Envrak au PIFFF : Here Comes / ABCs / Stitches

20/11/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , ,

Jour 2 : samedi 17 novembre

On attend toujours notre cadreur, Jean-Philippe, qui faisait son linge la veille au lieu de découvrir le Coscarelli, et qui est en pleine phase séchage au moment où Jean-Pierre Putters dédicace son livre au Dernier Bar avant la Fin du Monde. Pas d’images de l’événement, donc, mais l’acquisition fissa de Mad Movies, Mad ma vie, pavé généreusement illustré dans lequel JPP revient sur son parcours personnel (sa vie chez sa grand-mère, son appréhension de l’école, son service militaire, sa cinéphilie naissante dans des cinémas de quartier…) et professionnel (la pâtisserie, Mad Movies – il consacre d’ailleurs quelques lignes et pas mal d’anecdotes à chaque numéro auquel il a participé…) Avec également, des espaces d’expression laissés ça et là à ses amis / collaborateurs / frères de macarons. On n’a pas eu le temps de le lire (vous imaginez bien) mais après avoir dévoré Ça l’affiche mal, son précédent livre, on est impatient de se lancer dans la lecture de celui-là.

Here Comes the Devil, d’Adrián García Bogliano

L’après-midi, la compétition commence au Gaumont Opéra avec Here Comes the Devil, d’Adrián García Bogliano, sorte de Simetière hispanique, où les “gordos zapatos” (on est à peu près sûrs que “gros sabots”, ça se dit comme ça en espagnol) sont de rigueur pour évoquer la crise du couple, l’inceste, la possession, tout ça tout ça. Dans Here Comes…, il y a un “avant” et un “après” ce moment charnière où les enfants de Sol et Felix (le couple en crise, donc) se perdent là-haut dans la montagne in-accueillante où les autochtones ne mettent jamais les pieds. “Avant”, le film marche sur les traces de Jodorowski (El Topo), propose une approche charnelle assez violente de ses personnages, pose une ambiance malsaine qui fait mordre la poussière au Dust Devil de Richard Stanley (qu’on aime tant). Mais “après”, tout fout le camp. Et quand le réalisme et la moiteur ambiante laissent place à une “banale” histoire de possession à laquelle zooms seventies, synthé criard et symbolisme lourdingue (l’entrée triangulaire de la grotte maudite, la poitrine de la femme comme socle satanique) ne s’adaptent plus, le film nous perd définitivement. Dommage pour la première demi-heure, absolument démentielle.

ABCs of Death, de Forzani, Cattet, Bettis, Gens…

En début de soirée, on révise son alphabet avec Jean-Philippe, qui fait enfin son arrivée au PIFFF avec des vêtements propres, mais sans caméra. Pas grave : la production de ABCs of death (et pas l’organisation du PIFFF, on a bien envie d’insister là dessus) a de toute façon, ordonné la confiscation du moindre appareil capable de photographier ou de filmer quoi que ce soit dans la salle. “Mon appareil est chinois et il fait des photos pourries” proteste Jean-Philippe. Son portable des années 20 finira dans une enveloppe, comme tous les autres. Voilà une façon peu cavalière (euphémisme pour “putain de scandaleux”) d’accueillir le festivalier pourtant ému à l’idée de découvrir enfin LE film de cette seconde journée. The ABCs of death, projet un peu fou pour lequel vingt-six réalisateurs du monde entier illustrent sur un mode horrifique chaque lettre de l’alphabet dans de très courts métrages de 1 à 4 minutes (on n’a pas chronométré mais approximativement, c’est ça). L’ensemble, comme prévu, est inégal : on y trouve du scato, du graveleux, du maladroit, mais aussi du très très classe (le segment de Cattet et Forzani, O for Orgasm, ne nous quitte plus), beaucoup d’humour (merci les Anglais), de l’animation et surtout, du gore. Gros coup de cœur. Même si à la fin de la séance, on se trouve bien démuni pour twitter notre enthousiasme à la face du monde.

Stitches, de Conor McMahon

Stitches, de l’Irlandais Conor McMahon, prend le relais (en compétition). Dés les premières images, on a l’impression de regarder un épisode de Psychoville, série britannique dont l’un des personnages principaux ressemble étrangement au clown du film. On y retrouve d’ailleurs une scène de rituel funéraire quasi similaire à celle où dans Psychoville, des clowns endeuillés emmenaient l’un des leurs jusqu’à la tombe. Pomper à ce point, fallait oser. Et sitôt passées les premières minutes du film, et la mise à mort de l’auguste par une bande de morveux, McMahon – qu’on devine agité de la zappette – pille à nouveau une série télé : les Masters of Horror, dont le segment (pas génial) We all Scream for Icecream, de Tom Holland, inspire visiblement toute la trame narrative de Stitches : le clown déterré qui se venge, quelques années plus tard, des enfants responsables de sa mort. On croit rêver. Mais l’agacement est de courte durée. Car sitôt Stitches sorti de son trou – par les pieds – le film démarre enfin (on aura quand même attendu une bonne demi-heure). Et le massacre également. Complètement irrévérencieux, salement gore, à mourir de rire (les mises à mort rivalisent d’inventivité), réfractaire aux effets numériques sauf en cas d’absolue nécessité, Stitches est une vraie bonne comédie, à laquelle on pardonne donc volontiers ses emprunts insolents. Le soir, on rate Trailer War et V/H/S, pour des raisons complètement dépendantes de notre volonté. Mais comme on avait très envie de les voir, on trouvera un moyen.

Plus d’informations sur le PIFFF : http://www.pifff.fr/

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