Oblivion porte bien son titre

12/04/13 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : , ,

Andrea-Riseborough-Oblivion

(Andrea Riseborough, vraie star du film)

La seule raison de pourquoi on est allés voir Oblivion, c’est Olga Kurylenko  parce qu’en voyant la bande-annonce, on s’est souvenus qu’on a lu le scénario, et que l’exercice de comparaison du papier à l’écran est une de nos marottes. Et donc, sur le papier : Jack et Victoria, un couple sur une Terre dévastée par la guerre contre de méchants colonisateurs de planètes. L’humanité a fini par l’emporter (bombe nucléaire mon amour), non sans y perdre sa maison, devenue inhabitable. Jack et Victoria sont chargés d’assurer la maintenance des drônes qui traquent les derniers aliens. Dans deux semaines, ils seront rapatriés sur la station mère, avant d’aller vivre d’amour et d’eau fraîche sur un satellite d’on ne sait plus quelle planète. Seulement Jack est en proie à des visions récurrentes, d’une autre vie, d’une autre femme, avant la guerre. Quand la zézette en question se crashe sur Terre à bord d’une capsule de sauvetage, c’est toutes les croyances et la mission de Jack qui s’en trouvent chamboulées.

UN CIEL VANILLE (ABRE LOS OJOS)

Épiphénomène ou vraie tendance de fond : on a l’impression que de plus en plus de films prennent leurs temps avant d’entrer dans le vif du sujet. Merci Inception et Christopher Nolan en général, voir aussi Prometheus. Ca fait du bien, un cinéma grand public qui ne nous prenne pas pour des buses, qui vise au delà des ados de 13 ans et ne parsème pas son histoire d’explosions maousses toutes les 10 minutes. Dans Oblivion, il faut une bonne heure à la femme tentatrice pour débarquer sur terre, et à l’intrigue pour basculer. C’est reposant, intriguant, mais ça ne rend pas le film meilleur pour autant tellement la vision de ce monde dévasté manque singulièrement de piquant. Insipide et noyée dans une musique ronflante omniprésente, cette première heure offre zéro point de vue, elle est surtout là pour tenter de nous faire croire que Tom Cruise ne vieillira jamais, qu’il est encore très swag avec un fusil à la main, ou cheveux au vent et lunettes noires à moto, figure récurrente de sa cinématographie depuis Top Gun (voir aussi MI:3).

La deuxième heure – où, comme Néo, Jack choisit de prendre la pilule bleue et de lever le voile sur La Vérité – est un poil plus excitante, culminant graduellement vers un gentil bon twist des familles, qui voit l’amour triompher à travers les âges et surtout, les enveloppes corporelles. Las : dans l’ensemble aussi dépouillé que lisse (le design déjà à l’oeuvre dans Tron l’héritage, ça passe ou ça casse), Oblivion s’oublie très vite. Seules aspérités du film : Andrea Riseborough (Victoria), émotions à fleur de peau sur un visage de porcelaine, et, à la fin, probablement le plus gros (littéralement) hommage à 2001 l’odyssée de l’espace qu’on aie vu.

Oblivion se traduit par “oubli” (lost in oblivion : plongé dans sa “bulle”).

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