#PIFFF2014 : The Mole Song, de Takashi Miike

19/11/14 par  |  publié dans : Cinéma | Tags : , , , ,

molesong

On a oublié de prévenir : on est au Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF). Personne ne sera surpris, du reste, au vu des couvertures passées consacrées à ce festival qu’on a décidé de soutenir aussi longtemps qu’il existera. Son président Gérard Cohen est d’ailleurs bien de cet avis, lui qui dans son discours introductif, affirmait hier en ouverture, “le PIFFF devrait être reconnu d’utilité publique” (avant de lancer la vanne la plus extraordinairement non-acclamée du siècle : “Pour le PIFFF hip-hip-ifff … !”. Premier bide). L’utilité publique est réelle, à l’heure où les distributeurs et les exploitants rechignent à donner sa chance à un cinéma de genre de plus en plus méprisé, le reléguant dans un circuit vidéo salvateur mais trop étriqué. Pour voir des films fantastiques sur grand écran, il faut guetter les dates des festivals spécialisés. Point barre. Mais le PIFFF est aussi d’utilité privée, et le documentaire “Why horror?” diffusé jeudi prochain au Gaumont Opéra ne nous donnera sûrement pas tort. Quand on choisit de se déplacer (parfois de loin) pour multiplier les projections de films aussi gentils-mignons, c’est aussi parce qu’on a besoin de bouffer de la madeleine de Proust par paquets de douze. C’est ce que promettent les Craven, Carpenter et autres Kotcheff pour cette édition 2014.
Pour l’heure, on a vu le dernier Takashi Miike, The Mole Song, Undercover agent Reiji.

Une séance d’ouverture type-taupe

Un film de Miike intitulé “La chanson de la taupe” ne peut pas être totalement sérieux. Dés les premières images, il apparaît même assez clairement que The Mole Song va permettre au réalisateur japonais de renouer avec la comédie mais aussi avec le style manga dans lequel il excelle pour s’y être livré plus d’une fois. Classiquement, il est ici question d’un flic infiltré – même si dans le cas présent, le choix du policier qui ira faire la taupe chez les yakuzas est conditionné à l’innefficacité chronique du bonhomme, soumis à une série de tests aussi douloureux qu’hilarants avant le grand plongeon. Objectif numéro un : endiguer le trafic de drogue qui plonge le Japon tout entier dans la lose absolue (parce que les drogués sont des losers, c’est bien connu. C’est dit dans le film). Objectif numéro 2 : avoir l’air super classe dans un costume léopard taillé sur mesure. Objectif numéro 3 : faire profil bas même si on est incapable d’adopter un mode de communication autre que la vocifération. Objectif numéro 4 : latter le gang rival, plus précisément l’un de ses responsables, sorte de culbuto aux dents en diamant et qui ponctue chaque phrase par un “miaou” très irritant. Dit comme ça, ça a l’air what the fuck. Ca l’est. On y retrouve des policiers qui chantent, des mafieux qui miaulent, des yakuzas en manque de blagues, des rituels étranges, un acteur génial (Shinichi Tsutsumi)… Et c’est donc sur ce déferlement de situations déjantées et de dialogues impitoyablement drôles, que s’ouvre ce PIFFF 2014 qui selon son programmateur Fausto Fasulo, sera placé sous le signe de l’amour. Contre toute attente, c’est exactement dans cette direction que finit par se diriger The Mole Song, plombé par une dernière partie interminable, mais tellement “autre”, tellement indescriptible et frappadingue qu’on l’applaudit des deux mains, des deux pieds et de tout ce qu’on possède en double, y compris nos vignettes Panini de Dragon Ball.

www.pifff.fr

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1 commentaire

    Quentin  | 21/11/14 à 3 h 06 min

  • Mortel ^^

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