Les DVD : achetez-les par lots

02/10/09 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , , ,

Ce mois-ci, on nous refait le coup des coffrets. Normal : c’est bientôt Noël. Entre quelques packs vraiment bâtards (Easy Rider et Taxi driver combinés avec Midnight express – on voit pas le rapport), des combos de l’horreur (beaucoup de déchets là dedans, avec des spéciales “films de reptiles” et autres “monstres carnivores de l’espace”) des lots pour enfants (l’âne Trotro contre le boîtier coffre à jouets de Oui-Oui), des séries télé (on vous épargnera la liste), des boîtiers rivalisant d’inutilité (le coffret Paris Hilton VS le coffret Julia Roberts), et même des émissions pourries (la méthode Cauet dvdisée, vous en rêviez ?), Envrak a sorti du lot quelques joyeusetés. Du conseil, du déconseil, c’est par là que ça se passe :

Eli Roth : pourquoi est-il aussi méchant ?

Voilà les deux preuves réunies dans une même boîte que le cinéaste Eli Roth est aussi surestimé que pompeux. Les deux volets de Hostel, s’ils ont assuré à leur auteur le statut de nouvelle star de l’horreur, ne révolutionnent pas le genre pour autant. Scalpés, égorgés, écorchés… les personnages de Hostel, torturés par des quidams en mal de sensations fortes, saignent beaucoup, crient très fort, nous cassent un peu les pieds et servent de prétexte à une pseudo dénonciation à deux balles : celle de… bah finalement on sait pas trop. Et après avoir entendu Roth défendre la peine de mort dans les commentaires audio de Hostel 2, on ne peut définitivement plus regarder sans gêne ces pauvres buses attachées à leur chaise et attendant la mort comme le spectateur attend la fin du film. Alors on se rabat sur les torture flicks, les vrais, les beaux, les intelligents et les faussement sadiques, ceux que nous servent Pascal Laugier (Martyrs), James Wan (Saw, le premier, le seul) et dans une certaine mesure Mickael Haneke (Funny Games). Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Hostel : un engouement pas très justifié…

La frustration Argento

On reste dans l’horreur, mais cette fois-ci avec le maestro italien Dario Argento. Le réalisateur a lui aussi les honneurs d’un coffret ce mois-ci, mais on se demande quelle mouche a bien pu piquer TF1 vidéo, qui regroupe ici deux de ses plus mauvais films – Le fantôme de l’opéra, desservi par un scénario bâclé et des acteurs à côté de la plaque, et The card player, espèce de sombre navet filmé à l’aveugle où un tueur fou met au défi les policiers locaux de le battre au poker sur Internet. N’importe quoi – ainsi qu’un troisième long métrage pour lequel Argento n’est crédité que comme producteur : Le masque de cire, d’un certain Sergio Stivaletti, passé tellement inaperçu qu’on ne sait même pas de quoi ça parle… Envrak vous conseille donc tout net d’aller faire un tour du côté de Wild Side, dont le catalogue argentesque est nettement plus réjouissant (on y trouve notamment les chefs-d’œuvre Suspiria et Les Frissons de l’angoisse). Au risque de radoter : vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Asia Argento dans Le Fantôme de l’Opéra : peut mieux faire.

Ressortez les jambières

Avant de mourir, Patrick Swayze était vivant. La preuve dans Dirty dancing, le film qui fit de lui, en 1987, le fantasme de toutes les lycéennes de la planète. Hasard du calendrier ou pur opportunisme ? le film ressort donc en DVD, dans une édition un peu étrange où il cohabite avec une seconde galette intitulée très très sobrement Dirty dancing official dance workout : apprenez à danser comme Johnny et Baby. Ou comment en 73 minutes, vous serez capables de porter une danseuse horizontale à bout de bras, de vous déhancher sur des escaliers en short moulant et de courir après votre destin comme un cheval sauvage. Si c’est pas la classe, ça…

