Les origines du massacre

01/09/07 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags :

Si le mythe est tenace depuis la sortie du massacre originel en 1974, on ne savait pas grand-chose de l’ouverture de la boucherie. Tout au plus apprenait-on au détour de quelques scènes savamment pensées par Tobe Hooper que la famille Hewitt s’était lancée dans la consommation de jarrets humains suite au chômage imposé aux bouchers traditionnels par les progrès industriels et technologiques de l’époque. Une lecture sociale mise sur le banc de touche par le préquel commis l’année dernière. Auteur du méfait, l’américain Jonathan Liebesman se penche sur le cas Leatherface, héros neuneu et masqué au bras vrombissant du film de Hooper et de ses nombreuses suites. Une bonne intention ne suffisant pas à faire un bon film, Liebesman passe complètement à coté de son sujet, dont l’intérêt principal – l’enfance et l’adolescence de Leatherface – est expédié d’entrée de jeu dans un générique frustrant. Les furtives images des premiers jeux de massacre de l’homme au masque de cuir y défilent, comme autant de promesses non tenues d’un récit que le fan de la première heure aurait bien aimé entendre…

C’est regrettable mais c’est ainsi : le préquel de Massacre à la Tronçonneuse n’est qu’un vague remake du remake, une purge de plus dans une franchise usée jusqu’à la moelle, un étalage d’atrocités sans intérêt comportant son lot incontournable de bimbos en goguette – potentiels steaks sur deux jambes – et de blagues à deux balles.

Choisissant de faire l’impasse sur le film culte de Hooper (trop vieux, évidemment…), Liebesman opte pour une introduction directe du remake (réalisé en 2003 par Marcus Nispel), réembauchant pour l’occasion R. Lee Ermey, toujours monté sur ressort dans son énième interprétation du militaire énervé de Full Metal Jacket – ici en version shérif. D’ailleurs, ceux qui voulaient à tout prix savoir comment le bonhomme avait gagné son étoile – on les compte sur les doits d’un pied – auront enfin leur réponse. Mais force est de constater qu’on s’en fout pas mal.
Suspense insoutenable (mais pourquoi diable le grand-père de Leatherface a-t-il été amputé de ses DEUX jambes ? Et par qui ?? Ahlala on sait pas…), scènes chaudes (bisous avec la langue), ambiance d’époque (pattes d’eph de chez Agnès B), cascades spectaculaires (une fille sur une moto), tout y est. Sauf le principal : ça fait pas peur. C’est crade (du massacre en question, on voit tout), de mauvais goût (un carpaccio de bouseux pour le repas du soir), pas drôle (« mais pourquoi tu lui coupes l’autre jambe ? », « pour égaliser »), monté n’importe comment, filmé avec des moignons, gore pour rien, bref : inutile.

L’angle choisi par Liebesman, pourtant, aurait pu être prétexte à une nouvelle lecture tout aussi intéressante que celle de Hooper en 74 : l’amorce de son récit, situé en pleine guerre du Vietnam, oppose deux frères dont les points de vue divergent, le plus jeune des deux envisageant sérieusement de prendre le large le plus loin possible du champ de bataille.
Une poignée de dialogues plus loin, on pense distinguer une ébauche de dénonciation du conflit en Irak, mais même pas : « Non non » martèle Liebesman après la sortie du film, « je n’ai pas du tout pensé à ça ». Mais à quoi pensait-il, Liebesman ? Réponse de son scénariste, Sheldon Turner : « Tout l’intérêt était d’imaginer ce qui avait pu conduire ces gens à devenir ainsi. Quel était leur parcours ? A quoi avaient-ils été confrontés pour en arriver là ? Comment Monty s’était-il fait doublement amputer ? Pourquoi Hoyt n’avait-il plus de dents et surtout pourquoi était-il devenu shérif ? Et bien sûr, pourquoi Leatherface agit-il ainsi et quel secret se cache sous son horrible masque ? »
On connaissait déjà les réponses à la moitié de ces questions. Quant à savoir pourquoi Hoyt n’avait plus de dents, voilà une intrigue bien mince qui s’apparente fortement à une grosse blague.
Si Tobe Hooper était mort, il se retournerait dans sa tombe. Mais comme il ne l’est pas, on se prend à espérer qu’il se penchera en personne sur un VRAI préquel de son film culte. On peut toujours rêver.

Massacre à la tronçonneuse : le commencement, de Jonathan Liebesman.
Sortie en DVD le 6 Septembre 2007.
Edition Prestige, Keep Case, PAL, Interdit aux moins de 16 ans

Audio : Anglais Dolby Digital 5.1 Surround EX, Français Dolby Digital 5.1 Surround EX
Vidéo : Format 16/9 compatible 4/3, Format cinéma respecté 1.85, Format DVD-9, Film en Couleurs
Sous-Titre : Français

Contenu :
Version non censurée Director’s Cut (+ 5 minutes)
Commentaire audio de Jonathan Liebesman et des producteurs Andrew Form et Brad Fuller (VOST)
Making of : “Jusqu’aux os” (Down To The Bones – 43′ – VOST)
Scènes (dé)coupées dont 3 fins alternatives avec commentaire audio de Jonathan Liebesman et des producteurs (13′ – VOST)
Bande-annonce (VF/VOST)
Bandes-annonces Seven 7 (VF/VOST)

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Pas de commentaire

    dolly  | 01/09/07 à 17 h 09 min

  • j’ai vu ce film et franchement je comprends toujours pas pk les filles courent se réfugier dans une maison hantée lorsqu’elles sont poursuivies :s :s

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