L’Homme qu’on aimait trop de André Téchiné – Hors Compétition #Cannes2014

22/05/14 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , , ,

l'homme qu'on aimait tropAprès Bennett Miller et son Foxcatcher, c’est à André Téchiné de faire un tour du côté des faits divers pour son nouveau film. LHomme qu’on aimait trop revient sur l’affaire Leroux / Agnelet. Téchiné, le cinéaste du fait divers (rappelons qu’il a fait La Fille du RER) mêle ici romance et thriller.

Sur le papier, le film a tout pour séduire : un sujet intéressant (l’affaire Agnelet après avoir fait la une des journaux et des émissions spécialisées est aujourd’hui “bouclée”) et un casting des plus alléchants (Guillaume Canet, Catherine Deneuve et Adèle Haenel – oui, elle est partout cette année). Au final, on se retrouve devant un film inégal. Cette quête de justice menée par Mme Leroux, qui refuse de laisser la disparition de sa fille tomber dans les oubliettes, se perd derrière une histoire d’amour mal exploitée et une réflexion sur les relations dominant/dominé.

Agnès Leroux (Haenel), jeune héritière, s’éprend du conseiller de sa mère, Maurice Agnelet (Canet), un avocat playboy qui multiplie les conquêtes. La mère d’Agnès (Deneuve) ne voit pas cette relation d’un bon œil et est convaincue que sa fille a été manipulée depuis le début. Elle ne manque pas d’accuser l’amant, lorsque celle-ci disparaît subitement.  Inutile d’avoir suivi l’affaire dans la presse au moment des faits pour comprendre le film. Téchiné reprend les éléments de manière chronologique pour ne pas perdre son public. Derrière ce fait divers, se dévoile sous les yeux du spectateur une fresque familiale plus mystérieuse et sombre qu’il n’y paraît. Les rapports sont complexes et parfois pervers. Le cinéaste choisit d’amplifier cet aspect en mettant ses personnages en face à face. Si le tout se veut précis et affûté, il n’en demeure pas moins qu’une sensation d’étouffement, voire de raideur, émane de ces scènes.

Si apporter un aspect fictionnel à ce fait réel semblait séduisant, le tout manque franchement d’intérêt au final. Le réalisateur tente alors de tout miser sur la complexité psychologique de ses personnages et leurs confrontations. Malheureusement, cela ne suffit pas à faire oublier le côté téléfilm du dimanche soir sur TF1 qui émane de cet Homme qu’on aimait trop.

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