PIFFF 2013 : La programmation

12/11/13 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , , ,

PIFFF2013Des films fantastiques sur grand écran ? De nos jours, une telle perspective est presque inenvisageable. A moins de s’appeler James Wan ou de photocopier à tire-larigot les mêmes scénarios à base de jump-scares moisis (un million de dollars de budget par jump-scare, en moyenne), difficile pour les cinéastes officiant dans “le genre” (terme valise dans lequel on balance un peu tout) de pouvoir compter sur plus de 10 copies en circulation – si leurs films n’atterrissent pas directement au rayon DVD. C’est dire si les festivals spécialisés sont précieux. On a vu Gérardmer, on en est revenue, démoralisée par la météo du coin (on est sudiste. On assume). On a vu aussi le PIFFF en 2012, et là en revanche, grosse satisfaction au niveau climatique. Coup de bol : la programmation suit. De quoi justifier un nouvel aller-retour ce mois-ci, malgré l’avertissement insistant de Nathalie Rihouet (7 degrés de différence, ça fait beaucoup…) On se fera quand même violence pour aller découvrir une poignée de films dont on attend pas grand-chose. Mais on est bien capables d’être à côté de la plaque.

On les attend

All Cheerleaders Die

Une lycéenne rejoint l’équipe de pom-pom girls et part bientôt dans une croisade violente et surnaturelle contre les garçons de l’équipe de football…

May avait plus ou moins fait l’unanimité. The Woman, pas du tout. On a aimé les deux, on a eu des réserves sur The Woods. Mais globalement, on apprécie assez le cinéma de Lucky McKee pour attendre avec beaucoup d’impatience la projection de All Cheerleaders Die, co-réalisé avec Chris Sivertson (The Lost, qu’on a adoré, lui aussi). En compétition.

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L’Étrange Couleur des Larmes de ton Corps

Une femme aux mœurs dissolues disparaît. Son mari mène l’enquête et glisse dans un cauchemar sans limite.

Amer était l’un des meilleurs films de l’année 2009, toutes catégories confondues. L’univers visuel expérimental de Hélène Cattet et Bruno Forzani, renversant de beauté, a été décliné par la suite, à toute petite échelle, dans The ABC of death, dont il était le plus sublime segment. De tous les films présentés cette année au PIFFF, l’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps est donc celui qu’on ne ratera pour rien au monde. Pour l’occasion, on sortira le perfecto en simili cuir (parce que le vrai cuir, c’est de l’animal mort). En compétition.


L’etrange Couleur des Larmes de ton Corps (2013… par pifff
The Battery

Deux joueurs de baseball aux caractères opposés apprennent à (sur)vivre ensemble dans un monde dévasté et dominé par des « infectés ».

On mise toutes nos pièces jaunes sur The Battery pour le prix du public cette année. Le film, précédé d’une réputation très flatteuse après ses projections dans divers festivals, confronte deux joueurs de base ball à une invasion d’infectés. L’un des protagonistes est interprété par le réalisateur lui-même, Jeremy Gardner, qui bidouille donc ici son premier film avec les moyens du bord, c’est à dire pas grand-chose. On ne voit pas en quoi cela pourrait nuire à sa potentielle future carrière, puisque George A. Romero lui-même, avait bricolé son premier long avec trois planches en bois, quelques saucisses et des hectolitres de chocolat fondu. La Nuit des Morts Vivants, ça s’appelait… En compétition.

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Byzantium

Deux vampires prétendues sœurs s’installent dans un hôtel abandonné d’une petite ville côtière. Chasseuses et chassées, les deux femmes tentent de préserver leurs secrets…

La filmographie de Neil Jordan ne ressemble à rien. On y trouve de tout. A tel point qu’on vous renverra sur sa page imdb plutôt que de dresser ici un inventaire à rallonge. On en retient surtout The Crying Game et La Compagnie des Loups – deux chefs d’oeuvre dans leurs genres. Beaucoup ne jurent que par Entretien avec un Vampire. Pas nous. On redonne donc une chance à Neil Jordan de nous convaincre avec Byzantium. Encore une histoire de vampires, mais avec des femmes, cette fois. Ça nous évitera au moins l’overdose de beaux gosses de son précédent essai. Hors compétition.

