Philadelphia

01/03/07 par  |  publié dans : Cinéma, DVDs | Tags :

Réalisateur jugé indispensable après la moisson de récompenses et de traumatisés engrangée par son Silence des Agneaux en 1991, Jonathan Demme s’attaque, deux ans plus tard, à une peur bien moins viscérale (encore que…), bien plus sociale : celle du sida, et, surtout, de l’homosexualité.

Jeune avocat brillant et plébiscité par ses supérieurs, Andrew Beckett (Tom Hanks) est destiné à une carrière fulgurante. Jusqu’au jour où ses associés apprennent qu’il est atteint du sida. Prétextant une faute professionnelle, ils le mettent à la porte. Soutenu par sa famille, Andrew décide d’attaquer le cabinet pour licenciement abusif.

Porté par l’interprétation sans faille de Tom Hanks et Denzel Washington (dans le rôle de l’avocat qui défend Andrew Beckett), Philadelphia souffre aujourd’hui d’une légère obsolescence à mettre sur le compte d’une évolution des mentalités. Se “vantant” d’être le premier film hollywoodien traitant du thème du sida, Philadelphia est avant tout un plaidoyer contre l’homophobie, véritable raison qui pousse les supérieurs d’Andrew Beckett à se débarrasser de lui.
L’intention est louable, on en convient. Ce qui est plus gênant reste pourtant le portrait que Demme fait de son personnage central : riche, ambitieux, intelligent, entouré d’une famille remarquable n’hésitant pas à ouvrir grands leurs bras à son petit ami (Antonio Banderas, dans son premier grand rôle américain après une carrière extraordinaire chez Almodovar), Andrew Beckett semble tout droit sorti d’un catalogue de bons sentiments. A posteriori, on est en droit de trouver plus réalistes les protagonistes du film de Cyril Collard, Les Nuits Fauves, et son ambiance crue et passionnée.

Reste que Philadelphia, s’il constitue un mélodrame rempli de bonnes intentions, fait passer le message en douceur, à grand renfort de scènes passées à la postérité : celle dite “de la Callas”, lors de laquelle Andrew Beckett exprime son acceptation d’une mort imminente, est à ce titre la plus significative.
Bien sûr, on sait que Beckett gagnera son procès, bien sûr, on sait qu’il mourra à la fin, bien sûr on sait que ce rôle-là va faire de Tom Hanks une star. Ce que l’on sait moins, c’est que le film, contre toute attente, participera à faire évoluer ces fameuses mentalités qui, aujourd’hui, contribuent à le faire tomber en désuétude. Pourtant, plus d’une décennie après sa sortie, Philadelphia constitue plus que jamais une oeuvre d’utilité publique, car si les gens sont de plus en plus nombreux à savoir comment éviter la maladie, l’homophobie, elle, semble toujours incurable.
Enfin, Jonathan Demme, mélomane averti (on se souvient – ou pas – de son Stop making sense, captation d’un concert des Talking Heads, et de son très récent documentaire sur le grand Neil Young, Heart of gold), apporte un soin christique à la bande originale, où se croisent Bruce Springsteen, Sade, Howard Shore, Maria Callas, Neil Young… Un must.

Concernant le DVD, on peut s’interroger sur la pertinence de cette ressortie, trois ans après une édition flambante où rien ne manquait : scènes coupées, documentaire, making of, interviews, spots TV, clips, etc., alors que le DVD sorti ce 22 février est désespérément vide de tout bonus.

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8 commentaires

    engy  | 01/03/07 à 13 h 49 min

  • Article magnifiquement écrit qui donne envie de se faire sa propre idée… je n’y manquerai pas ;)

  • Lord Galean  | 01/03/07 à 17 h 42 min

  • Boud’, tu me déçois, pour se poser ce genre de question, il faut vraiment ne rien comprendre au cinéma américain :( allez va, c’est pas grave, retourne admirez le cinéma de merde français type Irréversible, lui ça c’est sûr, il est pas “plein de bons sentiments” ;)

  • Sab  | 01/03/07 à 18 h 39 min

  • Tu sors

  • Sab  | 01/03/07 à 18 h 39 min

  • A part réaliser des films pourris, tu sers à rien

  • Lord Galean  | 02/03/07 à 9 h 54 min

  • C’est juste que Philadelphia c’est de la bombe, jamais le cinéma français n’égalera Demme, ça c’est kleer :)
    Tu les a même pas vu mes films pourris en plus ;) :)

  • capucine  | 02/03/07 à 13 h 05 min

  • Moi je le trove toujours aussi beau. Un film qui souleve les bonnes questions avec autant d’intelligence sont rares. Si le film a fatalement “vieilli”, il rend compte des peurs d’une epoque face à une maladie qui était encore mal connu. Il constitue un film-témoin important aujourd’hui, dans une époque ou les choses n’on pas franchement bougé.
    Tom Hanks est toujours admirable et la musique et toujours aussi génial! Vraiment ce film est indispensable.

  • Lord Galean  | 02/03/07 à 18 h 40 min

  • oki, alors malheureusement pour la post synchro j’ai été un peu obligé vu que mon acteur parle pas un mot d’anglais, pour le reste, je l’ai vu plusieurs fois sur le site et ya bien la fin, ça devait être un problème de serveur le jour où tu l’as vu. Et c’est pas méchant quand je dis va adorer le cinéma français alors que toi ton discours est méchant, moi j’adore Philadelphia alors ça me hérisse de voir les gens se demander si c’est un pamphlet larmoyant :( c’est comme ce crétin de Yannick Dahan qui ose critiquer Dracula de Coppola en disant que c’est un navet, non mais c’est quoi ce petit con, ça a même pas 30 ans et ça voudrait en remontrer au grand Francis Ford Coppola; mdr !

  • Sab  | 04/03/07 à 15 h 35 min

  • J’en connais un qui a même pas 30 ans et qui voudrait en remontrer à Stanley Kubrick. C’est pire. Allez, tu sors

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