c’est par

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