Envrak au PIFFF : Doomsday Book / In the Shadow of the Tall Man

27/11/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , ,

Jour 7 : Jeudi 22 novembre

On va interviewer le directeur artistique du festival, Fausto Fasulo, également rédacteur en chef de notre magazine de chevet, Mad Movies (on le lit depuis qu’on mesure 1m12). On a 1000 questions géniales à lui poser, mais… pas assez de temps pour le faire entre les deux projections de la soirée. On devra se contenter d’une dizaine de minutes d’entretien, et c’est très TRÈS frustrant. On se dit qu’on est clairement passé à côté d’une discussion passionnante, d’autant que les langues se délient quand la caméra s’éteint. Autre drame de la soirée : Jean-Philippe quitte Paris pour faire sa lessive en Provence,  mais laisse son matériel sur place. Mode d’emploi : “t’appuies deux fois là pour lancer l’enregistrement sonore, t’appuies une fois ici pour filmer. Si c’est flou tu tournes ce truc, et surtout, fais plein d’images. FAIS-EN PLEIN !!” Demain pour interviewer Xavier Gens, Pascal Laugier et Louis Thévenon, on sera seule au monde, avec l’angoisse de la première fois, et une inaptitude technique notoire. Ca promet…

Doomsday Book, de Kim Jee Woon et Yim Pil-Sung

La science-fiction prend ses quartiers au PIFFF, avec un film à sketchs coréen proposant trois variations sur le thème de la fin du monde, par le réalisateur de J’ai Rencontré le Diable et celui de Hansel et Gretel (Kim Jee Woon et Yim Pil-Sung).


Doomsday Book – Trailer par pifff
Aucun rapport avec l’œuvre homonyme d’Aldous Huxley – ou alors c’est qu’on a vraiment rien compris : Brave New World, segment liminaire de Doomsday Book, revisite le mythe du pêché originel version zombie, avec – ce qui n’est pas pour nous déplaire – une charge assez gore contre le régime carnivore (manger de la viande, c’est mal, depuis le temps qu’on vous le dit). L’ensemble est savoureusement dégueu, absurde et caustique.

Aucun rapport avec l’œuvre homonyme de Peter Jackson – ou alors c’est qu’on a dormi devant le film : Heavenly Creature (seul sketch réalisé par Kim Jee Woon) semble se poser la même question que l’astronaute de 2001, l’Odyssée de l’Espace, de Stanley Kubrick : faut-il mettre à mort un robot capable de penser par lui-même ? Une machine a t-elle le droit d’avoir une âme ? Peut-elle, à l’instar de l’Homme, devenir le socle de la réincarnation divine ? Apparemment oui. Kim Jee Woon argumente de façon passionnante et poignante à la fois. C’est lent, c’est chiant, c’est beau.

Aucun rapport avec l’œuvre homonyme de Stevie Wonder – mais vraiment aucun : Happy Birthday clôt le tryptique SF de la soirée avec un humour imparable. Une fillette commande sur Internet une boule de billard, qui arrive devant sa porte sous la forme d’une météorite menaçant de détruire la Terre. Les flashs info et séquences de télé-achat ponctuant le récit apportent leur lot de situations à mourir de rire. L’absurde n’est pas gratuit : pas de secret ici, Yim Pil Sun se moque ouvertement des survivalistes pensant échapper à l’apocalypse grâce à des abris sous-terrains et des boites de conserve. Caustique comme on aime, en somme.

In The Shadow of The Tall Man, de Louis Thévenon

Quelle excellente idée de la part des programmateurs du PIFFF, de proposer dans la sélection le making-of d’un film. Celui de The Secret, de Pascal Laugier – membre du jury cette année – réalisé par Louis Thévenon. Car loin des featurettes commerciales honteusement étiquetées “making of” dans les bonus DVD, In the Shadow of the Tall Man est un film à part entière. Un documentaire passionnant sur la naissance d’une œuvre, nourri d’entretiens avec Pascal Laugier et ses acteurs, et d’instants d’intimité discrètement dérobés par Louis Thévenon sur un tournage où les répétitions de cascades et autres scènes de combat n’ont pas le monopole de la mise en lumière. Voir le personnage de The Secret se construire au fil de discussions entre Pascal Laugier et Jessica Biel, assister à une dispute entre le réalisateur et un l’un de ses acteurs, au “limogeage” d’un enfant comédien trop mauvais pour continuer l’aventure… Voilà ce qui rend In the Shadow… si précieux. Ne cédant pas au formatage et à l’orthodoxie, le making of de Thévenon offre un regard sincère sur une œuvre en chantier et sur les difficultés techniques, mais aussi humaines, qui peuvent contrarier tout processus créatif. Avec en prime, un “merding of” hilarant où Thévenon s’autorise – enfin ! – un peu de mise en scène.

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1 commentaire

    Quentin  | 26/11/14 à 19 h 25 min

  • La scène de l’engueulade dans le making off est incroyable !

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