Maleficent : Bad-ass au grand coeur

13/06/14 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : ,

Surfant sur la vague lancée par la série Once Upon a Time, Disney décide de réinstaurer les vilains et le film Maleficent n’est que la partie visible de cet iceberg. Car discrètement, en parallèle de la sortie du film, Disney a lancé une nouvelle campagne autour de ses sorties DVDs avec un packaging mettant en avant  les méchants, et permettant ainsi à Scar, Ursula ou encore Jafar de tirer la couverture.

machan10

Derrière ce déploiement de moyens, le discours est clair : les méchants sont bien plus que ce qu’ils paraissent et c’est d’ailleurs ce qui fait tout l’intérêt de ce Maleficent.

maleI_fique-affiche-47962Angelina Jolie (dont vous pouvez retrouver l’interview ici) tient le rôle titre de cette relecture de la Belle au bois dormant, inspirée directement de la version des Frères Grimm. L’actrice au visage anguleux est parfaitement convaincante en bad-ass au grand coeur qui doit faire face à un roi fou (Sharlto Copley) et une princesse charmante (Elle Fanning). Il ne faut pas s’attendre à un scénario exceptionnel, mais le tout réserve de jolies surprises et surtout plusieurs niveaux de lecture. On est touché par la scène entre Maleficent et bébé Aurora qui demande à être prise dans les bras et touche les cornes de la fée : la scène montre certes toute l’ambiguïté de la relation entre les deux femmes, mais aussi comment la jeune Vivienne Jolie-Pitt (jouant Aurora bébé) (re)découvre sa maman derrière ce maquillage. On souffre avec et pour Maleficent quand le futur roi Stéphane lui vole ses ailes dans une scène qui laisse suggérer un viol.

En voulant se faire plus sombre avec certains niveaux de lecture, Disney souhaite tout de même garder un poil de légèreté et un happy-end attendu par tous. Cela sous couvert d’un discours un peu plus adulte mais sans pour autant perdre le public cible qui reste la jeunesse. Sans compter qu’après Frozen, les studios d’animation continuent de prôner un certain féminisme en rappelant que le fameux “true love kiss” n’est plus réservé aux princes, mais peut aussi prendre tous son sens entre deux soeurs, ou une fée et sa “filleule”. Avec ce dernier point, on a ici aussi envie de rappeler que Once Upon a Time était là bien avant, mais vu que la série des studios ABC est en étroite collaboration avec Disney, les clins d’œils entre les deux univers ne se comptent plus.

La morale finale du vilain pas si vilain  et trouvant enfin le chemin de la rédemption, risque bientôt d’être éculée. Mais ici, si un personnage change de camp, le récit implique qu’un second prenne sa place. Le but étant de maintenir l’équilibre toujours délicat entre  le bien et du mal.

Pour un premier passage à la réalisation, Robert Stromberg, s’en sort avec les honneurs. Il faut aussi admettre que son expertise dans les effets visuels donne un cachet supplémentaire à cet univers où les décors et les créatures féeriques enchantent le spectateur.

Une relecture contemporaine qui regroupe tous les ingrédients d’un bon Disney : des batailles épiques, des personnages hauts en couleurs et surprenants (mention spéciale à Diaval incarné par Sam Riley), des effets spéciaux réussis et un scénario qui tient bien la route. Ce serait dommage de s’en priver.

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

1 commentaire

Laisser un commentaire