[Festival de Gardanne] Voyage en Inde : Deuxième escale

27/10/14 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , , ,

Jour 10. Petit retour en arrière, sur la soirée indienne dont on avait chroniqué un seul film, le très beau Siddharth. Seconde escale : Kumh Mela, sur les Rives du Fleuve sacré. Ca tombe bien : le film est rediffusé ce 27 octobre.

Deux rencontres épatantes

kumbhmelaIl n’y a pas que dans Vincent n’a pas d’écailles que l’eau a des propriétés étonnantes. Dans Kumbh Mela, tous les 12 ans, ils sont 100 millions (cent millions !) à venir prendre un bain dans le Gange pour se recharger en énergie spirituelle. Les bords du fleuve sacré prennent des airs de kermesse à ciel ouvert, où, pendant 55 jours, se pressent simples pékins, ascètes et bonimenteurs. Un rassemblement extraordinaire que le cinéaste Nan Palin a suivi caméra et curiosité en bandoulière. C’eut pu donner lieu à un énième “Envoyé Spécial” ou “Zone Interdite”, sur les dessous d’une grande foire aux croyances et de sa logistique, ou bien une enquête sur l’Inde et le sacré, l’esprit hindou etc. Sans exclure ni creuser tout à fait les deux pistes tout le long du film, le cinéaste a surtout eu la chance de faire deux rencontres épatantes.

A notre gauche, le jeune Kishan, la dizaine, gamin des rues qui se dit orphelin et qui se voit tantôt ermite, tantôt gangster, partageant le quotidien d’une école d’ascètes – surtout pour y manger – et d’un flic – qu’il menace régulièrement de tuer dans son sommeil. Dix ans tout juste – le petit frère des héros de Slumdog Millionnaire et le bagout d’un type de deux fois son âge, soigné au tabac à chiquer et à la beuh qu’il boulotte de temps en temps, offrant au film une scène mémorable. Le cinéaste, visiblement subjugué, ira même jusqu’à tenter de retrouver Kishan après le Kumbh Mela, sans toutefois parvenir à percer le mystère de ce gosse déjà trop vieux pour ce monde. A notre droite, Hatha Togi Baba, le sadhu (« gourou ») à l’indienne typique : visage parcheminé et barbe grise foisonnante, adepte du yoga tendance contorsionniste autant que de la ganja… et père adoptif d’un gamin de 2 ans qu’il a trouvé dans la rue. De son engagement spirituel volontiers farfelu (« Baba va rester pendu 12 heures à cet arbre »), le spectateur occidental est souvent en droit de se demander si c’est du lard ou du cochon, et à quel point la place de ce genre de zozos n’est pas plutôt chez “Le plus grand cabaret du monde”. Mais de la tendresse qui le lie à son fils adoptif, impossible de douter ; surtout quand Baba raconte, la voix vibrante d’indignation, comment les services sociaux ont tenté de lui enlever le petit.

Si on peut regretter quelques longueurs et un certain manque d’unité à l’ensemble, Ces deux portraits et demi made in India only marquent durablement dans un documentaire aussi foisonnant et incomplet que ce que son sens de l’image est assuré. Ne voulant ni remonter aux sources, ni tenter de donner du sens, Nan Palin offre un instantané saisissant et dépaysant.

Déjà vu

Parmi les films projetés ce week-end en compétition, l’une des découvertes de la Quinzaine cannoise en mai dernier, Whiplash, de Damien Chazelle (Grand prix du festival du cinéma américain de Deauville cette année). Comme on subodore que le public l’a adoré, on se permet de préciser qu’on l’avait déjà vu, et déjà chroniqué. Extrait de l’article d’Engy : “on apprécie le long-métrage à sa mesure, pour le regard qu’il porte sur l’acharnement des surdoués, sur leur vie de pression plus que de plaisirs, sur le rapport de domination de la figure professorale, sur son leitmotiv : est-ce que ça vaut le coup d’en chier pour devenir quelqu’un qu’on retient ? Doit-on toucher le fond de la piscine pour remonter ?” Pour lire l’article en entier, cliquez ici.

A voir lundi 27 octobre

10h30 : Still the Water / 10, 11, 12… Pougne le Hérisson (jeune public – dernière projection)
12h45 : Geronimo / Qui Voilà (jeune public – dernière projection)
14h45 : Kumbh Mela, sur les rives du Fleuve Sacré (dernière projection) / Reaching for the Moon (dernière projection)
16h45 : Pride / Night Moves (dernière projection)
19h : Queen and Country (en compétition) / Tristesse Club (dernière projection)
21h15 : Geronimo / Swim little Fish, swim

 

Notre article précédent sur le festival : Paroles d’Iranien(s)

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