Gérardmer 2012 : Les films hors compétition

14/02/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , , , ,

Du noir sans sucre au petit déj, de la blanche qui glisse et du rouge qui tâche. Le week-end de Engy et Sabrina à Gérardmer s’est résumé à ce programme chromatique. Entre deux mousses au chocolat, elles ont quand même visionné pas mal de films : des longs, des courts, des nanars, des prometteurs, des décevants, des excitants, des émouvants, des énervants. Et contre toute attente, c’est du côté des films présentés hors-compétition qu’elles ont fini par trouver leur bonheur : The Incident, The Théâtre Bizarre, Invasion of Alien Bikini, The Divide… D’authentiques pépites au milieu d’une sélection qui leur en a fait voir de toutes les couleurs.

Emergo : planquez vos théières

Un homme, veuf, vit seul avec ses deux enfants – un adorable garçonnet et une adolescente tête à claque en mini-short – dans un appartement très inquiétant: sur les murs, les tableaux sont à l’envers, les portes se ferment toutes seules, la température chute de précisément 14 degrés et comble de l’horreur, une théière disparaît. Pas de doute : le lieu est hanté. Des scientifiques, munis de chargeurs électrostatiques, de générateurs de lumière stroboscopique et d’un transducteur d’ultrason, débarquent dans l’appart pour y mettre un bordel monstrueux, manger des céréales et décréter que non seulement les fantômes n’existent pas, mais qu’en plus, c’est la gamine, “complètement schizophrène” précisent-ils, qui a fait le coup. On s’en doutait un peu : à la voir flotter au-dessus de son lit, les yeux révulsés, dans une chambre balayée par les bourrasques, on se disait bien que quelque chose ne tournait pas rond chez elle…

Grave encounters : vol au dessus d’un nid de concons

Le quota de “found footagedu festival, c’est lui. Grave Encounters, des Vicious Brothers, ou la virée cauchemardesque d’une équipe de télé venue tutoyer les fantômes d’un asile désaffecté. Peu d’originalité dans le propos, encore moins dans le traitement formel, alternant zooms sauvages (nauséeux) et travellings en night shot. On y voit des rats, des baignoires, des lits vides, des murs tagués, des pieds (les cadreurs ne prenant pas la peine d’éteindre la caméra lorsqu’ils la posent sur le sol)… et quelques fantômes, certes effrayants, mais pas assez pour sortir le spectateur de sa léthargie lorsqu’ils daignent enfin arrêter de taper sur les murs pour se montrer. Reste une excellente idée – celle de transformer l’asile en labyrinthe sans issue et d’étirer les couloirs de l’institut sur des kilomètres, pour matérialiser la folie qui gagne les personnages. Rien de honteux, mais rien de révolutionnaire non plus.

The Incident : nouvelle cuisine

Un survival en huis-clos où les quatre cuistots d’un asile se retrouvent à la merci des psychopathes qui y sont enfermés. Voilà pour le point de départ de The Incident, qui ne prétend pas briller par son originalité scénaristique, mais miser sur une vraie maîtrise de l’espace mis à la disposition du réalisateur Alexandre Courtès. Une gageure en soi, pour ce premier long-métrage qui réserve son lot de bouffées d’angoisse – voir la scène particulièrement éprouvante où le protagoniste se fait éplucher par l’un des internés – et qui distille le malaise grâce à l’utilisation judicieuse du second plan, où la menace prend plaisir à s’installer. Convoquant la violence graphique des films d’épouvante des années 80, The Incident, visuellement soigné, ne semble souffrir à aucun moment de son minuscule budget, et en dépit d’un final déstabilisant et d’un twist inutile, parvient à suivre le spectateur longtemps après sa projection. Une excellente surprise.