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Les Sorcières de Zugarramurdi

Après le casse d’une bijouterie madrilène, trois braqueurs en fuite se réfugient à Zugarramurdi, petit village basque dont la réputation maléfique tient à la présence massive de sorcières.

En voilà un qui n’a jamais déçu. En tout cas dans ces colonnes. Alex de la Iglesia ressemble un peu à Luc Besson, sauf que lui fait de bons films (et qu’il est pour le téléchargement). Action Mutante, le Jour de la Bête, Le Crime Farpait ou encore Balada Triste… Petits monuments d’humour noir et violent, frappés du sceau de la contestation (faut dire que ça s’indigne pas mal, en Espagne, en règle générale) et de la provocation. Bonne nouvelle : c’est lui qui fera l’ouverture du PIFFF cette année avec Les Sorcières de Zugarramurdi, qu’on espère aussi frappadingue que les précédents. Vu la bande annonce, on devrait être servis… Hors compétition. Film d’ouverture.


Witching and Bitching (2013) – Theatrical Trailer par pifff
Re-animator

Étudiant en médecine brillant mais rebelle, Herbert West expérimente une méthode très spéciale pour ranimer les morts…

Oui ok. On l’a déjà vu. Mais jamais sur grand écran. Redécouvrir le mythique Re-animator dans des conditions dignes de son rang n’a pas de prix. C’est tout ce qu’on avait à dire sur le sujet. La séance culte.

The Wicker Man

Bonjour. Je m’appelle Sab et je n’ai jamais vu The Wicker Man.

La honte n’aura pas le temps de nous achever. Après des années de procrastination, on va enfin découvrir ce grand classique dont à peu près tout le monde nous a parlé depuis des temps immémoriaux, sans avoir jamais réussi à lui faire décrocher une place dans la liste des DVD à acheter (ouais on est comme ça, nous. On achète des DVD). L’année prochaine, avec un peu de chance, le PIFFF proposera une projection de Ne vous retournez pas ou L’Au-delà (bientôt dans les “chroniques de la honte“). La séance culte.

HK / Forbidden super hero

Un étudiant introverti se découvre des super-pouvoirs après avoir « accidentellement » enfilé une petite culotte sur la tête.

A t-on vraiment besoin d’en dire plus ? La séance interdite.


HK Forbidden Super Hero (2013) – Theatrical… par pifff
Wolf Creek 2

Deux routards décident de partir dans l’outback australien et tombent sur le plus dangereux prédateur du coin : le psychopathe Mick Taylor.

Comme toutes les personnes normalement constituées, on avait beaucoup aimé Wolf Creek (Greg McLean, 2005), petit film d’horreur bien éprouvant, visuellement chiadé – façon 70’s. La fin du film, en revanche, n’avait pas fait l’unanimité, mais laissait présager la mise en chantier d’une suite qui a pas mal tardé à voir le jour. La voilà enfin, huit ans plus tard, avec (c’est bon signe) le même réalisateur, les mêmes sympathiques et poussiéreux paysages australiens.. Et surtout, le même psychopathe, le génial et super-plouc Mick Taylor. On espère quand même qu’ils ne vont pas nous refaire le même film. Hors compétition. Film de clôture.

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Christine/Creepshow/Simetierre

Projetés dans le cadre de la nuit Stephen King le samedi 24 (juste après l’avant première de Carrie, la Vengeance), ces trois classiques nous feront retomber en enfance (pas la peine d’appeler la DDASS. C’est trop tard. On a grandi, depuis). Évidemment, voir à la suite ces films-là, ça ne se refuse pas – particulièrement le terrifiant Christine, de John Carpenter, dont on a usé la VHS à l’époque où certains des festivaliers du PIFFF n’étaient pas encore nés. Nuit Stephen King.

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On les attend moins

Carrie, la vengeance

carrieAdolescente renfermée élevée par une mère bigote, Carrie White subit les railleries de ses camarades d’école. Douée de pouvoirs télékinésiques, la jeune fille va prendre sa revanche.

