[Festival de Gardanne] Résister, un verre à la main

21/10/14 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , , ,

Résistance Naturelle : bande-annonce
Gardanne, quatrième jour : aujourd’hui, c’est relâche. Ou presque. Aucun film en compétition ce lundi, mais au moins un événement: la projection du Sel de la Terre de Wim Wenders, à 21h. On n’est pas les seuls à l’attendre, celui là. A 16h30, quasi toutes les places sont réservées, si bien qu’il nous reste Paris-Texas pour pleurer, en DVD à la maison. Frustration. Mais on a quand-même des choses à dire. Par exemple, on a vu le documentaire Résistance Naturelle, et dans la foulée, vu que la soirée était organisée par l’AMAP de Gardanne, on a bu du rosé bio et mangé des dahlias (avec du fromage en dessous, mais c’est accessoire. On a mangé des DAHLIAS)

Résistance naturelle : un film bio

Jonathan Nossiter est un mec étrange. Capable d’oeuvrer dans l’indé fauché (Sunday), le thriller (Signs and Wonders), le docu-fiction (Resident Alien) ou la comédie (on vous rerecommande Rio Sex Comedy, un film qui ne ressemble à rien. Indispensable), le réalisateur revient à ce qui a fait son succès tardif en 2003, Mondovino : un documentaire ravageur sur le vin, ceux qui le font, ceux qui le vendent, ceux qui le boivent… Un peu moins de trois heures de pur bonheur où la mondialisation effrénée émergeait de quelques verres de rouge, sans s’y noyer hélas. Un vrai film engagé aux vertus hautement pédagogiques.

Résistance Naturelle est tout aussi gouleyant. Beaucoup plus court (1h30), centré sur une poignée d’altermondialistes qui ont le culot de produire du vin naturel (mais où va t-on ma bonne dame) à la barbe et au nez des producteurs plutôt portés sur l’uniformisation, les pesticides, les engrais chimiques… le vin tout pourri que vous buvez en lisant cet article, en somme. Ne hurlez pas, un autre monde est possible. Un autre vin aussi. Il faut juste savoir où chercher. Nossiter le sait, lui. Le vin, peut-être plus encore que le cinéma, c’est toute sa vie. Illustre sommelier, génie du pinard, Nossiter a donc braqué sa DV sur Stefano, Elena, Anna, Corrado, Giovanna… (vous l’aurez compris : des chinois), pas les derniers à lever le poing quand il s’agit de défendre l’authentique. Des agriculteurs résistants qui veulent revenir aux fondamentaux “contre la tyrannie du marché et des gouvernements qui le servent” explique Nossiter dans sa note d’intention. Produire du vin naturel à l’ère de la production de masse et des terres rongées par le profit : une tache à la hauteur de leurs ambitions, qui nous rappelle quand même que chez nous aussi, ces super-héros de l’écologie, ces chantres du terroir, existent encore. On les entend juste un peu moins que les autres, les monstres, les mastodontes, les gros, les gras, les LVMH…

Singularité ultime du film de Nossiter : les fréquentes pauses “cinéma”, sous forme d’extraits de films (italiens, essentiellement). On y retrouve Pasolini, Monicelli, Chaplin… On ne se contentera pas d’y voir de la part de Nossiter une manière parfois malhabile de concilier ses deux passions, mais plutôt d’établir un parallèle entre l’engagement écologique et le rôle contestataire du cinéma.
On a aimé Résistance Naturelle, même s’il est formellement moins recherché (donc moins abouti) que son glorieux grand frère, mais est-ce vraiment ce qu’on lui demande ?

A part ça, on a mangé des dahlias.

A voir mardi 21 octobre

12h30 : Résistance naturelle (dernière projection) / Gett, le procès de Viviane Amsalem (dernière projection)
14h30 : Leviathan (dernière projection) / Xenia (dernière projection)
17h15 : Maestro (dernière projection) / Des Chevaux et des Hommes (dernière projection)
19h : La Belle jeunesse (en compétition) / Black Coal (dernière projection)
21h : Vie Sauvage (en compétition) / Circles (dernière projection)

dahliarouge

 

Notre article précédent sur le festival : Un match France-Corée

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