Le PIFFF au Grand Rex : Nom d’un chien !

07/11/15 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , , ,

pifff2015On l’a enfin trouvé, notre jeu de mots, à la faveur d’un changement de lieu qui loin du seul calembour foireux dont on vient d’affubler le titre de cette annonce, va surtout permettre au Paris International Fantastic Film Festival de gagner pas mal d’ampleur.

On a bien aimé les séances au Gaumont Opéra, mais la routine s’installant, on envisage avec curiosité la perspective de passer enfin quelques soirées dans ce fameux Rex dont on avait pu apprécier la déco… “vintage”, on va dire, lors de la présentation de Doctor Sleep par Stephen King, il y a deux ans. Mythique pour avoir hébergé nombre de séances bis à l’époque où on se faisait encore talquer les fesses et par le prestige qui l’auréole sans que pour l’instant, on sache trop pourquoi – c’est ça, être provinciale – le Grand Rex accueillera donc ce cinquième PIFFF du 17 au 22 novembre. Et si l’an dernier, malgré les innombrables pépites projetées, certains festivaliers avaient regretté le manque de gore et de fantastique dans la programmation (rabat-joie), ceux-là devraient normalement trouver leur compte cette année.

En compétition

Avant d’aller voter aux élections régionales (parce que c’est important), il faudra donc voter pour le prix du public du PIFFF (parce que c’est vital) : seront soumis au jugement des festivaliers, huit longs-métrages projetés en avant-première en France.

Blind sun, de Joyce A. Nashawati : Comme le titre et le nom de la réalisatrice ne l’indiquent pas, c’est en Grèce que ça se passe – pays qui même dans une réalité parallèle fantasmée, n’a décidément pas de chance : canicule, sécheresse, drame de l’immigration (enfin, on suppose). L’équipe du festival nous promettant “un beau cauchemar aride”, on prévoit de venir avec une piscine gonflable.
En présence de la réalisatrice.

Bridgend, de Jeppe Rønde : Comme le nom de son réalisateur (qui va prendre cher, côté jeu de mots) ne l’indique pas, c’est au Pays de Galle que ça se passe – pays où le soleil ne brille jamais et où les jeunes aiment bien se suicider. Un passe-temps problématique, mais qui donne lieu à un postulat de départ intriguant et inspiré de faits réels, survenus entre 2007 et 2009 (25 ados morts).
En présence du réalisateur.

Bridgend_PresseStill_0000346Bridgend

Curtain, de Jaron Henrie-McCrea : Un rideau de douche ouvre sur une dimension parallèle peuplée de monstres dégueus. Voilà. Tout est dit.

Der Nachtmahr, de Akiz : Venu des arts plastiques, le réalisateur allemand Akiz modèle ici son premier long-métrage, consacré au monde bruyant et inquiétant des fêtes électro et à une ado flanquée d’une créature qui ne la quitte plus. Un cauchemar qui semble emprunter autant à Polanski qu’à Cronenberg – des références en général difficiles à digérer, mais qui suffisent à susciter notre curiosité.

Don’t grow up, de Thierry Poiraud : On n’avait pas beaucoup aimé le premier essai des frères Poiraud, Atomik Circus, le retour de James Bataille. On a raté la comédie horrifique Goal of the Dead, par pure flemme (et parce que le film a eu le plus grand mal à sortir en salle). On se ruera pourtant devant Don’t Grow up, dont on aime le synopsis mêlant délinquance juvénile tendance Alan Clarke (Scum. Made in Britain. Chefs d’oeuvre) et infectés infanticides.
En présence du réalisateur.

Evolution, de Lucile Hadzihalilovic : Deuxième film français dans la compétition cette année, Evolution revisite les étapes de l’évolution humaine… en sens inverse. Avec pour décor une île coupée du monde où des expérimentations médicales sont menées sur de très jeunes garçons par leurs (supposées) mères, le film se veut une expérience qu’on nous promet avant tout sensorielle et immersive. On va bien rigoler.
En présence de la réalisatrice.


Evolution (2015) – Teaser International par pifff
Some kind of hate, d’Adam Egypt Mortimer : Encore une histoire de jeunes à problèmes, parqués dans une sorte de maison de redressement hantée par le fantôme d’une ado qui n’a pas l’air de faire dans la dentelle question mises à mort.

The Survivalist, de Stephen Fingleton : Un homme et deux femmes dans un monde apocalyptique où défendre sa cabane est devenu une question de vie ou de mort, voilà un postulat au potentiel lacrymal et suffocant comme on les aime. La dithyrambe étalée en très grosses lettres sur l’affiche de The Survivalist sous forme d’extraits de critiques enthousiastes nous pousse à envisager la bête de festival, le petit objet arty dont le grand public n’entendra parler mais qu’on aura eu la chance de voir sur grand écran avant sa confidentielle sortie en DVD (on espère que non, surtout si le film est digne de sa réputation).
En présence du réalisateur.

