La danse des cow-boys

02/06/11 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : , , ,

Le discours d’un roi : parole de monarque

Difficile pour un prince de monter sur le trône alors que la seconde guerre mondiale est sur le point d’éclater et que le futur monarque lutte contre un handicap qui pourrait le décrédibiliser aux yeux du royaume : son bégaiement.

On en a soupé, du biopic royal. Depuis la saga Sissi, les têtes couronnées inspirent avec plus ou moins de bonheur les cinéastes, qui, curieusement, ne s’étaient jamais penché sur le cas Georges VI (père de l’actuelle reine d’Angleterre). Un personnage pourtant fascinant, auquel Colin Firth (dont l’heureuse initiative de ne jamais surjouer vocalement est tout à son honneur) prête aujourd’hui ses traits dans Le discours d’un roi. Étonnamment, Tom Hooper ne joue pas la carte du classicisme que d’aucuns pourraient croire imposé par le genre même du film, et se permet une audace surprenante dans certains cadrages – la scène de la rencontre entre le futur roi et son thérapeute (interprété par Geoffrey Rush, dont personne n’a osé dire, par égard pour Colin Firth, qu’il était le meilleur acteur du film) est d’ailleurs emblématique de ce parti-pris formel. Hooper offre ainsi à ses deux interprètes l’occasion de livrer un duel absolument magistral, qui justifie à lui seul l’oscar du meilleur réalisateur que la moitié de la planète aurait volontiers offert à David Fincher pour The Social Network. Ici, on n’en démord pas, quitte à se mettre toute la planète geek sur le dos : finement écrit, superbement mis en scène, Le discours d’un roi, belle réflexion sur le pouvoir de la communication en politique – et jolie histoire d’amitié, pour ceux que ça intéresse – est un grand moment de pur cinéma, auquel on pourra tout juste reprocher de privilégier l’intime à l’Histoire. Et encore…
En DVD et Blu-Ray le 7 juin avec des b… b…. des b… bo… des suppléments.

Black swan : tutus tueurs

Brillante danseuse étoile de la troupe du New York City Ballet, Nina rêve d’obtenir le rôle principal du Lac des Cygnes, que s’apprête à diriger un chorégraphe de renom. Mais l’arrivée d’une nouvelle élève, Lily, tout aussi ambitieuse, l’oblige à donner le meilleur d’elle-même. Voire davantage.

Après The Wrestler, superbe portrait de catcheur désabusé et abimé par la tristesse, Darren Aronofski continue son exploration de la douleur des corps. A la brutalité de son précédent opus, le réalisateur oppose une grâce inhérente à la discipline filmée à l’écran – la danse classique – mais qui dissimule une forme de violence tout aussi éprouvante pour le spectateur : celle, psychologique, que s’inflige Nina (Nathalie Portman) dans sa quête de la perfection. Si la frêle danseuse n’éprouve presque aucune difficulté à aborder le rôle principal du mythique ballet de Tchaikovski – celui du cygne blanc – elle ne parvient pas, en revanche, à donner chair à son pendant “maléfique”, le cygne noir. Sa rivale, Lily (Mila Kunis, qui porte bien son nom), sexy en diable, semble mieux placée pour en assurer l’interprétation. En résulte, à l’écran, une déclinaison naturelle de la dualité entre bien et mal, noir et blanc… L’excès de manichéisme ne se fait pas attendre, malgré des envolées de mise en scène dont les emprunts au baroque et au grand guignol ne sont pas sans rappeler le De Palma des grands jours – une référence totalement assumée de la part d’Aronofski. Si la psychologie des personnages est parfois grossièrement surlignée, Black swan n’en n’est pas moins une vraie réussite, la caméra du réalisateur s’attardant aussi bien sur les pieds déformés des danseuses que sur les délires schizophrènes de l’héroïne, matérialisés sur la pellicule avec une virtuosité confondante. Avant l’explosion visuelle finale, les supplices infligés à Nina Sayers arracheront au spectateur des larmes de douleur et de sang.
En DVD et Blu-Ray le 29 juin avec des vilains petits bonus.

Stuck – instinct de survie : priorité aux piétons

Une jeune infirmière prend le volant en pleine nuit après une soirée beaucoup trop arrosée. Résultat : un coup de volant un peu trop brusque, des bris de verre sur le siège passager, un pare-choc en piteux état, et un piéton mort coincé dans le pare-brise. Terrifiée à l’idée d’aller en prison, la jeune femme décide de laisser le corps où il est, et de cacher la voiture dans son garage, le temps d’appeler son petit ami à l’aide. Sauf que le piéton n’est pas mort…

Réalisateur de quelques bobines cultes parmi lesquelles Re-animator ou encore King of the ants, Stuart Gordon fait son retour avec Stuck, qui connait enfin les honneurs d’une sortie DVD… 4 ans après avoir été mis en boite. Une injustice totale pour ce long-métrage qu’on aurait bien tort de cataloguer parmi les classiques horrifiques sus-cités. Si Stuck (qui signifie “coincé” en français) ne tarde effectivement pas à glisser vers le sanguinolent, le film débute plutôt sur une trame dramatique, une véritable tragédie sociale – on croirait du Ken Loach – qui permet au spectateur de découvrir la victime avant le bourreau : un homme éminemment sympathique (car interprété par le trop rare acteur irlandais Stephen Rea, gage de sérieux), qui vient de perdre son emploi et se retrouve à la rue. C’est d’ailleurs là, dans la rue, qu’il sera un peu plus tard fauché par le véhicule de Brandi (Mena Suvari, la nymphette d’American beauty), une infirmière fraîchement promue à un poste très avantageux. Un accident terrible manifestement utilisé par Gordon pour illustrer la collision entre deux mondes et dénoncer l’un des maux de la société : l’individualisme forcené. Le déferlement de violence engendré par cette “rencontre” sert au final le discours presque attendrissant d’un papy qui aujourd’hui, est moins effrayé par les monstres de fiction que par l’horreur brute de nos vies quotidiennes. Car si Stuck est aussi perturbant, c’est aussi parce qu’il est inspiré d’un fait réel.
En DVD le 1er juin avec des bonus encastrés.

