Le dahlia noir

01/07/07 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags : ,

Les admirateurs de Brian de Palma, déroutés par le tournant dangereux que prend la filmographie du réalisateur (Mission: impossible, Mission to Mars, Femme fatale… les fans en pleurent encore), attendaient beaucoup de ce Dahlia Noir, dernière chance accordée à celui qui a accumulé les chefs d’oeuvre depuis les années 70 jusqu’à son crépusculaire et sublime Carlito’s way (L’impasse) en 1993. Autant dire que l’impatience se faisait lourdement ressentir.
A la lumière du récit sordide mis en pages par James Ellroy, on comprend ce qui a pu pousser De Palma à vouloir en faire une adaptation: sous le prétexte d’une enquête menée par deux policiers suite au meurtre atroce de la starlette Elizabeth Short, le réalisateur se met en tête de perdre ses héros dans les méandres d’une histoire compliquée mêlant les thèmes qui lui sont chers. Cinéaste du “double je”, de l’obsession et du voyeurisme, De Palma trouve, en outre, dans le roman d’Ellroy, une seconde occasion, vingt ans après le brillant exercice de style des Incorruptibles, de se replonger dans les années 40. Mais cette fois-ci, exit les séquences virtuoses, les états de grâce, les excès osés de l’image et les “split-screens” de légende. Plus pépère, plus planplan, plus pourri, diront les mauvaises langues, le film déçoit, attriste, énerve. La narration confuse et les erreurs de casting viennent ternir ce tableau filmé au néon d’un meurtre dont la résolution n’a plus aucune forme d’importance pour le spectateur, largué au beau milieu d’une histoire incompréhensible.
Aaron Eckart attire l’attention, pendant que le fadasse Josh Hartnett n’en finit plus de s’empêtrer face caméra. L’incontournable Scarlett Johanson, beaucoup trop jeune pour son rôle de femme fatale typiquement illustratif, se contente de faire la moue, et l’on en vient à regretter que De Palma n’ait pas laissé plus d’espace à la magnifique Mia Kirshner, qui force l’admiration et le respect le plus total dans la scène de l’audition, seul morceau de bravoure qui, en toute sobriété, laisse entrevoir l’aspect simplement humain que le film aurait gagné à mettre en avant.
Comble du n’importe quoi, le cinéaste, Français d’adoption, n’a pas résisté à l’envie folle de donner un petit rôle à Mia Frye. Une apparition complètement inopinée dans un film raté qui n’avait pas, en plus, besoin d’être ridicule ne serait-ce que l’espace d’une courte scène…
Le retour du virtuose n’est donc pas pour tout de suite. Tout juste peut-on entrevoir, dans la dernière image – heureusement inoubliable – le reflet du génie que De Palma a été et qui sommeille encore en lui. Plus pour longtemps, on l’espère. Car ses fans, eux, n’ont pas fini de pleurer.

Du côté du DVD, les choses sont nettement plus réjouissantes, avec une flopée de bonus répartis sur deux disques:

– Bandes-annonces
– Lien Internet
– Dossier de presse cinéma à imprimer
– La vérité sur le dahlia noir : le documentaire sur l’incroyable enquête menée par steve hodel, ex-flic du lapd et auteur du livre “l’affaire du dahlia noir” (52 min/vf)
– La marque De Palma : le style visuel d’un réalisateur culte (17min/vost)
– Réalité & fiction: des faits réels à l’adaptation cinéma du best-seller de James Ellroy (12 min/vost)
– La scénarisation du film et le choix des acteurs (20 min/vost)
– La filmographie de Brian De Palma
– La galerie photos

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Pas de commentaire

    God_Schizo  | 02/07/07 à 16 h 33 min

  • je vais le regarder juste pour pouvoir en rire alors ^^

  • Sab  | 02/07/07 à 18 h 52 min

  • Le pire c’est que c’est même pas drôle… Laisse tomber, mate plutôt ses premiers films

  • Bertrand  | 11/07/07 à 21 h 58 min

  • J’ai en tête un plan séquence de 18 minutes au début de Snake Eyes, qui vaut à lui seul le détour… Comme quoi, même dans ses réalisations récentes, De Palma sait surprendre le spectateur.

  • Sab  | 11/07/07 à 22 h 32 min

  • Oui mais il a bien caché ses raccords, le coquin… 18 minutes oui, en apparence. Il l’a bien bricolé au montage, son plan séquence. Mais c’est drôlement bien fichu, ça c’est sûr

Laisser un commentaire