Le conte de la princesse Kaguya d’Isao Takahata – Quinzaine #Cannes2014

26/05/14 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : , , ,

kaguya afficheLa Quinzaine présente : le film testament du co-fondateur des studios Ghibli. Isao Takahata ayant mis près de huit ans à faire ce qui pourrait bien être son dernier long-métrage d’animation.

Story borde

Il faut savoir que Takahata ne dessine pas, d’où les énormes bonds graphiques de sa filmographie. Takahata réalise, confectionne le story-board et s’entoure de talents à qui il a dû dire ici : “qu’importe la simplicité pourvu qu’on ait le mouvement” – ou quelque chose du genre. Tantôt figée comme l’illustration du conte pour enfant qu’elle est, aux traits quelquefois grossiers, tantôt filante, époustouflante – presque possédée – l’image magnifique de Kaguya s’adapte au récit voire à l’humeur et/ou la maturité de son héroïne, à son état d’esprit. De même pour la bande-originale, signée du grand Joe Hisaichi.

Adapté d’une des légendes les plus connues au Japon, celle du coupeur de bambou, Le conte de la princesse Kaguya suit une petite souveraine trouvée dans une bambouseraie. Soit de son adoption par un couple de paysans et son évolution au sein d’un village en forêt, à sa résignation de jeune adulte dans la capitale où elle devient la plus courtisée.

Sur deux heures et quart, les deux parties (l’innocence de l’enfance versus les contraintes de la noblesse) s’appliquent dans leur narration très linéaire, semblable à une histoire qu’on raconte (ou qu’on lirait sans pouvoir sauter de passages). Quand le conte s’attarde sur la vie quotidienne du village, de la fabrication des bols en bois à la chasse au faisan, on se laisse emporter. Car le bâillement d’un nourrisson illumine le visage de ses spectateurs, que ses premiers pas les attendrissent autant que ceux de leurs propres bambins, et que la nature en fleurs leur apporte la sérénité. Quand les prétendants de son héroïne commencent à défiler dans la deuxième moitié, l’impression de déjà-vu nous renvoie à nos sièges. C’est la fin du kawaï, la faute aux sentiments plus intérieurs de Kaguya – parfois hermétiques malgré ses traits davantage affinés – à l’aspect comique outrancier du père, et à la volonté de Takahata d’être fidèle à la légende qui convoque les habitants de la lune (comme des cheveux sur la soupe).

C’est pourtant là que le film nous offre ses plus belles fulgurances esthétiques (cette scène, ce rythme, cette fuite comme un coup de pinceau qu’on ne veut vous spoiler) et ses émotions les plus contrastées. Ici qu’il est le plus dur avec la vie et les hommes, comme son cinéaste nous y a habitués. De fait, subjugués par la maîtrise du conte de Kaguya, entre mangas et estampes, nous n’exprimons qu’un regret : qu’il n’insiste pas sur sa résonance contemporaine. Du respect de la nature à son « souffrir pour être belle », il en avait les capacités.

Sortie le 25 juin

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