Envrak au PIFFF : The Butterfly Room / Universal Soldier 4

24/11/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , ,

Jour 6 : Mercredi 21 novembre

Aujourd’hui est un grand jour : Jean-Philippe est venu avec sa caméra, et s’est mis en tête de filmer tout ce qui bouge (et tout ce qui ne bouge pas, même). En grand acharné du plan de coupe, JP parcourt hall, couloirs et recoins sombres, traque le festivalier en pleine pause clope, les strapontins qui claquent et les pop-corns échoués… pour parfaire le montage à venir. Entre deux séances, on coince l’équipe des “pifffettes” (les bénévoles du festival, une grande majorité de filles cette année) dans la salle du photocall, pour les questionner sur leur rôle pendant le Pifff et sur leurs coups de coeur de la sélection. “Tu veux pas qu’on prenne un pifffon, aussi ?” s’enquiert Jean-Philippe. On approuve, et on hèle Johan, l’un des rares bénévoles mâles de l’équipe. Il prend place devant l’objectif avec un très grand sourire : “Le film de ce soir, j’avais hâte de le voir” confie t-il. En l’occurrence : The Butterfy Room. Parlons-en, tiens…

The Butterfly Room, de Jonathan Zarantonello

Ann, vieille dame collectionneuse de papillons, épingle chaque spécimen qu’elle capture dans une pièce de son appartement, toujours plongée dans l’obscurité. Quand elle ne chasse pas les insectes, elle traque les petites filles. Parmi elles, Alice, merdeuse manipulatrice qui monnaye son affection, et Julie, la fille de sa voisine. Le temps d’un week-end, Julie va habiter chez Ann, et découvrir l’étrange pièce aux papillons, et le secret qu’elle renferme.


The Butterfly Room – Trailer par pifff
 

Jonathan Zarantonello a eu de la chance : c’est Barbara Steele, icône absolue du cinéma d’horreur (essentiellement transalpin) des années 70 qui interprète l’inquiétante mamie de The Butterfly Room. Sa seule présence au générique avait suffi à nous donner envie de découvrir le film, malgré une bande-annonce peu rassurante. La première impression était la bonne : The Butterfly Room n’a qu’un seul argument à mettre en avant – son actrice principale, donc. Pour le reste, il se contente de naviguer à vue, entre téléfilm mou du script et hommage foireux aux bis de la grande époque. Jamais captivant, toujours prévisible, sous-exploitant certains personnages (mais que devient Ray Wise après être sorti du placard ? On sait pas), lesté d’une scène finale risible et d’une musique atroce, The Butterfly Room laisse entrevoir parfois le bel objet qu’il aurait pu être (les scènes dans la fameuse room ne manquent pas de charme) mais laisse au final l’impression d’avoir visionné un épisode de La Quatrième Dimension qui traîne en longueur. Reste le plaisir de voir Barbara Steele, armée d’un énorme marteau, détruire les décors et poursuivre une enfant terrorisée. L’un des rares moments réussis du film.

Universal Soldier, Day of Reckoning, de John Hyams

Jean-Philippe l’a déjà vu, et il est catégorique : “Le dernier Universal Soldier, on dirait du Gaspar Noé”. On le croit sur parole, mais un vieux doute subsiste. Gaspar Noé ? Vraiment ? Dans la salle, Fausto Fasulo (rédacteur en chef du magazine Mad Movies et directeur artistique du festival), chargé de présenter tous les films projetés, confirme : “Imaginez un actioner filmé comme Enter the Void“. Et c’est exactement ça : la toute première scène, et celles qui suivent dans une boite de nuit, sont directement empruntées au film de Gaspar Noé. Caméra aérienne, vue subjective et voix off, lumières stroboscopiques et séquences psychédéliques. Et au milieu de tout ça : des séquences de baston hyper violentes, parfois gores (on a vu la version uncut, autant le préciser tout de suite), un scénario complètement improbable, dix minutes d’un Jean-Claude Van Damme transformé en Marlon Brando dans Apocalpypse Now (oui. Apocalypse Now), des têtes tranchées à la batte de baseball, des surhommes au bord de l’implosion musculaire, du sexe sordide, des nénettes généreusement bustées à qui on éclate la tête à coups de pétoire… Le film est tellement invraisemblable, tellement gros, tellement what the fuck, qu’il en devient fascinant. Ceux qui refusent de nous croire pourront toujours juger sur pièce fin janvier 2013, date à laquelle le film sortira en DVD. Pour la sortie salle, en revanche, c’est presque définitivement compromis.


Universal Soldier: Day of Reckoning – Trailer par pifff

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1 commentaire

    Quentin  | 26/11/14 à 19 h 19 min

  • Le universal soldier est une bombe méga mortelle !!!!!! ^^

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