Gérardmer 2014 #1 : Soirée d’ouverture / Mindscape

30/01/14 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : ,

gerardmer-affGérardmer, jour 1. Otage d’un boulot qui ne laisse aucun répit, on n’a pas eu le temps d’installer l’application twitter sur smartphone, on n’a pas eu le temps non plus de prendre des photos de la neige tombée la veille à Gérardmer. On n’a pas encore pu dresser de planning des projections, charger l’appareil photo numérique qui nous servira de caméra pour les interviews ni préparer les battles de monstres qui auront cette année, on l’annonce tout de suite, une saveur particulière.

Soirée d’ouverture

On débute le séjour dans la précipitation la plus totale. Mais on a eu le temps d’aller fissa chercher un carton d’invitation pour la soirée d’ouverture du festival directement dans la poche d’un pote producteur. Car c’était pas gagné : munie d’une accréditation où s’étalent dans le désordre, le faciès vaguement psychopathe de l’envrakée dépêchée sur place, la mention “presse” et le nom du site mal orthographié – “Envrac.fr”. On le vit mal – on n’est pas encore assez VIP pour satisfaire les caprices protocolaires de cette première soirée hyper hype. Heureusement qu’on en connait, des VIP. Dans la salle de l’espace Lac, la fête commence. Passés les discours assez ahurissants des politiques locaux transformés, le temps d’une soirée, en agents touristiques (“C’est beau, les Vosges, j’espère que vous reviendrez”, “Aaaah, Gérardmer, c’est la perle de la Lorraine, messieurs dames!”, “Mince, j’ai égaré la 14ème page de mon discours. C’est pas grave, je vais vous raconter ma vie“), place à la présentation du jury amputé d’un de ses membres – en l’occurrence celle qu’on avait le plus envie d’interviewer : Béatrice Dalle, victime d’une attaque de zombies en gare de l’est, dixit le président Jan Kounen, entouré de ses “colistiers” à lui : Kim Chapiron, Roxane Mesquida, Alain Damasio et Juan Solanas.

Mindscape, de Jorge Dorado

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Sur scène, Kounen exulte, déclare ouverte la 21ème édition du festival en levant les bras, un sourire enfantin scotché au visage. Pas de doute, on va bien s’amuser. Sauf que non. Car en guise de film d’ouverture, l’équipe du festival a choisi Mindscape, du jeune réalisateur espagnol Jorge Dorado. Avec un nom pareil, autant faire de la comédie ou du documentaire animalier. Dorado a choisi une autre voie : celle du film chiant. Et dans ce domaine, il excelle. Thriller intra-cérébral où un mnémo-détective (Mark Strong) en plein veuvage sonde les souvenirs d’une jeune fille cultivant l’ambiguïté ultime (victime ou bourreau ? On sait pas. C’est insoutenable), Mindscape ménage de jolis moments, grâce notamment à la présence de l’inquiétante Taissa Farmiga (découverte dans la première saison d’ American Horror Story en adolescente à problème. Déjà à l’époque), au retour forcément gagnant de l’immense Brian Cox (même s’il a fallu attendre le générique de fin pour l’identifier), à une photographie parfois chiadée et un twist pas super inattendu, mais assez efficace. Mais le film, loin des productions hyper créatives auxquelles le cinéma de genre ibérique nous avait habitués ces derniers temps, ressemble plutôt à une petite machine américaine bien huilée : calibré, lisse, prévisible, soporifique. Un premier essai ni très réussi, ni catastrophique. Ça et là surgissent quelques fulgurances de mise en scène qui laissent augurer le meilleur, on l’espère, pour Dorado, habile exécutant à qui il manque une pointe d’audace pour qu’à l’avenir, il ne nous glisse plus entre les doigts (on a hésité à la faire, celle là).

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