PIFFF2013 : Odd Thomas / Real / Perfect Blue / HK Forbidden Super Hero

23/11/13 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , ,

REAL2
Jeudi 22 novembre – JOUR 4 : L’an dernier, Jean-Philippe est venu braquer les jeunes et jolies pifffettes avec sa caméra, qui nous a aussi servi à filmer d’autres gens très bien, comme Jean-Pierre Putters, Pascal Laugier, Xavier Gens, Fausto Fasulo, Louis Thévenon… Cette année, en l’absence de jury (pour “donner le pouvoir au public”, qu’ils disent), Jean-Philippe, pris d’une soudaine rédactionnite, délaisse ponctuellement sa go-pro pour lui préférer les joies du clavier. Ca tombe bien : la fatigue s’installe, et ce quatrième jour de festival passe difficilement. On a même failli roupiller devant Real. Mais ça, c’est normal. On a beau carburer à la vitamine effervescente, même sous Guronzan, on n’aurait pas tenu.

REAL de Kurosawa

realC’est pas qu’on l’a pas aimé. On était juste pas en état. Real aurait sans doute mérité d’être projeté le premier jour du PIFFF, à l’époque où on était encore fraîche comme une rose. On ne va quand même pas se mentir : le film est très beau. En immersion dans l’espace mental d’une jeune femme plongée dans le coma après une tentative de suicide (jusqu’à un retournement qu’on a vu venir à 3 kilomètres), la caméra de Kurosawa explore non seulement “l’entre deux” (entre la vie et la mort) mais aussi la culpabilité refoulée, l’enfance figée dans un dessin, des souvenirs flous, des fantômes qui n’en sont pas, une créature plus ou moins préhistorique, totalement allégorique. Certains plans sont des œuvres d’art (la ville qui fond, l’étreinte qui s’efface), la peur, parfois, s’immisce dans l’intimité du huis-clos psychique.
A force d’être bercés, on s’endort. Kurosawa est un grand cinéaste. On n’est pas encore sûr, cependant, d’avoir vu un grand film. Indéniablement superbe. Indéniablement long, surtout. On l’aimera sincèrement quand il durera vingt minutes de moins.

PERFECT BLUE de Satoshi Kon

perfectChanteuse pop adulée par une horde de fans (dont au moins un frappadingue), Mima abandonne la musique pour une carrière dans le cinéma. Mais elle ne connaît pas le même succès. Et elle pète un câble. Le synopsis de Perfect Blue pourrait se résumer à ça, mais le film emprunte bien d’autres ramifications narratives contribuant à brouiller les pistes (qu’est ce qui est vrai ? Qu’est ce qui est faux ? Qu’est ce qui relève du film dans le film ?) pour perdre le spectateur autant que l’héroïne. Le long-métrage ne se contente pas de donner le vertige. Il parvient à faire oublier son animation un peu datée (on pense surtout aux plans larges mettant en scène des personnages statiques dont seule la bouche remue pendant les dialogues) grâce à un scénario brillant et un montage au couteau. Il montre aussi parfaitement à quel point l’industrie du divertissement peut faire des ravages. En 1997, alors que le film sort dans les salles françaises, Loft Story n’existe pas encore. Les stars jetables de la télé poubelle non plus. Il faudra attendre quelques années pour comprendre à quel point Perfect Blue avait vu juste. Et près de 15 ans après sa sortie, on réalise à quel point son influence a été grande pour nombre de cinéastes, à commencer par Darren Aronofski, qu’on avait accusé de pomper sur De Palma alors que son Black Swan a tout piqué à Satoshi Kon (lequel emprunte pas mal de choses, de son côté, à Hitchcock et Argento). Pas forcément fan de mangas, on avait porté très peu d’attention à la présence de Perfect Blue dans la programmation du PIFFF. On regrette tellement…

HK Forbidden Super hero de Yûichi Fukuda

hkQuitte à faire porter des collants aux superhéros, autant aller au bout du concept : pourquoi pas des bas résilles ? Et comme on n’est pas à une entorse près, au lieu de porter son slip par-dessus ses bas, Hentai Kamen (Super Pervers) le porte directement sur sa tête. Ça s’enfile plus vite. Le superhéros du film de Yûichi Fukuda affronte des méchants tout aussi improbables que lui arborant des masques directement dessinés sur leurs visages (le masque-cool, le masque-chevaleresque, le masque-gay etc. On ne trouve même pas les mots pour les décrire), pour les beaux yeux bridés d’une fille sévèrement frangée qui brode son prénom sur ses sous-vêtements et va à la piscine en maillot de bain (quelle idée…).
Dans une ambiance de rigueur (applaudissements, crises de fous rires, envies de sushi), sorte de mélange entre Kick Ass et Dragon Ball (le coup de la culotte sur la tête, Oolong l’avait déjà fait. La preuve), HK Forbidden Super Hero a mis un bon gros coup de boule(s) dans le PIFFF. Des marrades comme ça, incommensurablement débiles et rafraichissantes (même si un peu long et répétitif passés les trois premiers quarts d’heure), on en veut bien une par jour.

PENDANT CE TEMPS, JEAN-PHI A VU ODD THOMAS

kinopoisk.ruDifficile de ne pas tomber sous le charme de la première petite culotte de la journée. Adapté du best seller de Dean R. Koontz, Odd Thomas est le 9ème film de Stephen Sommers, responsable de gros films estivaux tels que La Momie ou Van Helsing, mais dont on retiendra surtout l’ultime joyau B du siècle dernier, le généreux et strident Un Cri Dans L’Océan. Une petite culotte donc, portée par la pas bégueule next door girl Addison Timlin, petite amie de l’anti-héros Odd Thomas (d’où le titre du film…), un jeune cuistot un peu à côté de ses plaques à induction qui, en plus de faire voler des tranches de pain en 3D dans sa cuisine, a le don d’être harcelé par tous les fantômes matin-chagrin de la jolie ville dont j’ai oublié le nom.
Une pincée de Retour Vers le Futur (pour entre autre la gestion de la cité et de ses figurants) et une grosse louche de Fantômes Contre Fantômes forment les ingrédients principaux de ce divertissement pas si indigeste, pimenté par des personnages hauts en couleur dont un rôle principal particulièrement attachant (Anton Yelchin, très bon). L’humour, pourtant bien présent, sait ne pas être envahissant, ce qui permet à deux ou trois scènes, bien servies par les effets spéciaux, de titiller le trouillomètre, le réalisateur n’étant pas le dernier des manches dans ce domaine. Et si malgré tout l’excitation des papilles a tendance à s’émousser légèrement vers le milieu du repas, le dessert saura en étonner plus d’un, Stephen Sommers se permettant en toute fin un virage carrément inattendu du côté de Ghost. Peut-être pas le meilleur moment du festival, mais on aura bien mangé quand-même.

Odd-Thomas-Bodach
Plus d’informations sur le PIFFF2013 : http://www.pifff.fr/

Partager :
  • Facebook
  • Twitter
  • Print
  • email

Laisser un commentaire