Hors compétition

Le droit de vote, c’est bien. Mais entre deux tours de scrutin, on pourra aussi découvrir tout ça :

Green room, de Jeremy Saulnier : Après Murder Party (qu’on n’a pas vu) et le magnifique Blue Ruin (qu’on a vu, donc), Jeremy Saulnier semble confirmer, avec ce troisième long à l’excellente réputation, qu’il a gagné sa place dans la liste des cinéastes à surveiller de près. Green Room, adoubé par la clique cannoise de la Quinzaine des réalisateurs (on ne sait pas trop si c’est une bonne chose), suit un groupe de punk rock témoin d’un meurtre raciste et traqué par les skinheads qui l’ont commis. On prédit un beau moment de sauvagerie.

green roomGreen Room

Le complexe de Frankenstein, de Gilles Penso et Alexandre Poncet : Le quota de documentaire est très, TRES alléchant cette année. Après le bel hommage rendu à Ray Harryhausen dans Le titan des effets spéciaux, Poncet et Penso (c’est nettement plus drôle sans les prénoms) partent à la rencontre des monstres mythiques du cinéma et de ceux qui les ont créés. On y croisera notamment Stephen et Charles Chiodo (Critters), Rick Baker (Le loup-garou de Londres), Phil Tippett (Star Wars, Willow), Chris Walas (La Mouche, Gremlins) ou encore Mike Elizalde (Hellboy). Sans doute le plus beau casting de ce PIFFF 2015.
En présence des réalisateurs.

Scream Girl, de Todd Strauss-Schulson : C’est avec ce film méta (dés son titre) que s’ouvrira le PIFFF le 17 novembre. Histoire de bien se marrer avant de passer aux choses sérieuses – mais pas que. A la manière du jeune protagoniste de Last Action Hero (John McTiernan), l’héroïne se retrouve propulsée dans le film qui a fait la gloire de sa défunte mère dans les années 80. Pas de bol : c’est un slasher. De quoi augurer un bel exercice de démontage des fameux codes du genre. A la manière de Wes Craven avec Scream ? On verra bien.


Scream Girl (2015) – Theatrical Trailer par pifff
Southbound, de Roxanne Benjamin, David Bruckner, Patrick Horvath, Radio Silence : Pas mal de monde derrière la réalisation de Southbound, film à sketches livrés par la bande de V/H/S. On n’en sait pas plus sinon que les cinq histoires ont pour lien une route poussiéreuse du sud des Etats-Unis et des liens de parenté avec La Quatrième dimension.

The 1000 eyes of Dr Maddin, de Yves Montmayeur : Deuxième documentaire de la mouture 2015, consacré au David Lynch canadien, le réalisateur Guy Maddin, auteur d’oeuvres étranges, marginales, artisanales et auxquelles pas mal de fans de cinéma “autre” vouent un véritable culte. Raconté par ses proches, dont les acteurs de ses films, Guy Maddin sort enfin de l’ombre – et permet à Yves Montmayeur d’être distingué au festival de Venise (meilleur documentaire cette année).
En présence du réalisateur.

The Virgin Psychics, de Sono Sion : Encore une bizarrerie japonaise au programme du PIFFF (après HK Forbidden Super hero de Yûichi Fukuda en 2013, ou encore the Mole Song de Takashi Miike et R100, de Hitoshi Matsumoto l’an dernier). Le très prolifique et éclectique Sono Sion, dans the Virgin Psychics, explore les super-pouvoirs d’une bande de jeunes puceaux et les super-tétés de quelques lycéennes courtement jupées. On ne va quand-même pas rater ça.

the-virgin-psychicsThe Virgin Psychics

Mais aussi

Du très lourd cette année côté classiques, avec à l’affiche des séances cultes, Sam Raimi (Darkman), George A. Romero (Incidents de Parcours), Philip Ridley (L’Enfant miroir) et John Carpenter (The Thing). Si tu viens pas, c’est que tu comprends rien au cinéma. Et surtout, tu rateras Philip Ridley, présent pour la projection de son film le 22 novembre.

La séance interdite, le 20 novembre en deuxième partie de soirée, permettra au public de découvrir le premier film du Néo-Zélandais Jason Lei Howden, Deathgasm, drôlerie gore sur un groupe de métal capable de “déchaîner les enfers sur leur petite ville”, dixit la note d’intention.

La nuit du PIFFF, le samedi 21 novembre de 22h jusqu’aux premiers rayons de soleil (comme ça se déroule à Paris, ce sera aux alentours de 16h30 le lendemain), sera consacrée à la Japanimation, avec la projection de quatre films : Jin-Roh, la brigade des Loups (de Hiroyuki Okiura), le Garçon et la bête (Mamoru Hosoda, en avant-première française), Mindgame (Masaaki Yuasa) et Short Piece (Hiroaki Andô, Hajime Katoki, Katsuhiro Ôtomo, Shûhei Morita). Les organisateurs promettent “une expérience animée qui restera à jamais gravée dans vos mémoires”. Nous, on ne vous promet rien puisqu’on y connaît pas grand chose en japanimation donc on veut bien les croire sur parole.


The Boy and The Beast (2015) – Theatrical Trailer par pifff
Jolie nouveauté cette année : une séance jeunesse où les petits pifffeux pourront découvrir, avant tout le monde (le film sort le 3 février), Dofus, le film, adaptation du jeu vidéo encore plus vieux que ceux qui y jouent puisqu’il a été développé il y a plus de 10 ans. Ce premier volet d’une trilogie à venir sera présenté par ses deux réalisateurs, Anthony roux et Jean-Jacques Denis, le dimanche 22 novembre.

Enfin, comme de coutume, le format court sera au coeur de deux compétitions, une française et une internationale (trois courts hors compétition seront également projetés).

Et histoire de finir par le début, on signale aussi qu’une soirée d’ouverture, le mardi 17 novembre à partir de 22h, mettra à l’affiche les groupes Double Dragon (auteurs des musiques de bandes-annonces du festival) et Perturbator au Rex Club (Entrée : 12 € (hors consommations) / Gratuite pour les détenteurs du Pass Festival (hors consommations)  Billets en vente sur digitick.com et au Rex Club (5, boulevard Poissonnière, 75002 Paris) sur place, le soir de l’événement)

www.pifff.fr

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