Omar Sy et François Cluzet “Intouchables”

02/11/11 par  |  publié dans : Cinéma, Sorties | Tags : ,

C’est l’histoire à la fois inspirée de faits réels et bigger than life qui liera Driss, un garçon des cités (Omar Sy) à Philippe, aristocrate devenu paraplégique après un accident de parapente (François Cluzet). Habitué à se faire blackbouler d’entretien d’embauche en entretien d’embauche, Driss est juste venu faire signer ses « papiers Assedics » et en finir vite. Philippe, cloué sur son fauteuil roulant, en a plus qu’assez de se voir traiter comme un service en porcelaine par son entourage, il cherche un garde-malade qui le traitera enfin comme un homme. Contre toute attente ces deux éclopés de l’égo s’entendent bientôt comme larrons en foire. Le cynisme de l’un fait écho à la détresse de l’autre. La gouaille et le bagoût de la rue résonnent avec la délicatesse et la fierté des beaux quartiers. Philippe mettra Driss sur les rails d’une vie meilleure, lequel, en retour, l’aidera à (re)trouver l’amour. Message imparable. Le film aurait pu s’appeler « Invincibles ».

Des compères Tolédano-Nakache, on en était resté à Nos jours heureux, court-long-métrage exagérément étendu et aussi laid que poussif. La dernière fois que la cité s’est invitée chez les gens de la haute, c’était Neuilly sa mère : une fois passée la curiosité (un film en forme d’enfant du sarkozysme ?) ne restait qu’une comédie dramatique gentillette et tout aussi mal fagotée. Mal barrés, y compris sur papier (le combo cité et paraplégie, attention les violons !), les deux réalisateurs ont cependant soigneusement négocié les écueils annoncés pour faire d’Intouchables un film hilarant, et peut-être la comédie française de l’année.

BARRE DE RIRE > BARRE D’IMMEUBLE

Le 4×4 noir de lascars rôdant autour d’un ado qui se cherche, une mama seule qui fait des ménages tard le soir, des appartements aux murs enluminés, de la musique classique, un ami qui se demande « si tout ça est bien sérieux, Philippe, les gens se font du souci pour toi » : malins, Tolédano et Nakache reléguent les sujets à thèse au rang de décors brossés à petites touches délicates. La comédie exige la légèreté d’écriture, et ils le savent : Driss est plus grand frère que racaille. Philippe est plus fêlé de l’âme que psychorigide. Il faut un socle commun pour que les caractères forcément opposés puissent forcément s’accorder au cours de la comédie. Au final Intouchables a le bon goût de faire primer l’histoire à hauteur d’homme sur la comédie de moeurs et le choc des cultures ; même si celui-ci donne lieu à des scènes réjouissantes (visite à l’opéra).

Comédie de vannes plus que comédie de situation, Intouchables est largement suspendu à l’abattage d’Omar Sy. On le jurerait en roue libre, les réalisateurs assurent que tout était dans le scénario. Du sur mesure que ce rôle de grand frère qui n’a peur ni des flics, ni des huiles garées en double file, ni des questions qui gênent : comment on baise quand on est paralysé ? En face, Cluzet est forcé à la retenue, lui aussi tout aussi bien servi par les dialogues, et la capacité de l’acteur à jouer avec ses yeux est surprenante. Plus Ray et Charlie [Rain Man] et Miss Daisy et son chauffeur que Le Quesnoy et Groseille [La vie est un long fleuve tranquille], Sy et Cluzet font des étincelles et s’apprivoisent à coups de réparties bien senties qui provoquent d’énormes barres de rires. Jusqu’à ce que la couleur de peau de l’un et le fauteuil roulant de l’autre s’effacent au profit d’une histoire de camaraderie sensible et touchante.

Illustrations © 2011 GAUMONT – QUAD / PHOTO : THIERRY VALLETOUX

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2 commentaires

    louage  | 08/11/11 à 8 h 53 min

  • je voudrai savoir ou me procurer le livre

  • supertheo77  | 03/12/11 à 21 h 29 min

  • jamais vu un film aussi naze !!! content de ne pas avoir payé ma place!! ;-)

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