Gérardmer 2013 : troisième fournée de films

05/02/13 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , ,

imgGrabbers

La fatigue, le jetlag, l’absence de temps mais surtout de connexion wifi a contraint l’équipe des envrakés à oublier la chronologie des séances du festival de Gerardmer. Sur leurs ordinateurs, leurs bloc-notes, et dans le back office du site, les avis sur les films attendent d’être publiés. En voici quatre de sauvés.

Grabbers de Jon Wright (Royaume-Unis et Irlande) – Hors compétition

grabbersQuelque chose d’effrayant s’est produit sur les côtes d’Erin Island, un calme petit village irlandais.. Seul un pêcheur ivre échappe au danger. Les autorités vont en déduire que la seule façon de survivre, c’est de se saouler.

Plutôt fidèle à son synopsis et donc plutôt chouette, Grabbers brasse les gags qui feront toujours rire sans pour autant verser dans l’originalité qu’on lui souhaitait. Enrobé dans une romance si évidente qu’on aurait pu s’en passer, il finit par conclure qu’être alcoolique, ça craint – la morale est sauve, vive la guimauve ! Heureusement pour Jon Wright, les réactions éthyliques de ses personnages et la bonne ambiance générale du film suscitent l’affection. On appréciera ses loosers et ses monstres, parmi lesquels des bébés poulpes dont les Gremlins semblent être de vagues cousins.

Forgotten d’Alex Schmidt (Allemagne) – Hors Compétition

forgottenHanna et Clarissa, deux amies d’enfance, se retrouvent vingt cinq ans après avoir perdu le contact. Les deux femmes décident d’aller passer quelques jours sur l’île de leur souvenirs…

Rurik Sallé (Metaluna/Mad Movies) disait de Forgotten avant l’avoir visionné qu’il serait « sitôt vu, sitôt oublié » – une boutade qu’on regrette maintenant de ne pouvoir s’approprier. Le premier long-métrage d’Alex Schmidt (l’une des deux seules réalisatrices de la sélection) a des arguments en sa faveur : de belles images, une mise en scène classique, une atmosphère tantôt angoissante, tantôt fantastique. L’ennui gagne toutefois le spectateur, las des discours sur la trahison, l’amitié ou l’inconsistance des souvenirs, et frustré que les nouveaux éléments du film ne le portent pas davantage. Idem pour ses douces actrices dont la ressemblance de l’une d’elle avec Keira Knighley fera plus débat que le film en sortie de salle.

The Forest de Darren Lynn Bousman (Etats-Unis) – Hors compétition

the forestLa famille Marlow part pour un long week-end de camping à Pine Barrens, terre d’une créature légendaire baptisée le Diable de Jersey. Sur place, leurs vacances prennent une tournure macabre.

D’autres la feront mais on n’y résiste pas : Darren Lynn Bousman porte bien son nom. Le réalisateur de Saw II, III et IV, livrait à Gérardmer son petit dernier : The Forest (le 11 février en DVD). Outre son monstre hideux (tête de cheval, croc baveux, ailes de chauve-souris) et ses images dégueulasses (dont une vue de forêt en plongée surexposée), on soulignera l’ineptie de son épilogue post-générique : ni plus ni moins le teaser d’un The Forest II où les survivants du premier s’apprêtent à se venger – et qui semble plus prometteur que l’heure et demi écoulée. Bousman donc, un mauvais-faiseur des temps modernes où les navets se produisent en série.

Cloud Atlas de Tom Tykwer, Lana et Andy Wachowski (Allemagne) – Hors compétition

cloudSix personnages, six espaces temps, où il se passe des trucs tristes.

On ne pensait pas avoir à dire du mal un jour de Lana et Andy Wachowski (Bound, Matrix, Speed Racer), pas plus que de Tom Tykwer (Cours Lola Cours), on en dira pourtant de Cloud Atlas qui laisse le spectateur dans l’ignorance, dans le but de l’impressionner. Un procédé d’autant plus vil qu’il fonctionne auprès d’une grande partie du public. « Il faut s’accrocher pour comprendre » entendra-t-on à la fin de la séance comme s’il s’agissait d’un gage de qualité ou d’un argument imparable pour saluer le talent des réalisateurs qui auraient pu faire limpide dans une version remontée. Dès les premières minutes, l’exposition des personnages et l’enchaînement des espaces temps s’appliquent à perdre le spectateur que l’un des protagonistes rassure en voix off : « vous vous rendrez compte à la fin de mon récit que toutes ses histoires se rejoignent et ont un sens » (en gros). Sens qu’un autre se chargera d’énoncer près 2h30 plus tard, lorsque les images prendront enfin leurs temps – pour s’illustrer de dialogues plus mièvres que des couchers de soleils numérisés – : l’amour est plus fort que tout (en gros). Adapté du best-seller éponyme de David Mitchell (2004), Cloud Atlas voudrait nous faire croire que le destin du monde tient dans une poignée de personnages clés, réincarnés de siècles en siècles (qu’ils soient dans le camp des gentils ou celui des méchants). Des acteurs vieillis à la Benjamin Button, on retient surtout la laideur, du film, un agacement profond, que nous serons ravis de développer d’ici le 13 mars, où il sortira en salle.

Ils étaient à Gerardmer 2013 mais on les avait déjà vus au PIFFF, lire aussi :
* Modus Anomali, de Joko Anwar
* Citadel de Ciaran Foy
* Doomsday Book de plein de réalisateurs coréens

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