Envrak au PIFFF : John Dies de Coscarelli

19/11/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , ,

La veille de l’ouverture du festival, on cherchait encore une idée de titre pour le dossier PIFFF (Paris International Fantastic Film Festival), pensant à tort qu’il serait facile de trouver un jeu de mot très sympathique à partir d’un tel acronyme. Dès le premier soir, on a piqué du pif sur notre clavier. Non seulement le titre ne venait pas, mais le texte, encore moins.
Difficile de tenir à la fois le rythme des projections et celui de l’écriture, quand on a décidé d’assister à toutes les séances – y compris celles qui nous font rentrer tard. Heureusement, à la faveur d’une matinée de relâche, et toujours sans titre pour notre dossier, on trouve enfin l’occasion de faire un premier bilan.

Jour 1 : vendredi 16 novembre

On avait raté la première édition du PIFFF, et aujourd’hui encore, on ne sait pas pourquoi. Deux mois plus tard, on était à Gérardmer, on avait froid, et on matait des films assez pourris dans l’ensemble. Une occasion de plus de regretter notre manque de clairvoyance et notre absence à Paris où le festival du film fantastique premier du nom avait suscité pas mal de retours élogieux dans notre entourage.
Cette année, on n’a pas attendu que la programmation tombe pour prévoir l’aller-retour (six mois à l’avance). Verdict : on est content. Parce que : Argento, Barker, Cattet et Forzani. Entre autres. Et Don Coscarelli, donc, qui s’offre une ouverture au PIFFF avec John Dies at the End, que vous ne verrez probablement pas. Le film n’ayant pas encore trouvé de distributeur en France, il y a fort à parier qu’il atterrira directement dans les rayons DVD d’ici quelques mois. C’est dire si sa présentation vendredi soir au Gaumont Opéra tenait du petit événement pour les initiés.

John dies at the end de Don Coscarelli

Voilà dix ans que Don Coscarelli, auteur de l’immense classique Phantasm (1979) n’avait pas réalisé de long-métrage. Après Bubba Ho Tep en 2002 et la très belle (et perturbante) parenthèse de l’anthologie Masters of Horror en 2006 – on lui doit le segment Incident on and Off a Mountain Road – Coscarelli a donc pris son temps. Et il lui en a fallu, pour écrire l’incroyable scénario de John Dies at the End : David et Johathan (qu’on appellera Dave et John pour éviter tout amalgame), deux losers paresseux et portés sur l’illicite, combattent des démons dans des mondes parallèles, où ils se rendent grâce à l’ingestion d’une drogue appelée “sauce soja”. Avec eux, un chien fou du volant, sa maîtresse mono-main, un policier pyromane, un Jamaïcain en lévitation, tous confrontés à un complot ourdi par des limaces venues de l’espace.

Le projet, déjà fou sur le papier (John Dies… est un feuilleton littéraire de Dave Wong avant d’être un film), est à l’image, assez déstabilisant. Car réussir le transfert de l’écrit à l’écran en à peine plus de 90 minutes implique un certain nombre de compromis gênants : les seconds rôles sont sous-exploités (en particulier celui de Clancy Brown, dont le film aurait même pu se passer), le combat final expédié, l’intrigue parfois noyée dans un trop plein d’effets visuels par ailleurs surprenants – les prises de drogue s’accompagnant invariablement de délires visuels très bien sentis (le héros se sert d’un hot-dog comme d’un téléphone, la “sauce soja” prend vie sous forme d’insectes volants métalliques, un monstre de viande prend vie dans un congélateur…) Alter-réalités et sauts dans le temps ajoutent encore à l’improbabilité ambiante, le tout à un rythme effréné, et à grand renfort de gags qui font mouche (stricto sensu).

Il manque à John Dies… l’atmoshère cauchemardesque de Phantasm, la magie de Bubba Ho Tep, la poésie des deux, pour être un grand Coscarelli. Un constat d’autant plus frustrant que certaines scènes versent dans l’auto-citation, comme celle où Angus Scrimm, le temps d’un caméo génial, fait presque revivre le fameux croque-mort de Phantasm dans la défroque d’un curé inquiétant. Paradoxalement victime de ce qui fait aussi sa réussite – son foisonnement d’idées visuelles et de virages narratifs – John Dies… n’est pas un grand film fantastique, ni l’œuvre démesurée que laissait espérer son synopsis, mais une très bonne comédie. Ce qui, il faut bien l’admettre, suffit largement à nous le rendre très sympathique. Et puis on ne dira jamais du mal de Coscarelli. Jamais.

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1 commentaire

    Quentin  | 26/11/14 à 18 h 49 min

  • Je suis d’accord !!! Jamais on ne pourra dire du mal de coscarelli ^^

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