L’Idéal ou Octave chez les post-soviets

16/06/16 par  |  publié dans : A la une, Cinéma, Sorties

Adaptation de son roman Au secours, pardon, pour son retour au cinéma Fréderic Beigbeder réalise une comédie gentiment grinçante.

En 2007 Jan Kounen adaptait pour le cinéma le roman de Fréderic Beigbeder  99 francs avec Jean Dujardin dans le rôle d’Octave Parangon publicitaire borderline. Pour la suite des aventures d’Octave, c’est Gaspard Proust qui reprend le rôle principal et Beigbeder qui passe derrière la caméra. Les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble pour L’amour dure trois ans.

Ici, l’ancien publicitaire hédoniste se fait engager par une grande marque de cosmétique, et part en Russie accompagné de sa chef (Audrey Fleurot) pour trouver la futur star du mannequinat.

Beigbeder dit à propos de son film : « A l’origine roman confession, un homme seul dans une église et qui avoue ses péchés avant de se faire sauter à la dynamite, je voulais en faire une comédie sarcastique avec plus de mouvements, de rebondissements. Le cinéma corrige le roman, le texte est traduit dans un vocabulaire différend. Je désirais aussi réactualiser le texte, introduire des nouveaux faits, comme par exemple le mouvement des Femen. Il y aussi des éléments autobiographiques, la scène du petit garçon entouré de superbes mannequins en guise de nounous, je l’ai vécue. Mais le scénario n’est pas que de mon fait, nous avons travaillé à plusieurs, ont participé les scénaristes de 99 FRANCS Nicolas Charlet et Bruno Lavaine, plus Yann Le Gal. Gaspard Proust a aussi donné des idées. De toute façon l’avantage d’adapter son propre roman est qu’on peut le trahir sereinement ». L’écrivain réalisateur résume ainsi son projet : « Avec la fin de l’URSS il a fallu faire le deuil d’une utopie et se réfugier dans l’ironie et l’humour noir. » Et d’ajouter, fataliste : « C’est triste de grandir en étant tout le temps au deuxième degré .»

Jan Kounen avait su capter toute la folie de son personnage, amplifiant les situations du livre pour en tirer sur grand écran un feu d’artifice hallucinogène. Dans cette suite, à l’exception d’une party orgiaque sur le mode Very bad trip chez un oligarque poutinien, et de quelques bons mots tirés du roman, tout est tiède et sans relief.

Comédie cynique sur le libéralisme, satire du diktat de la beauté, recherche de la rédemption, regard désabusé sur cette Russie post-soviétique offerte au consumérisme… Dans ce fourre-tout, le scénario louvoie sans véritable fil conducteur, entre pamphlet et comédie mainstream.

Bernard Lopez

L’Idéal un film de Fréderic Beigbeder sortie le 15 juin

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