Forest Whitaker dans “La Voie de l’ennemi”, de Rachid Bouchareb

07/05/14 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : , ,

la voie de l'ennemi afficheDans La Voie de l’ennemi, de Rachid Bouchareb, Forest Whitaker incarne un ancien chef de gang en quête de rédemption à sa sortie de prison. Au sein d’une Amérique désabusée et sous l’œil malveillant d’un Shérif déterminé à lui faire payer la mort de son adjoint 20 ans plus tôt, commencer une nouvelle vie s’avère un véritable défi. De passage à Paris, l’artiste oscarisé pour Le dernier roi d’Écosse, revient sur la complexité de son personnage et ses attentes d’acteurs.

Comment avez-vous travaillé ce personnage, fait de tendresse mais à la violence contenue ?
Garnett est un homme qui a été emprisonné pendant près de 20 ans. J’ai essayé de trouver dans son histoire, ce qui l’a affecté et provoqué chez lui de la peine, de la frustration, de la colère. Bien entendu, j’ai aussi essayé de montrer les espoirs qui l’animent lorsqu’il sort de prison et comment les pressions exercées par la société et son environnement vont emmener chez lui des irruptions de colère. Ses rêves sont peu à peu écrasés.

Vous avez rencontrés de vrais prisonniers par le passé. Ces échanges vous servent-ils pour votre interprétation ?
Forcément, lorsque que j’y pense les souvenirs émergent… mais ayant plusieurs fois interprété des prisonniers à l’écran, j’ai moi-même une bonne expérience dans le domaine ! Je sais ce que ça veut dire d’être plaqué au sol, cette odeur, cette sensation de métal… A chaque fois, j’essaie par contre de montrer une facette singulière du personnage que je joue. Pour La Voie de l’ennemi, je voulais que l’arche de Garnett et le voyage que nous faisions ensemble, avec Rachid, soient le plus proche possible de la vérité humaine. Comprendre ce voyage, personnel, individuel, dans chaque création à laquelle je participe est fondamental.

Quel est le facteur primordial qui vous fait accepter un rôle ?
Le plus important à mes yeux c’est d’apprendre et de m’enrichir grâce au personnage et au réalisateur, que je perçois tel un guide. J’aime servir des visions uniques. Dans ce cas, je connaissais déjà le travail de Rachid Bouchareb et j’ai toujours trouvé son approche artistique à la fois intéressante et extrêmement particulière dans le paysage cinématographique. Je savais qu’il allait me pousser loin et que j’allais grandir et tout cela dans un respect mutuel.

Votre précédent film, Zulu, de Jérôme Salle, se terminait de la même façon que La Voie de l’Ennmi, avec une vengeance et un meurtre commis dans le désert. Cela vous a-t-il gêné sur le tournage ?
Absolument pas. Lorsque je suis dans le jeu, dans l’action, je ne pense qu’à l’homme que j’incarne. Cependant il est vrai que j’avais parlé en amont de cette scène à Rachid Bouchareb. Il n’y a pas vu de problèmes en argumentant que nous faisions un film différent, à la thématique, elle aussi différente.

Le personnage de Garnett se convertit à l’Islam. D’un point de vue personnel vous avez récemment déclaré « croire en la vérité ». Qu’entendez-vous par là ?
C’est une expérience personnelle. C’est ma façon de dire la manière dont j’arrive à ressentir toute la puissance que l’univers nous donne. Ce ressenti vient de mon vécu. Ayant étudié, de façon académique, les différentes traditions, j’ai constaté que de multiples vérités coexistaient. Je parle de relation entre l’islam, le judaïsme, le christianisme, l’indouisme, le bouddhisme… Lorsqu’on approfondit le sujet, on se rend compte qu’au fond les même vérités traversent ces religions et que si on les réunit toutes, il en ressort une autre vérité, encore plus universelle. C’est cette dernière qui m’intéresse.

La Voie de l’Ennemi, de Rachid Bouchareb, avec Forest Whitaker, Harvey Keitel, Brenda Blethyn, Luis Guzman, sortie le 7 mai 2014. (1h58, Pathé Distribution).

Photo Pathé distribution

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