PIFFF2013 : Love Eternal / Re-Animator / The Battery

21/11/13 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , , ,

love_eternalMercredi 20 novembre – JOUR 2 : Il nous faudra bien 15 jours pour réussir à prendre le métro dans le bon sens et pour se pointer à l’heure.D’ici là, le PIFFF sera terminé, et The Battery aura gagné le prix du public (on parie ?). Aujourd’hui, on arrive donc à la bourre, comme prévu, sur le boulevard des Capucines, qu’on prend aussi en sens inverse (la provinciale à Paris. Le cliché (dé)ambulant). Mais grâce à la projection d’un court-métrage dont on ne comprend pas grand chose, vu qu’on en a loupé dix bonnes minutes, on arrive sans mal à voir le premier long de la journée, Love Eternal, du début à la fin (qu’on a attendue longtemps, d’ailleurs). Ceux qui ont quitté la salle avant le générique ne sauront donc jamais qu’à la fin, le héros (ne) meurt (pas).

LOVE ETERNAL

Ian, orphelin marginal incapable de se faire une omelette sans en suivre la recette à la ligne, aide les suicidaires à sauter le pas, et les ramène chez lui pour être un peu moins seul. Les deux seuls êtres qu’il ait jamais aimés étant morts, Ian est persuadé qu’il ne pourra jamais s’attacher à une personne vivante. L’idée est belle, très belle. Mais quelque chose cloche dans l’exécution. Trop d’abstraction, d’allégorie et de poésie mal fagotée dans ce film un peu pompeux où Brendan Muldowney confond l’amour et la nécrophilie (pas facile, de mettre ça en images), où on métaphorise la vie, la mort, tout ça… à grand renfort de fleurs qui s’ouvrent et se ferment, et où la voix off est obligée de venir à la rescousse quand les images n’ont rien à dire. Joli, mais un peu vain, malgré la présence rayonnante de Pollyanna McIntosh, la femme de The Woman (qu’on aurait eu bien du mal à reconnaître si on n’avait pas vu son nom dans le générique), et d’un excellent acteur dont on aura envie de retenir le nom, dés qu’on aura pris la peine de le retrouver (en même temps, c’est écrit sur l’affiche juste à côté).

RE-ANIMATOR

Dans le cadre de la séance culte, Re-Animator fait figure d’évidence. Classique parmi les classiques, sorte de Frankenstein gore et rigolo où le grain eighties inonde l’écran tandis que retentissent les accords d’une partition pompée (au Yamaha) sur celle du Psychose de Hitchcock (alors que les deux films n’ont strictement aucun point commun), le film de Stuart Gordon traverse les décennies avec une insolence confondante. Près de trente ans après la sortie de Re-animator, la performance de Jeffrey Combs reste un régal, et les effets visuels fonctionnent toujours aussi bien, mieux que les CGI dont sont flanquées la plupart des productions horrifiques actuelles super chères et super moches dont on veut nous gaver (on ne va pas toutes les lister. On a piscine).
re-animator

THE BATTERY

Les films d’infectés et/ou de zombies*, c’est comme les émissions culinaires à la télé : on en voit 12000 par an. Mais des comme ça, jamais. Jeremy Gardner semble avoir compris ce que peu de réalisateurs avant lui ont pointé : les épidémies peuvent (doivent) se passer de spectaculaire, et il y a fort à parier que les virus mortels laisseront derrière eux un monde de désolation où les survivants se sentiront seuls. Bien seuls. Dans The Battery, ils sont deux. Les deux pôles d’une même pile (battery, en anglais), un positif, l’autre négatif. Un meneur, un suiveur. Un sanguin, un renfermé. Un combattant, un combattu. Allez donc chercher plus loin, vous ne trouverez pas grand chose. Et c’est très bien comme ça.


The Battery (2012) – Theatrical Trailer par pifff
 

Après l’apocalypse, le voyage vers le vide : celui de deux êtres qui se complètent, et dont la relation sera le cœur battant d’un film introspectif, presque contemplatif, au milieu d’une campagne protectrice – mais pas trop quand même. Au milieu de toute cette verdure, un huis clos : les deux protagonistes, après avoir avoir passé un temps fou à jouer au base-ball, se brosser les dents, écouter de la musique, manger des boites de thon (précisément ce qu’on ne voit jamais dans les films post-apo, comme si les gestes du quotidien pouvaient disparaître aussi facilement…), finissent enfermés dans une voiture, encerclés par une cinquantaine d’infectés – audace ultime : des infectés, justement, on n’en verra pas beaucoup. La suite ? On n’est quand même pas assez stupide pour la révéler ici. The Battery est une vraie pépite, un film qui n’a rien coûté, mais qui est inestimable, pour ce qu’il offre à un sous-genre hyper balisé : pour une fois, on y croit. Et pour une fois, on se focalise sur les êtres vivants : les deux héros, qui forcent l’empathie, mais aussi quelques insectes et une poignée de bovins dans un champ. On en retient aussi une exploitation hyper-judicieuse de la musique intradiégétique et une rigueur formelle qui rappelle celle des films de Ti West (une sacrée référence, dans ces colonnes). Et dire que tout ça n’a coûté que 6000 dollars…

*Attention, c’est pas la même chose. Les zombies sont morts. Les infectés sont juste gravement malades. Les pauvres.

DU SANG SUR LA NEIGE

Premier (et dernier) loupé dans la couverture du PIFFF 2013 : Du Sang sur la Neige, un documentaire sur l’histoire du festival d’Avoriaz qu’on avait pourtant très envie de découvrir, passe à la trappe (on vous épargne les raisons pour lesquelles on n’a pas pu se déplacer). L’an dernier, pour cause d’anniversaire, on avait raté V/H/S, rattrapé (et pas forcément apprécié) depuis. Promis, on reviendra sur le sujet dés qu’on aura moins de vin à boire (hein ? Qui a écrit ça ?)

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1 commentaire

    leskimo  | 21/11/13 à 12 h 58 min

  • donc et pour info, Du Sang sur la Neige a été diffusé sur Ciné Frisson le 18/11 et sera re diffusé sur cette même chaine demain.
    perso je l’enregistre.

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