C’est tellement plus joli, vu de dessous…

Dupontel : le trash comme genre à part entière

Albert Dupontel n’est pas qu’un acteur surdoué. Il est aussi le cinéaste français le plus barré du moment, et c’est avec des tremolos dans les doigts qu’Envrak vous annonce qu’un coffret lui est enfin consacré. Alors que son quatrième film, Le vilain, s’apprête à sortir sur grand écran, les trois autres longs-métrages frappadingues de l’ancien comique méritent tous de trôner en bonne place sur vos étagères. D’autant que Studio Canal a eu la main lourde sur les bonus. Du trash à l’état pur de Bernie, “29 ans, bientôt 32”), à la fable sociale déjantée (Enfermés dehors) en passant par le cauchemardesque créateur (un Barton Fink à la française, mais au voltage bien plus carabiné…) le cinéma de Dupontel ne ressemble à aucun autre : cinglé, absurde, engagé, démesuré, sans tabous. Envrak valide.

L’orphelin barge Bernie Noël, l’ami des hyènes.

Quatre guerres, sinon rien

Studio Canal a eu la patience d’attendre la sortie DVD du dernier opus de Rambo pour concocter le coffret renfermant les quatre épisodes de la franchise. Tant mieux : caché derrière un packaging très sobre – une énorme boite en métal sur laquelle s’étalent les cinq lettres du titre – le déluge de bonus qui attend le fan en transe justifie à lui seul l’acquisition de ce pack. D’autant que ce dernier ne coûte que 35 euros… On retrouve donc avec plaisir le personnage créé par Sylvester Stallone et qui a permis aux vétérans du Vietnam de ne plus avoir à mourir de honte dans leur propre pays (il était facile jusqu’alors de reprocher aux seuls soldats américains la défaite essuyée là-bas). Malgré les petites faiblesses du deuxième opus (Rambo se transforme en machine de guerre et désamorce ainsi totalement le propos du premier film) et la médiocrité affligeante du troisième (Rambo essaie de faire de l’humour en Afghanistan et devient ridicule), on est rassuré de voir Stallone redonner vie avec intelligence (mais avec une violence parfois extrême) à son personnage dans un quatrième épisode spectaculaire. D’ores et déjà un objet de collection pour tout cinéphile belliqueux qui se respecte.

Rambo 4 : encore moins content que d’habitude.

L’acteur monoexpressif a encore frappé

Against the Dark, Attack Force, Jeu fatal, Urban Justice, Hors de portée, Mission Alcatraz, L’Affaire Van Haken, Into the Sun, L’Affaire CIA, Black Dawn : dernier recours, Vol d’enfer, ça vous évoque quelque chose ? 11 DVD. 50 euros. Plus de 20 cm de largeur. C’est nul, c’est cher, ça encombre les étagères. A vrai dire, la sortie du coffret Steven Seagal, on sait même pas pourquoi on en parle…

Steven Seagal s’amuse à imiter les tableaux derrière lui.

We want information

Édité pour la troisième fois depuis 2000, toujours par TF1 vidéo, Le Prisonnier fait sa ressortie 9 mois après la mort de son charismatique interprète et co-créateur, Patrick McGoohan. Véritable objet de culte pour des légions de fans dans le monde entier, la série, condamnée à être retirée des écrans à la fin des années 60 après seulement 18 épisodes, n’en finit plus aujourd’hui de donner lieu à des débats interminables sur sa signification. Avec l’histoire de cet agent secret prisonnier d’un village dont tous les habitants portent des numéros et régi par un dirigeant invisible nommé numéro 1, McGoohan a signé l’un des objets télévisuels non identifiés les plus marquants de tous les temps. Avec en toile de fond, un goût prononcé pour l’anarchie et le rejet de l’ordre établi. A l’époque où l’Angleterre ne jurait que par Chapeau melon et bottes de cuir, relever un tel pari était tout simplement énorme. On lève le poing et on se refait tous les épisodes, bonus compris, même si on reste circonspect quant à la légitimité d’une ressortie uniquement justifiée par une “nouvelle piste 5.1”.

Patrick McGoohan dans la peau de numéro 6, le rôle de sa vie.

Les DVD du mois d’août, c’est par

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