Alamar : le père et la mer

Nathan plie bagages : pour les vacances, le garçonnet ira rejoindre son père au Mexique. Tous deux embarqueront en pleine mer, pour rejoindre Banco Chinchorro, l’une des plus grandes barrières de corail. Les liens entre l’homme et son fils se resserreront. Ils iront se baigner. Ils mangeront du poisson, des fois ils échangeront quelques mots. Ils se regarderont avec tendresse et ils retourneront pêcher, avant de rentrer à la maison pour nourrir leur mouette. A part ça, rien.

Alamar, premier film de Pedro González-Rubio, a des qualités : à la manière du célèbre Nanook l’esquimau de Robert J. Flaherty, ce long-métrage aux allures de documentaire décrit un mode de vie protégé de la société de consommation, sans tomber dans la fable écologiste donneuse de leçons. Mais Alamar a aussi des défauts : si les images de ce paradis sur terre (et mer) apaisent le spectateur, elles lui feront le même effet qu’un numéro d’Ushuaïa rediffusé à 3h du matin ou qu’un somnifère en forme de fleur : c’est beau, mais ça endort.
En DVD le 7 juin avec des bonus iodés.

True Grit : no country for young girls

1870, dans l’Ouest américain : Mattie, adolescente au tempérament bien trempé, veut venger la mort de son père, abattu pour deux pièces d’or. Pour le retrouver et le faire pendre, elle fait appel à Rooster Cogburn, un marshal usé et alcoolique. Elle ignore cependant que le texas ranger LaBoeuf veut lui aussi capturer le meurtrier contre une belle récompense. Tous trois vont faire la route ensemble… tant bien que mal.

On commence à croire que les frères Coen seraient incapables de rater un film, même s’ils essayaient très fort.
Tout en respectant scrupuleusement les codes d’un genre poussiéreux au possible – le western – le duo parvient à le transcender, en lui apportant une touche de féminisme, une grosse dose d’humour noir, et leur amour immodéré pour l’absurde. S’ils délaissent par moment l’excentricité de leurs précédents films, la marque des Coen est bien présente : une mise en scène à la fois “carrée” et onirique, une photographie sublime assurée par le chef op Roger Deakins, des dialogues enlevés, des vraies gueules de cinéma, un cynisme parfaitement circonstancié, pas mal de cruauté. Et des acteurs fidèles : Josh Brolin et Jeff Bridges (incroyable dans le rôle du marshal vieillissant à l’accent noyé par le whisky), entourés par les nouveaux venus Matt Damon et la révélation Hailee Steinfeld, 14 ans, véritable bout de mec en jupons capable de tenir tête à n’importe quel freak de l’ouest.
Un morceau de cinéma à l’état brut, moins perturbant que No country for old men, moins absurde que The big Lebowski, moins drôle que O Brother where art thou, moins glacé que Fargo, moins noir que Sang pour sang, moins élégant que The Barber... mais un peu tout ça à la fois. Forcément, True Grit est notre DVD du mois.
En DVD et Blu-ray le 23 juin, avec des bonus plein le chargeur.

On ne les a pas vus, mais on s’en fout (ou presque)

On aimait bien l’époque où la réussite d’un effet spécial n’était pas forcément dépendante des progrès technologiques. On aimait bien Tron (1982). On a du mal à accepter que le film culte de Steven Lisberger fasse l’objet d’une suite dont la bande annonce laisse présager le pire en matière de scénario et surtout, d’effets numériques. Tron l’héritage, c’est sans nous.

Les ch’tis de Dany Boon nous avait laissés de marbre, on a rien à déclarer au sujet de son nouveau film, dont les images subies dans les JT lors de sa sortie salles nous ont fait autant d’effet que la 400 000ème rediffusion de la Grande vadrouille sur TF1 (et encore, celui là, il était drôle).

Le 29 avril, votre rédactrice ciné fêtait ses 32 ans, mais tout le monde s’en est royalement foutu, préférant suivre à la télévision le mariage de Kate et Willy. Soyez heureux, bande de traîtres, vous pourrez maintenant vous offrir le DVD de la cérémonie, proclamé DVD-qui-sert-à-rien du mois.

Si, comme nous, vous n’êtes pas particulièrement fan de Mélanie Laurent, vous n’aurez aucune raison de vous ruer sur le DVD de Requiem pour une tueuse. Et Mélanie en tueuse, ça nous paraît aussi crédible que Marine en présidente de la république.

Français, vous avez peur, car les sauvageons à capuche vont pulluler sur les plages cet été pour dérober vos chapeaux de paille (les salauds…) Heureusement, le sympathique Florian Lahner est là pour vous aider, grâce à ses cours d’auto-défense révolutionnaires. Florian vous apprendra à utiliser les objets qui vous entourent pour protéger vos biens : journal enroulé, lampe de poche, ceinture, écharpe, et autres… Autodéfense avec objets quotidiens est un DVD qui sort ce mois-ci, il coûte 24,99 euros, on ne sait pas trop à quoi il sert, mais il existe.

De saison ce mois-ci, le traditionnel film de requin, représenté chez wild side par The Reef, qu’on n’a pas vu mais qui a l’air nettement moins pourri que Les dents de la mer 3 et 4. Le film étant construit sur une trame similaire à celle d’Open water, on se demande toutefois s’il présente un intérêt quelconque, mais on vous le signale quand même.

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