Envrak au PIFFF : Modus Anomali / Bad Taste

28/11/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , ,

Jour 8 : Vendredi 23 novembre

Évidemment, occupée à rédiger le journal du PIFFF de l’avant-veille (quitte à avoir du retard, autant le garder), on ne voit pas l’heure tourner. On arrive donc à la bourre, essoufflée et à moitié maquillée, à l’espace photocall. Le réalisateur Xavier Gens, membre du jury cette année et auteur de l’un des segments de The ABCs of Death, est déjà là; on se confond en excuses. Non seulement il nous pardonne, mais en plus, se propose spontanément pour installer le matériel qui va servir à l’interviewer dans quelques minutes. La gentillesse de ce bonhomme nous terrasse.
Un peu plus tard, Pascal Laugier et Louis Thévenon prennent place devant la caméra, pour parler de In the Shadow of the Tall Man, projeté la veille. L’occasion est trop belle : on demande à Louis Thévenon s’il est d’accord pour filmer le “making of de la dernière question à Pascal Laugier” avec notre smartphone. Il a l’air surpris, mais joue le jeu, et livre deux minutes de vidéo qu’on a hâte de mont(r)er. Ce soir au PIFFF, on a rencontré des mecs qui ont la classe. Internationale.

Modus Anomali, de Joko Anwar

Un homme se réveille enterré dans une forêt, non loin du corps de sa femme éventrée. Il comprend très vite que pour retrouver leurs deux enfants, il devra surmonter un certain nombre d’épreuves.

Le cinéaste indonésien Joko Anwar n’a eu besoin que de huit jours pour tourner Modus Anomali.Huit jours pour tourner, et quatre jours pour l’écrire, non ?” ironise une festivalière indignée à l’issue de la projection. Autour d’elle, les avis semblent converger : personne n’a aimé Modus Anomali, sauf quelques rares irréductibles. On se range de leur côté : le film brasse des émotions diverses, offre une expérience quasi sensorielle, malgré trois lignes de scénario que Joko Anwar a rédigées après – manifestement – avoir vu Predator, Saw et Tropical Malady dans la même soirée.

Quelque chose semble avoir échappé aux réfractaires à Modus Anomali : sa beauté renversante. L’incroyable cinégénie des lieux (la forêt constituant le lieu unique de l’action) permet au film de baigner dans une inquiétante étrangeté et une atmosphère très anxiogène. Jamais en avance sur le protagoniste, le spectateur, en immersion totale et en état de tension quasi permanente, n’a plus qu’à subir les assauts d’un ennemi invisible. Jusqu’au twist final. Car contre toute attente, Modus Anomali est un film à twist, et c’est bien son plus grand défaut. Quand la rationalité reprend ses droits (et quand les Indonésiens parlent en anglais), la poésie s’effondre. Ce qui n’empêche pas le film d’être une sacrée expérience.


Modus Anomali – Trailer par pifff

Bad Taste, de Peter Jackson

On n’aime pas beaucoup le virage qu’a pris la carrière de Peter Jackson depuis Fantômes contre Fantômes (1996), et on assume. On aurait très mal pris que dans le cadre de l’hommage rendu au cinéaste néo-zélandais, le PIFFF programme Le Seigneur des Anneaux ou King-Kong, au détriment des VRAIS chefs d’œuvre que sont Créatures Célestes, Brain Dead, les Feebles… Et Bad Taste, dont on découvre ce soir une copie 35 mm presque toute propre, arrivée dans les bagages du Professeur Thibault (en charge de la présentation du film au public). Pas la peine de revenir sur les bienfaits sanitaires du premier long-métrage de Peter Jackson, dont la énième vision provoque toujours les mêmes fous rires (d’autant qu’il est présenté en version française, hilarante). Pas la peine non plus de revenir sur ce que raconte Bad Taste – le rude combat d’une poignée de résistants surarmés contre des extra-terrestres venus alimenter en viande humaine leur chaîne de fast-food – puisque vous le connaissez tous par cœur. Comment ça, “non” ? Bande d’incultes !


Bad Taste – Trailer par pifff

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