Invasion of Alien Bikini : Sauver le monde, oui, mais en slip

Youn-Gun, maigre, timide et moustachu, sauve une jolie jeune femme des mains d’un gang de voyous. Mais la vérité est ailleurs : la donzelle est un alien, les malfrats voulaient préserver la planète d’une invasion extraterrestre imminente, et Youn-Gun a une fausse moustache. Pour lui, qui a érigé la chasteté en vertu ultime, et qui se retrouve coincé chez lui en compagnie d’une nymphomane galactique, le combat va être rude. Dans Invasion of Alien Bikini, même les longueurs (nombreuses) sont hilarantes. Dans ce huis-clos délibérément débile où les personnages passent une bonne demi-heure à jouer à des jeux de société en sous-vêtements, l’absurde règne en maître, au risque de perdre le spectateur dans sa narration alambiquée. Mais le résultat est plus intelligent que ce que laissait augurer le synopsis, dés lors que la trame cartoonesque se transforme en parodie de torture porn – la belle extraterrestre faisant tout pour récupérer la semence de Youn-Gun. Mettant judicieusement à profit les 4000 malheureux dollars mis à sa disposition, Invasion of Alien Bikini est un film décomplexé, rafraîchissant, où le principal interprète fait des prouesses dans tous les domaines (arts martiaux, tragédie, comédie, port du blouson jaune), et qui aurait largement mérité les honneurs de la compétition.

 

The Divide : Apocalypse maintenant

Dans The Divide, les locataires d’un immeuble se réfugient dans le sous-sol. Dehors, c’est l’apocalypse, la poussière qui retombe des multiples explosions que subit la ville semble radioactive. Le groupe se terre, attendant les secours, ou l’accalmie. Mickey, propriétaire de la cave aménagée, semble en savoir davantage, s’impose comme le leader, contre l’avis des autres mâles, tous bien bâtis. Les femmes n’ont pas leur mot à dire. Elles sont deux, plutôt jolies : Eva, alias Lauren German, l’héroïne du film, attendra les dernières minutes pour exploser sa fadeur en morceau. Marilyn, alias Rosanna Arquette, fabuleuse dès les premières minutes, offre au spectateur la joie malsaine de la voir s’humilier, à la limite du porno-gore. Xavier Gens reprend à sa sauce une problématique déjà vue – celle d’un huis clos qui révèle l'(in)humain en chaque être (on pense à The Hole, un peu) – avec une dose de sexisme, une réalisation qui prend des risques appréciables et une direction d’acteur assez fine pour des personnages plutôt grossiers. The Divide s’avère simplement efficace, d’autant qu’il sait se servir de sa BO. Xavier Gens s’obstine à faire des films (mé)diront certains, tant mieux.

The Théâtre Bizarre : à 7 c’est mieux.

S’inspirant du Grand Guignol du début du 20ème siècle, The Théâtre Bizarre propose sept courts-métrages qu’on ne saurait désunifier. Réalisés par des figures – pointues – du cinéma d’horreur, de l’ombre pour la plupart (ex : Tom Savini, à l’origine des effets spéciaux du Zombie de George A. Romero ou Vendredi 13 de Sean Cunningham), ils témoignent de l’intelligence et l’imagination du genre – ainsi que d’un réel respect -, en lesquelles on avait perdu la foi lors de ce festival 2012. Qu’on ait les références cinématographiques ou pas, on ne peut être que surpris par la qualité de ces objets très divers à l’image impeccable, à la fois drôles, originaux et angoissants. Du plus potache au plus esthétisé, en passant par une respiration de Douglas Buck (The Accident), l’ordre des segments – de 10 à 20 minutes – procure une montée de plaisir qui jamais ne redescend. The Théâtre Bizarre nous apparaît ainsi comme le film le plus abouti de Gerardmer, et le plus jouissif.

Et parce que le cinéma de genre ne se déguste pas qu’en festival, Envrak reviendra sur trois des films de cette sélection : The Divide de Xavier Gens, The Incident d’Alexandre Courtès, et The Théâtre Bizarre, évidemment. Pour en être informé, suivez-nous sur facebook, twitter, ou inscrivez-vous à notre newsletter (en page d’accueil).

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1 commentaire

    girard  | 03/02/13 à 0 h 02 min

  • un petit coucou des journaliste nous ont filmé vendredi soir au grand hotel .

    les chasseur d’autographe je voudrais leur qui sont super sympas et sa fascine le site envrak on apprend pleins sur les stars et super
    intéressant

    bon fin festival et merci encore pour votre gentillesse .

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