James Franco à bras raccourci

06/07/11 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , ,

Ce mois-ci, le soleil commence à taper sur la tête des éditeurs, qui sortent de leurs catalogues respectifs les films les plus improbables possibles : religieuses surarmées, stripteaseuses en relief, nanars bollywoodiens… Pour le reste, entre un James Franco bras dessus bras dessous (surtout dessous, à vrai dire), des morts vivants cathodiques et un illuminé christique, on aura finalement peu de galettes à se mettre sous la dent. Autant aller bronzer.

The walking dead : Darabont fait le mort

Quand il n’y a plus de place en enfer, les morts reviennent sur Terre, et se font filmer par Franck Darabont. Série événement de la chaine AMC, The walking dead, adaptation pas vraiment fidèle de la bande dessinée d’Adlard/Kirkman, permet surtout à Greg Nicotero de prouver qu’il est le meilleur maquilleur et spécialiste des effets gore des années 1990-2000. De là à dire que la première saison vaut le coup d’œil…

Après un épisode pilote qui, il faut bien le dire, fait illusion le temps de quelques séquences désormais célèbres, dont celle où les protagonistes s’enduisent de barbaque puante pour passer inaperçus au milieu des déterrés, la série de Darabont finit par sentir assez vite le moisi. La faute à un rythme de croisière mou du cerveau, des personnages qui peinent à être crédibles et des situations totalement incohérentes. Las, Darabont se voit contraint de citer inlassablement Georges A. Romero pour faire exister ses zombies, au lieu de rendre hommage au comics culte de Robert Kirkman, qu’il prétend pourtant adapter. Un peu de sang neuf dans ce genre éculé jusqu’aux tripes aurait été le bienvenu. Une déception telle qu’on n’a même pas voulu enchaîner sur la saison 2 de la série, malgré les échos très positifs qui ont accompagné sa diffusion.

Man from earth : l’immortel

On ne l’attendait plus : créé en 2007 dans l’indifférence générale, Man from earth, de Richard Schenkman, sort enfin en DVD, dans une édition honteusement minimaliste mais qui aura au moins le mérite de faire connaître à un plus large public ce petit film étonnant qui n’avait même pas eu les honneurs d’une sortie dans les salles. Mis en boite par un parfait inconnu, Man from earth donne la parole à un professeur d’histoire qui, à l’âge de 35 ans, décide de quitter son poste et de révéler à ses amis universitaires qu’il est en fait, âgé de 14 000 ans.

Tourné à la manière d’un huis-clos – la maison que le protagoniste s’apprête à quitter et dans laquelle il réunit tous ses collègues – le film, délire métaphysique sur les mystères de l’humanité et le sens des religions, fut écrit par Jerome Bixby, auteur de science-fiction connu notamment des amateurs de Star Trek. Avec Man from earth, Bixby envisage l’histoire d’un homme capable de traverser les époques et d’influer sur le cours de l’Histoire, émettant entre autres hypothèses, l’idée que le christianisme est en fait un courant de pensée similaire au bouddhisme, et que le Christ, aucunement fils de Dieu, répandait “simplement” des valeurs altruistes. Un Jésus bouddhiste qui revêt donc les traits d’un universitaire américain, lequel, face au scepticisme affiché par ses camarades, va tout de même réussir à faire voler en éclat leurs certitudes… et les nôtres. En dépit de son sujet, et surtout à cause de son budget plus que dérisoire, Man from earth prend la forme d’une discussion à bâtons rompus, réclamant donc une certaine exigence d’écriture. Un pari brillamment remporté par Schenkman et Bixby, qui signent ici un film devenu culte sur Internet (il fait partie des plus téléchargés de l’histoire du web, sur les encouragements ouverts du producteur lui-même) avant d’avoir enfin droit, 4 ans après sa réalisation, à une sortie en DVD.

127 heures : complètement coincé

Envie d’aller explorer les gorges de l’Utah ? Demandez à Aaron Ralston de vous rencarder. Jeune alpiniste hyper-expérimenté, il vous prodiguera les meilleurs conseils possibles : s’hydrater souvent, se munir de bonnes chaussures de randonnée, ne pas oublier casquette et crème solaire, bourrer son sac à dos de barres énergétiques, embarquer son caméscope et une batterie de rechange – et surtout : faire attention aux rochers instables…

