Cinéma allemand 2012 : Oh Boy ! (Oh Junge !)

14/10/12 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : ,

Un joli premier film survolant la société berlinoise.

C’est armé de notre connaissance nulle en cinéma allemand et d’une LV2 espagnole menée de mano de maestro que nous descendons les marches tapissées de l’Arlequin à Paris pour aller poser nos gesäß dans les fauteuils douillets de cette magnifique salle 1.

Ici se passe le 17ème Festival du cinéma allemand et se projette en cette soirée du 10 octobre Oh Boy !, film d’ouverture réalisé par le jeune Jan Ole Gerster, ancien stagiaire sur Good Bye, Lenin! menant aujourd’hui sa barque comme un grand aux côtés d’un Tom Schilling talentueux protagoniste de sa ballade allemande.

Niko, incarné par ce dernier, vogue dans un Berlin contemporain à la recherche de rien et se laisse aller aux divagations du courant (nous ne lâcherons pas notre allégorie de la barque de sitôt) de la ville, au gré de ses nécessités, de ses envies et de ses acteurs. Nous suivons alors Niko dans ses mésaventures à travers des scènes ou s’enchainent les rencontres.

UNE HISTOIRE SANS FIN

Une réflexion sur le jugement du psychologue ou la frigidité des contrôleurs de transport en commun sont deux des sujets anecdotiques abordés, la stupidité de la jeunesse racaillante toute vêtue de Lacoste a elle aussi le droit à son moment de gloire. Sans oublier la sentimentalité enfouie d’un fan de foot sur canapé ou de l’alcoolique de comptoir, l’acteur raté, la complexée névrosée ou l’incompréhension habituelle face à l’art contemporain, tous présentés là devant les yeux sans jugement d’un Niko inexistant. Une ironie dans l’air du temps qui ne prend pas le risque de bousculer la société telle qu’elle est en se contentant de la dépeindre telle qu’elle semble être.

Un long métrage que l’on pourrait alors renommer L’histoire sans fin (ni dragon ni Bastien, mais avec Niko), tant le scénario ne fait qu’enchainer le survol de personnages pas si secondaires aux histoires racontées au présumé protagoniste subissant. Une sorte de road trip berlinois emmené par un candide suivi par le spectateur où chaque minute nous amène dans un lieu différent à la recherche d’un personnage, réel protagoniste, à découvrir.

Le réalisateur avouera en fin de projection avoir vécu cette journée, et s’explique alors sur le point de vue interne adopté du début à la fin de Oh Boy! et la trame décousue du film. Ce manque de lien n’est-il pas le sujet central, finalement ? On pourrait alors supposer qu’Oh Boy! tente de mettre en forme le fond d’un archétype de la société contemporaine, aux sujets multiples et complexes mais individualistes, sans attaches.

Le film est esthétiquement maitrisé et le magnifique éclairage de la séquence introspective nostalgico-alcoolisée ne rend la scène emmenée avec talent par le charismatique Michael Gwisdek que plus belle.

Oh Boy ! est plaisant au visionnage, et ne bouleverse rien : ni le spectateur ni les lieux communs ni le cinéma. Il réussit toutefois avec légèreté la peinture d’une société avec ses belles individualités que chacun cultive de son côté.

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