Gérardmer 2013 : première fournée de films

01/02/13 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , ,

Petit aperçu des films projetés le premier jour des festivités, au lendemain d’une arrivée chaotique à Gérardmer (deux heures d’attente à l’arrêt de bus sous une pluie torrentielle, trois tentatives infructueuses avant de trouver le chalet dans lequel nous sommes logés…) La météo est presque miraculeuse (pas de pluie. Il n’en faut pas plus ici pour parler de miracle). On n’en dira pas autant pour le report du 2ème jour. Mais on n’y est pas encore…

THE COMPLEX de Hideo Nakata (Japon) – En compétition

Asuka emménage dans un nouvel appartement. Très rapidement, des sons étranges se font entendre depuis l’appartement voisin…

 On sort de The Complex avec une grande envie de spoiler, et on se sentirait presque légitime de le faire. D’une part parce que Hideo Nakata réutilise les idées – et la fin – qui ont fait son succès avec Ring – et surtout – Dark Water. D’autre part parce qu’il le fait sans les soigner, ni instaurer l’ambiance angoissante qui le caractérisait. Dépassé par ceux qu’il a inspirés, le réalisateur semble plus obsédé par l’idée de rajeunir sa recette à renfort de vues subjectives gênantes, effets spéciaux grossiers, ou exorcismes folkloriques. Embarrassant comme un lifting raté.

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LA MAISON AU BOUT DE LA RUE de Mark Tonderai (États-Unis) – Hors compétition

Elissa et sa mère s’installent dans la maison voisine de celle où une jeune fille a assassiné ses parents. Elle se lie d’amitié avec le fils qui a survécu au drame…

Depuis La cabane dans les bois, on se méfie des synopsis qui ont tout du film d’horreur pour ado américain. La maison au bout de la rue cependant, est exactement ce qu’il paraît être . Presque mignon dans son souhait de manipuler le spectateur sans le vexer, et définitivement américain (comprendre : édulcoré), le film mise sur les yeux bleus du garçon et la fraîcheur – ou le décolleté juvénile – de la fille. Parfois ils nous font rire.

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THE BAY de Barry Levinson (États-Unis) – En compétition

Dans la baie du Maryland, une bactérie non identifiée a contaminé le lac et ceux qui s’en sont approchés…

Soulagement. Surprise. En lieu et place de la chose hollywoodienne à laquelle on s’attendait, Barry Levinson (Rain Man, Good Morning Vietnam…) propose un film d’infectés certes un peu naïf (le message écolo, la diatribe anti-politicienne) mais pas dénué de qualités. La multiplicité des points de vue et la futilité de la moitié des personnages noient un peu le propos dans une profusion d’images dont certaines un peu trop répétitives pour nous embarquer franchement. Mais les sursauts inattendus et les effets gore assurent le spectacle.

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HOUSE OF THE LAST THINGS de Michael Bartlett (États-Unis) – En compétition

Alan et son épouse Sarah, une femme encore secouée par un traumatisme passé, décident de quitter leur spacieuse demeure de Portland pour passer des vacances en Italie. Alan fait garder leur maison par Kelly, bientôt rejointe par son frère cadet Tim et son petit ami Jesse.

Un couple en pleine destruction, un autre en pleine éclosion, une maison dans laquelle les souvenirs de l’un vont envahir la vie de l’autre. Curieux brassage des genres que ce House of the Last Things, où la photographie léchée, la bande originale alignant les grands classiques de Beethoven, Mozart et Verdi, les thèmes abordés (dédoublement, maison hantée, péché originel, autopsie de la cellule familiale) sauvent un récit un peu trop attendu. Dommage que l’ensemble s’éternise – on n’en voit pas la fin. Jamais – et que tout ce magma scénaristique n’arrive finalement qu’à une seule conclusion : s’intégrer dans sa propre famille quand on est un peu différent, c’est pas facile…

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THE CONSPIRACY de Christopher MacBride (Canada) – Hors compétition

Deux réalisateurs choisissent de centrer leur nouveau projet autour d’un théoricien du complot. Mais la tâche se révèle compliquée. Leur sujet est certes enclin à voir des complots partout, mais pas le fou à lier attendu. Ses arguments ont même une certaine logique. Et un beau jour, il disparait, tout simplement, sans laisser aucune trace.

Un sympathique documenteur qui propose – comme beaucoup de reportages de France 2 avant lui – de s’interroger sur les dangers des réseaux sociaux, des sectes, de l’arthrite et de la chasse en forêt. Assez passionnant dans l’ensemble, et vraiment perturbant quand il pousse le spectateur à se poser des questions essentielles (sur les frontières de plus en plus minces entre vie privée et vie publique) qu’il aimerait pourtant éluder pour aller tranquillement poster des photos de lui sur son wall.

the conspiracy

HASTA EL VIENTO TIENE MIEDO de Carlos Enrique Taboada (Mexique) – Hors compétition

Une jeune fille, internée dans un centre psychiatrique, commence à avoir des visions horrifiques d’une ancienne patiente qui s’est suicidée un an auparavant.

Premier film projeté dans le cadre de l’hommage à Carlos Enrique Taboada, Hasta el Viento Tiene Miedo (1968) donne un aperçu assez excitant du cinéma raffiné de ce réalisateur mexicain méconnu chez nous. Rappelant aussi bien les classiques de la Hammer que ceux de Mario Bava, ce film élégant dont le scénario semble avoir été écrit par Edgar Allan Poe en personne, offre par ailleurs une approche féministe du genre – audacieux, pour l’époque – qui n’est pas pour nous déplaire.

hasta el viento tiene miedo

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