On va tout péter

18/05/19 par  |  publié dans : A la une, Cinéastes, Cinéma, Festival | Tags : , , , ,


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Synopsis : Un mix de blues et de rock and roll : voilà le secret d’une révolte réussie. Quand je suis arrivé en plein cœur de la France dans l’usine d’équipement automobile GM&S menacée de fermeture, j’ai senti qu’un concert exceptionnel allait s’y donner.

Il le fut : paroles inventées par des salariés poussés au-delà des limites du supportable, musique écrite par des êtres humains déterminés à bouleverser toutes les règles, y compris celles de la lutte… Et comme le son était suffisamment fort pour attirer les médias nationaux, le concert a résonné dans le pays tout entier. J’étais là, caméra en main, composant mon film grâce au lyrisme déchaîné de ces hommes et de ces femmes, en retrait, mais avec eux.

Avis : Diviser pour mieux régner ou plutôt ignorer pour épuiser ! Voici peut-être la devise des actionnaires et de l’Etat pour continuer à valoriser le profit. Regard extérieur et passeur d’images underground, durant plus de neuf mois, Lech Kowalski a suivi, caméra épaule façon grand reporter, la lutte de ces 277 employés de l’usine GM&S, menacés de licenciement. Une lutte solidaire et surtout sans violence, parfois essoufflée faute d’être entendue, dirigée tambours battants par les représentants CGT de leur entreprise. Le documentaire au cadrage en mouvements incessants pour matérialiser la dynamique de leur quête de solutions miraculeuses, leur désarroi aussi, est parfois fatiguant, mais le chemin emprunté par ces ouvriers le justifie. En effet, à l’épuisement physique s’ajoutent les problématiques sociales et familiales de ceux qui ont donné pour la plupart, plus de 30 années de leur vie à cette industrie métallurgique. Comment concevoir un lendemain quand on a passé la cinquantaine et qu’on a toujours travaillé dans un seul et même lieu ? Plus que l’aspect purement matériel du manque d’argent, c’est surtout une perte d’identité qui est abordée, entre émotions sensibles et toujours emplies d’humanité. Par ses captations et sa voix off qui interroge, explique, contextualise, Lech Kowalski se fait témoin de leurs manifestations et de leurs vaines tentatives de réunions ou d’appels au secours, suivi par les médias locaux et nationaux contraints parfois à ne pas filmer certaines rencontres. Et si les forces de l’ordre répondent à leurs obligations, leur compréhension et leur compassion sont palpables.

Sachant que 8 ans plus tôt, le cinéaste avait filmé une situation similaire dans une usine textile dont l’issue a été tout aussi vaine, sachant également que les mouvements des gilets jaunes perdurent depuis maintenant de longs mois sans résultat, au terme de la projection, on est en droit de se demander à quelle hauteur s’élève réellement le fossé entre les décideurs et les employés ?! Mais aussi, quelle est la probabilité d’inverser la position des actionnaires quand on est au bas de l’échelle ? En assistant à ce documentaire, on en vient à se résigner : Y croire encore devient presque une utopie.

Sortie : Prochainement (Durée 1h49)

Distribution : Revolt Cinéma

De Lech Kowalski

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