Pendant 127 heures, Aaron Ralston se retrouve coincé dans un canyon, le bras emprisonné par un énorme bloc de pierre détaché de la paroi rocailleuse. Au fond du trou, Aaron, qui n’a pas prévenu son entourage de son projet, se retrouve rapidement en manque d’eau et de nourriture, menacé d’hypothermie et d’hallucinations. Un état physique prétexte, pour le réalisateur britannique Danny Boyle, aux expérimentations visuelles qu’il affectionne. Entre le clip façon MTV et la publicité façon décathlon, il y a un pas que Boyle ne franchit heureusement pas, évitant au film de sombrer dans le tape à l’œil ou le ridicule (La plage, le pire film de sa carrière, n’y avait d’ailleurs pas échappé). Allégorie de l’éternel conflit entre l’homme et la nature, 127 heures est finalement moins une leçon de survie qu’une aventure spirituelle, magnifiée par la lumière parfois quasi divine d’Anthony Dodd Mantle. Dans cet amas d’images secouées et spectaculairement intimistes, James Franco, immobile pendant la plus grande partie du film, joue l’angoisse, la folie, la peur, l’espoir et le désespoir avec une belle conviction, jusqu’au geste final, inconcevable, terrifiant, douloureux. Indéniablement, c’est lui qui porte le film. A bout de bras… Le DVD du mois, c’est celui-là.


On ne les a pas vus mais on s’en fout (ou presque)

A quelques rares exceptions (Le parrain 2, Terminator 2…), les suites sont généralement moins réussies que les films qui les précèdent. Moyennement convaincus par le premier volet de Largo Winch, on a décidé d’assumer tous nos énormes a priori en décrétant que Largo Winch 2 serait complètement nul, et qu’on avait autre chose à faire que supporter la présence de Sharon Stone plus de deux minutes sur un écran de cinéma.

Bhoot est un film d’horreur, déconseillé aux cardiaques et aux femmes enceintes (c’était précisé sur un carton introductif). Mais le jour où on l’a découvert, on a bien failli mourir de rire. Car Bhoot, hommage avoué à L’exorciste de William Friedkin, est un film indien. Et les indiens, l’horreur, c’est pas leur truc. C’est donc avec impatience qu’on attend de découvrir Bhoothnath, un film dont on n’a même pas eu besoin de lire le synopsis pour vouloir le voir immédiatement, ne serait-ce que pour LA légende du cinéma bollywoodien, Amitabh Bachchan, dans le rôle d’un fantôme coincé dans le monde des vivants, et pris en pitié par un petit garçon. On prédit un mélange entre Sixième sens, La famille indienne et Casper.

A l’annonce des nominations aux oscars 2011, on a décidé de regarder tous les films concernés par la sélection pour pouvoir en faire de beaux articles pour Envrak. Tous, sauf un. Winter’s bone, de Debra Granik, qu’on n’a pas vu passer dans notre cinéma, et qu’on n’a pas eu le temps de téléch… de visionner de façon très très légale. Dommage, car cette histoire d’adolescente en charge de ses jeunes frères et sœurs en l’absence de leur taulard de papa, est pleine de belles promesses. Située dans la forêt enneigée des Ozarks dans le Missouri, le film dépeint visiblement, au vu de sa bande annonce, une communauté fermée sur elle-même, emblématique d’une certaine “Amérique profonde” déjà filmée par John Boorman, cinéaste dont Debra Granik semble se réclamer.

On vous parlait dans notre précédente chronique de notre nouvel ami, Florian Lahner, qui apprend aux gens à se défendre à l’aide de journaux, rouleaux à pâtisserie, jets de tongs ou de figues molles. Bonne nouvelle : Florian revient ce mois-ci avec un nouveau cours d’autodéfense que les mamies et les CRS vont adorer, puisqu’il s’agit de Matraque télescopique pour gendarmes et services de sécurité, édité chez “Independance production”. Grâce à Flo et à ses démonstrations, vous saurez enfin utiliser la matraque télescopique, “moyen d’intervention très efficace, avec laquelle vous pouvez terminer un combat avec peu de blessures pour tous les participants et d’une manière vite” (sic). Et ça ne coûte que 19,60 euros.

On vous a gardé le meilleur pour la fin : vous croyiez avoir tout vu en 3D ? Des schtroumpfs de 2 mètres chez Cameron, des petits poissons gourmands chez Aja, des robots grille-pain chez Bay… Voici les bimbos, pin-ups et strip-teaseuses chez “Fortitude”. L’éditeur nous promet “un spectacle de haute volée en Haute définition ! Une captation avec les toutes dernières caméras 3D utilisées pour le tournage d’Avatar. Une qualité d’image incomparable (fluidité d’images et de couleurs, profondeur de champ exceptionnelle et jaillissements en relief spectaculaires). Un réalisme saisissant pour une immersion totale dans l’action !”. On estime que ça se passe de commentaires.

Si les bimbos vous laissent de marbre mais que vous aimez bien les bigotes, M6 vidéo a déniché pour vous Nude Nuns with Big Guns (“nonnes nues à gros flingues”). Un certain Joseph Guzman y raconte le chemin de croix d’une religieuse violée, droguée et laissée pour morte par des tortionnaires qu’elle va mettre un point d’honneur à retrouver, Dieu lui-même lui ayant conseillé de faire justice par les armes. Quand Kill Bill rencontre Thérèse, ça donne ce petit film étiqueté “grindhouse”, dont on a vu aucune image mais qu’on va bien évidemment se hâter de dénicher.

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