Iron Man 3, The Grandmaster : le crash-test

04/05/13 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : , , , , , ,

On a vu Iron Man 3 et The Grandmaster. On savait pas trop comment en parler. Alors on a décidé de les opposer en 3 rounds. Fight !

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L’homme à la caméra

Shane Black, scénariste star des années 80 dont les gros chèques touchés pour L’arme fatale lui ont permis de passer des années 90 creuses (Last Action hero, Au revoir à jamais) avant de revenir en forme dans les années 2000 avec la réalisation de Kiss Kiss Bang Bang – avec Robert Downey Jr. Un scénariste très marqué 80’s passé réalisateur aux commandes d’un blockbuster à 150-200 millions de dollars, donc.

Wong Kar-wai, enfant chéri de Cannes et des étudiants en cinéma depuis Chungking Express, Les Cendres du temps, consacré par les lecteurs de Télérama depuis In the Mood for love. Grand formaliste qui préfère construire ses films sur le tas et sans scénario. Un maître es montage, que d’aucuns considèrent comme la quintessence de l’art cinématographique.

Avantage The GrandMaster. Faut pas déconner : même si on a reconnu une petite touche propre à Shane Black dans Iron Man 3, ce type de film peut être fait par n’importe quel tâcheron avec sensiblement le même résultat. Rien que le nombre d’images par seconde des ralentis de The Grandmaster suffisent à en attribuer la paternité à WKW.

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Boy meets girl

Le couple formé par Bob et Gwyneth, le cabotin et la tige à tâches de rousseur, est la principale raison pour laquelle on a aimé le 1er volet, qu’on a accepté de voir le deuxième, et pour laquelle on s’est déplacés au cinéma voir ce 3ème opus. Le couple fait des étincelles. Gwyneth a même réussi par là l’exploit de revenir en grâce à nos yeux après la catastrophe Shakespeare in Love (qui remonte à 1998, tout de même, c’est dire si on l’avait dans le pif).

Tony Leung et Zhang Ziyi, sans conteste l’un des couples de bridés le plus glamour actuellement. Parce que Tony Leung porte tellement bien ses cinquante ans qu’il a accepté de s’entraîner au kung-fu pendant 4 ans pour ce film. Parce qu’il a joué dans certaines de nos bobines cultes (A toute épreuve, Les Cendres du Temps…), que Zhang Ziyi est tout simplement l’une des plus belles actrices au monde. Parce que le couple s’est déjà donné la réplique dans 2046 et Hero.

Égalité, 1 partout. Bob et Gwyneth doivent apparaître ensemble une vingtaine de minutes dans Iron Man 3, à tout casser. On en retiendra un court moment d’émotion, où Tony Stark envoie son armure d’Iron Man sur Pepper pour la protéger du souffle d’une explosion. Du côté de Tony et Ziyi, le temps d’écran ensemble n’est pas plus conséquent, mais il y a un chouette combat où les figures de kung-fu font office de préliminaires. Après, entre le moment où Gwyneth se transforme en supersoldat orange fluo, et la scène de la gare, où Ziyi fait la démo de la prise du « Vieux singe tire sa révérence », notre cœur balance.

Supplément 3D 3 euros, lunettes 1 euro

On puise son talent où on peut. Shane Black parsème son blockbuster d’un humour et de certains traits très années 80. Wong Kar-wai fait dans l’auto-citation, la variation sur thème, l’hommage : The Grandmaster peut faire autant référence à son personnage principal (maître de Bruce Lee) qu’à Sergio Leone, dont Il était une fois en Amérique et …dans l’Ouest sont expressément cités. Iron Man 3 occupe la rétine quand The Grandmaster redéfinit l’art du cinéma. Iron Man 3 est gorgé d’une 3D inutile, l’image manque de luminosité. The Grandmaster crée sa propre 3D avec un art consommé du montage, qui arrive à faire ressentir viscéralement autant la physique des combats que l’âme du kung-fu. Iron Man 3 s’offre ses effets spéciaux comme un milliardaire russe paie ses putes, The Grandmaster n’a besoin que de Yuen Woo Ping (chorégraphe des combats, à l’œuvre dans Matrix).

Enfin, question nourritures spirituelles, Iron Man 3 offre très furtivement un coup d’oeil sur la fragilité existentielle d’un super-héros métrosexuel tandis que The Grandmaster brasse les thèmes de la transmission, des arts martiaux comme patrimoine immatériel de la Chine. On voit de l’Antigone dans le personnage de Zhang Ziyi, du cinéma partout, horizontal et vertical.

Verdict : bon, d’accord, le film de Wong Kar Waï n’est pas exempt de défauts (entre autres, une structure un peu fragile et des seconds rôles sacrifiés), mais on ne serait pas étonnés que The Grandmaster, spectacle total, figure en première place de notre top de l’année. Allez le voir tant qu’il en est encore temps.

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