Envrak au PIFFF : Horror Stories / Silent Hill : Revelation 3D

30/11/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , ,

(Les infirmières de Silent Hill : Revelation. Photo : Frédéric Ambroisine)

Jour 10 : Dimanche 25 novembre

Demain, dur retour à la réalité de la PQR (presse quotidienne régionale – notre boulot dans la vraie vie). Le PIFFF, c’est fini. Plus que quelques heures de festival avant la cérémonie de clôture, la remise des prix et la projection d’un film dont on est prête à parier qu’il sera très mauvais (Silent Hill : Revelation 3D). Ce dernier jour est aussi l’occasion de faire un bilan pondéral sans appel : couvrir le PIFFF fait maigrir. Depuis quelque temps, réussir à se lever des strapontins sans y laisser son jean relève de l’épreuve de force. Dés notre arrivée à Paris, on a oublié de se nourrir. On a même oublié d’avoir faim. Mais on a ingéré de fortes doses de vitamine C, histoire de rester en vie. “C’est à cause de l’excitation, ça“, lance l’une des pifffettes à qui on fait part du phénomène. Sans doute. Pour venir au PIFFF, on a posé tous nos jours de récup, on a pris nos billets de TGV plusieurs mois à l’avance, on a même cédé à un achat auquel on était jusqu’alors profondément réfractaire – un smartphone, pour pouvoir twitter. Alors que se tourne sur Envrak la dernière page du journal du festival, autant arrêter de se cacher derrière l’indéfini, et endosser enfin la première personne : j’ai kiffé le PIFFF.

Horror Stories, de Hong Ji-young, Im Dae-woong etc


Horror Stories – Trailer par pifff

Encore une anthologie coréenne au PIFFF 2012 après Doomsday Book, avec un film qui porte bien son titre : Horror Stories raconte le calvaire d’une jeune femme qui pour se tirer des griffes du serial killer la retenant prisonnière, doit lui raconter les histoires les plus terrifiantes possibles. Quatre au total, brassant les peurs les plus classiques – le fantôme revanchard, le psychopathe, le cannibale, l’infecté affamé – dans des segments inégaux, comme souvent avec ce type d’exercice. On assume notre plaisir coupable devant le premier récit, Sun and Moon. Pas le plus original, mais proposant un mélange terriblement efficace de “home invasion movie” et de yurei-ega (film de fantôme japonais) avec deux enfants très convaincants et dont la peur à l’écran est communicative.

Slasher mou dans lequel un tueur décime l’équipage d’un avion, Fear the Plane ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. Tout comme Ambulance, énième “film de contagion” dont la seule extravagance consiste en son unité de lieu : une ambulance, donc, dont l’exiguïté force la claustrophobie, à défaut d’effrayer un public beaucoup trop rompu à l’exercice. On a beaucoup aimé en revanche, le segment-dont-on-ne-retrouve-pas-le-titre, relecture du Barbe Bleue de Perrault. Deux sœurs, un homme, une rivalité amoureuse qui se termine dans un bain d’hémoglobine et un plat cuisiné avec amour. Le tout au service d’un conte à la moralité toute simple : le culte de l’apparence, ça peut vite te bouffer.

Resident Evil : Revelation 3D, de Michael J. Bassett


Silent Hill Revelation – Trailer par pifff

Comme prévu, le film de clôture est tout moisi. Le PIFFF a pourtant fait les choses bien, à l’occasion de cette avant-première pour laquelle l’afflux de spectateurs est difficile à canaliser : de l’entrée du cinéma jusque dans la salle, d’inquiétantes infirmières sans visage et armées de grands couteaux attirent les regards (et les flashs). Le réalisateur Michael J. Bassett est là, son producteur, Samuel Hadida, aussi. Le PIFFF se glamourise (heureusement, on a transformé un t-shirt trop grand en robe de soirée, pour faire illusion). Mais rien à faire : rendu risible par des dialogues affligeants, des acteurs peu concernés, une 3D inutile, Silent Hill : Revelation est un film lamentable, qui n’a rien à défendre, pas même le moindre argument commercial. On n’avait pas aimé le premier opus, réalisé par Christophe Gans. Mais à côté de ce gros pâté, Silent Hill 1, c’est Citizen Kane.

Le Palmarès

On s’y attendait bien sagement : Citadel,  de Ciaran Foy, obtient les faveurs du public. Il était aussi l’un de nos préférés, malgré notre profonde gêne face au choix du réalisateur de donner corps aux peurs du héros sous forme d’adolescents de banlieue. Plus inattendu : le choix du jury – composé de Pascal Laugier, Nicolas Boukhrief, Xavier Gens, Julien Carbon et Laurent Courtiaud – se porte sur El Cuerpo de Oriol Paulo, avec une mention spéciale pour The Cleaner, d’Adrian Saba. On aurait préféré le contraire. En off, Pascal Laugier admet que le jury n’a pas voulu porter préjudice au PIFFF en récompensant le film le plus intimiste et le moins fantastique de la sélection. Le très réussi et consensuel El Cuerpo l’emporte donc “à l’unanimité et après deux minutes de débat” précisent les membres du jury. Le jury Ciné + Frisson lui accorde également son vote.

Côté courts français, la razzia annoncée a bien lieu : le génial Nostalgic Z râfle tout. Prix du public, prix du jury (Anaïs Bertrand, Eddy Brière, Rodolphe Chabrier et Abel Ferry le composent) et prix Ciné + Frisson. Food Elle se voit offrir une mention spéciale du jury pour son audace expérimentale. Dans la sélection “courts métrages internationaux”, Record/Play, de Jesse Atlas (Grande-Bretagne) et Exit, de Daniel Zimbler (Angleterre) remportent respectivement les prix du public et du jury.

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