Maestro – tournage d’un autre monde

23/07/14 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : ,

Maestro

L’histoire de Maestro, sortie ce 23 juillet, la vraie, est émouvante : née en 2007 sur le plateau de tournage des « Amours d’Astrée et de Céladon » d’Eric Rohmer. Le pilier de la Nouvelle Vague et figure du cinéma d’auteur y dirigeait le fougueux acteur Jocelyn Quivrin qui, enrichi au contact de cette expérience, éprouvait le besoin d’en faire un film. Mais le destin en décidait autrement, puisque le comédien trouvait la mort, à 30 ans, dans un accident de voiture en 2009, la nuit même où son amie, la scénariste et réalisatrice Léa Fazer « bouclait la première version du scénario ».

Forcément, vu les circonstances, le projet était difficile à reprendre, mais sur la suggestion de sa maison de production, la cinéaste suisse s’est appropriée le sujet « plus avec de la nostalgie que de la tristesse », a franchi le pas et signe donc Maestro. A la fois comédie, histoire d’amitié et réflexion sur le cinéma, ses enjeux et sa magie, le film séduit par sa fraîcheur, sa sincérité et son casting. Parfait dans la peau du metteur en scène rebaptisé Cédric Rovère, Michael Lonsdale raconte : « C’était très agréable et très amusant, de se glisser pour une fois dans la peau de celui qui dirige. Dans la composition de mon rôle, je n’ai pas cherché à imiter Eric Rohmer. D’ailleurs je n’ai vu que peu de ses films et je n’aimais pas tellement les critiques qu’il publiait. Dans la Nouvelle Vague, je préférais François Truffaut, pour lequel j’ai tourné deux fois ».

Et en parlant de François Truffaut, difficile de ne pas penser, pendant la projection de Maestro, à La Nuit Américaine. Les deux films s’appuyant sur le concept de mise en abîme. « C’est certain mais l’idée n’est pas de se comparer à ce chef d’œuvre. Le Cinéma est ici plutôt un contexte qui fait partie de notre vie. Maestro parle d’un vieil homme qui continue à être engagé par ce qu’il fait et surtout qui aime la jeunesse, ce qui est assez rare ». Une jeunesse représentée à l’écran par l’incontournable Pio Marmaï (à l’affiche récemment de La Ritournelle, Dans la cour, prochainement dans Des Lendemain qui chantent), joue cet artiste insouciant, en quête de gloire mais propulsé dans une œuvre radicale, ainsi que Deborah François et Alice Belaïdi. Dans des registres différents, blonde intello au sourire ravageur ou brune pleine de tempérament, sont les atouts charme de ce film, qui, même s’il demeure un brin convenu et s’attarde sur les amourettes, se place dans le haut du panier des comédies françaises vues cette année.

Rezo films, 1h25, Sortie le 23 juillet 2014.

Photo Mandarin Cinéma – Rezo Films Nicolas Schul

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