Le Carrie de De Palma (1976) répondant à tous les critères de perfection d’une œuvre d’art, on n’arrive pas bien à comprendre ce qui a motivé la mise en chantier d’un remake (“une relecture du livre”, me glisse t-on dans le tympan. Argument à la con), sinon des considérations bassement commerciales et/ou un manque d’inspiration flagrant. Que de méchanceté et de préjugés pourris, dans ces propos, dites-donc… Si ça se trouve, la réalisatrice Kimberly Pierce (Boys don’t cry, c’était très bien, quand même) nous étonnera. On demande à voir. Enfin non, on ne demande pas, mais on sera bien obligée. Si on se trompe, on promet de s’excuser. Nuit Stephen King.

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Employé dans un diner, Odd Thomas mène un combat contre les forces de l’Au-delà, qu’il côtoie au quotidien…

On a vu la bande-annonce. On aurait pas dû, car ce qu’elle révèle ne nous emballe pas. Le nom du réalisateur (Stephen Sommers. GI Joe. La Momie… Au secours), n’aide pas à nous motiver. Odd Thomas, si on se fie aux images découvertes il y a quelques minutes, ressemble a priori, à un film gentillet. Mais des a priori, justement, on en a plein. Tout le temps. Trop. Alors on fera l’effort. En compétition.

perfect-blue-02-gPerfect Blue

Une chanteuse de J-Pop décide d’embrasser une carrière d’actrice créant ainsi la polémique auprès de ses fans. Dont un particulièrement pervers.

On va se faire assassiner par Engy, qui aime tellement Satoshi Kon qu’elle va prendre le téléphone dans l’heure qui suit pour nous interdire de séjour à Paris quand elle lira ces lignes. Les mangas, c’est pas notre came. C’est ce qui explique la présence de Perfect Blue dans la catégorie des films qu’on n’attend pas. Mais c’est UNIQUEMENT pour ça, hein. La séance culte.

On aura la surprise

Cheap thrills
Deux amis fauchés sont alpagués par un mystérieux couple afin d’animer une soirée dont l’issue se révèlera sanglante.
Avec le génial binôme de The Innkeepers (Ti West), Sarah Paxton et Pat Healy. En compétition.

Love eternal
Ermite fasciné par la mort depuis son enfance, Ian accompagne les êtres brisés jusqu’à leur suicide. Et au-delà…
Le film est irlandais. Donc le personnage s’appelle Ian et il est roux. En compétition.

Animals
Un jeune garçon lunaire partage ses états d’âme avec un ours en peluche doué de parole. Son quotidien va basculer avec l’arrivée dans son école d’un élève mystérieux.
Le chainon manquant entre l’ours de Ted et le lapin de Donnie Darko. Enfin, il semblerait… En compétition.

Du sang sur la neige
Le mythique Festival International du Film Fantastique d’Avoriaz vu et revu par ses principaux instigateurs.
Le quota de documentaire du PIFFF, sur un festival où on n’a jamais mis les pieds, parce qu’il faisait meilleur, dans le sud. Hors compétition.

Opération diabolique
Un banquier quinquagénaire répond au coup d’un fil d’un vieil ami qu’il croyait mort et qui lui évoque la possibilité de « disparaître »…
Le quota de film de répertoire du PIFFF (1967), dont on est à peu près sûre qu’il sera très bien, puisque c’est Frankenheimer qui l’a réalisé. La séance culte.

Real
Une jeune mangaka est plongée dans le coma suite à une tentative de suicide. Son compagnon la rejoint dans son subconscient grâce à un programme expérimental développé par un neurologue.
Après le diptyque de Shokuzai, le nouveau film de Kiyoshi Kurosawa. On va encore se marrer, à coup sûr… En compétition.

Paris International Fantastic Film Festival, du 19 au 24 novembre au Gaumont Opéra Capucines. Plus d’infos (grille horaire, tarifs etc) sur le site du festival : www.pifff.fr

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1 commentaire

    leskimo  | 12/11/13 à 23 h 04 min

  • encore un très bon article de Sabrina.
    je suis persuadé que ce PIFFF cuvée 2013 réservera de bonnes surprises ( Wolf Creek 2 ? ) et que la plus cinéphile des sudistes saura nous les faire partager avec passion.

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