La DVDthèque des héros

17/03/09 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , ,

Coller à la fois à l’actualité des sorties et au thème imposé de ce numéro : un pari tellement audacieux, tellement fou, tellement beau, que la chronique DVD n’a pas hésité à le relever. Si ça c’est pas de l’héroïsme…

Under my skin

Sylvester Stallone est vieux, Arnold Schwarzenegger fait de la politique, Jean-Claude Van Damme s’est lancé dans la philo et Bruce Willis est chauve. Heureusement, l’Amérique a trouvé un nouveau héros : Matt Damon, interprète à trois reprises de Jason Bourne dans une série de films aux titres tellement inspirés que ça fait peur. Dans La Mémoire dans la Peau, la Mort dans la Peau et la Vengeance dans la Peau (Doug Liman à la caméra pour le premier, Paul Greengrass pour les suivants), Bourne, ex agent de la CIA devenu amnésique, doit déjouer le complot qui se trame dans son dos et qui fait de lui la cible numéro un de ses anciens employeurs. Avec tout ça, le bougre ne sait toujours pas qui il est.
Une quête d’identité émaillée de gros coups de tatanes et de flingueries en tout genre, du cinéma faussement bourrin et vraiment intelligent, le tout dans un coffret blu-ray hors du commun – trois galettes bardées de bonus très très complets. La trilogie permet en outre à Matt Damon, qu’on attendait partout sauf là, de se lancer dans le cinéma d’action. Et en plus, lui, il a des cheveux.
En DVD Blu-Ray le 17 mars, avec des bonus sévèrement bournés.

Matt Damon, la mémoire dans la peau et le flingue dans la main.

Milk prend de la bouteille

Double actualité pour celui qui, dans les années 70, fut considéré comme un martyr de la cause gay aux États-Unis : objet d’un biopic mis en scène par Gus Van Sant et interprété par Sean Penn, Harvey Milk est également au cœur d’un documentaire qui lui est entièrement consacré – The Times of Harvey Milk – et pour lequel son réalisateur Rob Epstein reçut en 1985 l’oscar du meilleur documentaire. Ce dernier ressort aujourd’hui en DVD, malgré l’existence d’une précédente édition (2004) dans laquelle de nombreux entretiens apportaient un supplément d’information au contenu. Pas de bonus ici, mais une occasion tout de même de compléter la vision du long-métrage. Milk, homme politique ouvertement gay reconnu pour son engagement en faveur des droits civiques des homosexuels, fut assassiné en 1978. Sept années de réclusion furent réclamées à l’encontre du meurtrier. Un verdict trop peu sévère au goût de l’opinion publique, et qui provoqua des émeutes très violemment réprimées.
Harvey Milk avait toujours envisagé la possibilité d’un assassinat, et enregistrait des cassettes audio destinées à être diffusées après sa mort. Dans l’une d’elles, il déclarait : “if a bullet should enter my brain, let that bullet destroy every closet door” (“Si une balle devait traverser mon cerveau, laissez-la briser aussi toutes les portes de placard”). On appelle ça un héros, un vrai.
En DVD le 18 mars, avec des bonus pasteurisés.

Une figure emblématique de la cause homosexuelle.

Veni, Vidi, Vici

Oui c’est vrai, on l’a vu, revu, rerevu, sur toutes les chaînes de télé, les câblées, les privées, les publiques – à l’époque où elles existaient encore, RIP – dans toutes les langues. Pourtant, Universal ne se lasse pas de le ressortir en DVD, encore et encore, en version longue, en version courte, en double programme, tous les deux ans… Le revoilà donc, le Gladiator de Ridley Scott, ses combats spectaculaires, son Russell Crowe oscarisé, son Phœnix impérial, ses décors grandioses, ses costumes sublimes, sa musique maintes fois pillée par la suite. Le film qui redonna ses lettres de noblesse au péplum – mais qui ne détrône pas vraiment le Spartacus de Kubrick – s’entoure dans cette nouvelle édition d’une pléthore de bonus – 2 DVD supplémentaires leurs sont consacrés – dont une très pompeuse “rétrospective de l’impact du film à sa sortie”.
Rien à redire sur la qualité du long-métrage pour peu que l’on apprécie les hommes musclés en jupettes, et sur l’incroyable destin de cet homme devenu acteur devenu esclave devenu général devenu gladiateur devenu héros. Ou un truc dans le genre.
En triple DVD le 24 mars, avec des arènes entières de bonus.

Russell Crowe, idole des foules dans Gladiator.

L’ancêtre de Bernard Madoff

Série superstar des années 70, L’Homme qui valait 3 Milliards pointe le bout de son nez bionique en DVD. Mais attention : uniquement la saison 3. C’est aberrant, mais c’est comme ça. Pour ceux qui ont raté le début : l’ultra charismatique colonel Steve Austin, astronaute de son état, est victime d’un violentissime crash de capsule. Résultat : il perd l’usage de ses jambes, de son bras droit et de son œil gauche. Qu’à cela ne tienne : il sera un héros quand même. Des scientifiques parvenant à lui greffer des prothèses électroniques, Austin voit ses performances physiques s’améliorer. Il court vite, très vite. A tel point qu’on le filme au ralenti. Et ça tombe bien, à raison de plus de vingt épisodes par saison, il faut bien prendre le rythme.
Série culte parmi les plus cultes, L’homme qui valait trois milliards révèle l’acteur Lee Majors, qui impose la décennie suivante un autre personnage, L’Homme qui tombe à pic, un peu moins culte et pas bionique pour un sou. Mais dans les deux cas, impossible de ne pas l’admettre : astronaute, cascadeur, indestructible… Lee, c’est vraiment un héros.
En DVD le 24 mars, avec des bonus aussi inexistants que les solutions à la crise financière.

L’homme qui courait en pyjama rouge.

Caméo de kaméa

AB Prod n’a peur de rien : ni des sitcoms pourris, ni des chansons d’Hélènes Rollès ni de la culotte de Mallaury Nataf. Encore moins des blagues douteuses en temps de crise. La dernière en date : sortir l’intégrale de Dragon Ball et Dragon Ball Z – adaptations des mangas d’Akira Toriyama – en DVD. En soi, l’idée est réjouissante. Entre Les Chevaliers du Zodiaque et Juliette je t’aime, les aventures de Sangoku – garçonnet à queue de singe formé aux arts martiaux par l’obsédé sexuel Tortue Géniale – animaient avec panache les sorties d’écoles des enfants que nous fûmes (et non “que l’on fume”, ça n’a plus rien à voir). Oui mais voilà : 25 volumes pour les DB, et 31 pour les DBZ, ça fait cher l’intégrale, et c’est mauvais pour notre pouvoir d’achat. D’autant qu’il nous est impossible ici de répondre à la question cruciale des fans de la première heure : quid des scènes polissonnes censurées à l’époque pour la version française? On l’ignore. Dommage pour les nostalgiques des années Dorothée et de ce petit héros parti à la conquête des 7 précieuses boules de cristal. Ceci dit, s’il les trouve toutes, il pourra s’offrir les 56 DVD de la collection, lui…
En DVD le 25 mars, avec des bonus cher payés.

Le manga cul(te) de la génération Club Dorothée.

Les (autres) DVD du mois de mars, c’est par

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