Mobil home : l’aventure au bout du chemin

05/09/12 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties

Il n’y a pas à dire, le titre de ce film de François Pirot, sorti le 29 août dernier, est bien trouvé. Mobil Home, ce sont ces maisons en carton pate qui parsèment les campings. Ni vraiment confort ni vraiment aventure. Une maison temporaire, quelque chose de pas vraiment installé mais avec une douche et un vrai matelas. Cet entre-deux là, Simon et Julien, deux copains d’enfance pas encore trentenaires, ne l’avaient pas prévu lorsqu’ils décident sur un coup de tête de prendre le large. Pour eux, c’est le grand voyage, le projet se veut ambitieux car longtemps refoulé. Un road-trip à la Kerouac aux frontières de l’Europe entre l’Islande et la Sardaigne. Sur une carte, ça semble si facile. L’envie d’un ailleurs donc, malgré les réticences de parents un peu largués, d’une sœur un brin conformiste, du fric qui manque. D’envoyer valser d’un seul coup une rupture amoureuse difficile pour l’un et la longue convalescence d’un père malade pour l’autre.

Mais l’euphorie sera de courte durée, le périple très vite stoppé. Le camping-car « de Hollandais », une « super occas’ » a vite montré ses limites. La faute à pas de chance, au manque d’expérience. Premier (gros) caillou dans la mécanique déjà pas très bien huilée. Il leur faudra composer. S’inventer un nouveau chez soi à quelques kilomètres de l’ancien. Se construire une autre vie, reprendre d’anciennes passions, se retrouver comme à 15 ans où la vie était simple. Mais les ados n’en sont plus, ils doivent se débrouiller seuls, cohabiter, trouver des petits jobs (scène mémorable d’arrachage de sapins !), faire des rencontres. Un fragile quotidien s’installe et éloigne le départ.

Ce film c’est celui d’une génération grandie à la fin des années 80, entre les études à finir à tout prix, le chômage qui guette, les histoires d’amour compliquées, la vie qu’on voudrait meilleure. Une génération de doutes, de tâtonnements, qui rêve malgré la sinistrose et ne se retrouve pas dans ce qu’on lui propose, dans ce qu’on réussit leurs parents : le boulot stable, le mariage, la maison à acheter. Sans idéalisme mais avec de l’espoir, Mobil Home nous fait réfléchir sur la vie que l’on souhaite, sur ce qu’on veut devenir. Une seule vérité émerge : il n’y a pas de ligne tracée et les chemins de traverse font toujours grandir. Finalement chacun aura muri et continuera sa route au propre comme au figuré. Spectateurs compris.

MOBIL HOME de François Pirot
Sortie salle le 29 août 2012
Avec Arthur Dupont et Guillaume Gouix.

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